My Life on the Road, de Gloria Steinem

My Life on the Road, de Gloria Steinem, lu par Debra Winger, Penguin Random House, 2015, 276 pages.

L’histoire

Gloria Steinem, écrivaine, activiste, organisatrice et l’une des leaders les plus inspirantes au monde, nous raconte une histoire passée sous silence jusque là : le récit candide qui montre comment sa jeunesse l’a poussée à vivre sur la route, à voyager, écouter les gens, apprendre, créer et partager. Elle révèle l’histoire de son propre développement en tandem avec le développement du mouvement pour l’égalité.

Note : 4/5

Mon humble avis

Comme beaucoup d’autres personnes je pense, j’ai découvert Gloria Steinem lorsque Emma Watson a ouvert son club de lecture féministe et a proposé son autobiographie, My Life on the Road, comme première lecture. Je ne l’ai pas lu à ce moment là mais j’ai ajouté tous les livres sélectionnés dans ma liste de lecture, pour m’éduquer un peu sur le féminisme et en apprendre plus sur les grandes actrices du mouvement.

Je ne connaissais pas grand-chose de Gloria Steinem auparavant, en fait, même pas son nom, seulement l’existence du magazine Ms. sans plus. Maintenant que j’en connais plus sur elle et tout ce qu’elle a fait, j’ai sacrément honte de mon ignorance. Et finalement, quand je vois qu’aucun de ses livres n’a été traduit en France, je comprends mieux. D’ailleurs, ça semble être le cas d’énormément de féministes et de militantes anglo-américaines, peu importe combien elles sont importantes et primordiales dans l’histoire de ce féminisme. C’est pire encore pour l’afroféminisme : je pensais qu’une auteure aussi nécessaire que bell hooks était traduite en France, mais en écoutant cette table ronde autour de la publication de Ne suis-je pas une femme en 2015, j’ai compris que le problème était d’une ampleur beaucoup plus grande que ce que je pensais. Enfin, c’est une toute autre discussion…

Pour revenir à Gloria Steinem, elle a vécu (et vit toujours, je n’en doute pas) des expériences si diverses et enrichissantes, que son livre ne pouvait pas être autre qu’intéressant et enrichissant. On apprend beaucoup à sa lecture, sur les personnes qui décident – ou ont besoin plus précisément – de vivre sur la route, d’être en perpétuel voyage et de toujours rencontrer de nouvelles personnes. Steinem n’a pas seulement voyagé au sein même des États-Unis mais dans de nombreux autre pays, dont l’Inde où elle a passé beaucoup de temps et rencontré des personnes qui suivaient les enseignements de Gandhi en matière de lutte non violente. Elle a aussi appris énormément auprès des First Nations aux États-Unis, des Américains natifs. Dans leur manière de vivre, leur rapport à la nature ou encore leur façon de communiquer où chacun a la parole et où cette dernière est si importante qu’on ne parle pas pour ne rien dire. Il est primordial de s’écouter et d’apprendre des expériences des autres. Steinem nous rappelle que le monde irait bien mieux si on appliquait certains de ces enseignements…

Dans son livre, elle parle bien évidemment de féminisme et de tout ce qu’elle a pu faire en tant que militante, notamment avec la création du journal Ms. et tout ce que cela a pu entraîner comme action positive et comme obstacle. Enfin, Gloria Steinem est également une femme très engagée en politique et nous explique tout ce qu’elle a pu faire pour soutenir et participer aux campagnes politiques de certains politiques (dont Hillary Clinton). J’ai trouvé particulièrement effarant qu’en parlant de deux élections en arrière, elle évoque les problèmes que certaines personnes pouvaient avoir pour voter, dont des Africains-Américains – comme par hasard. C’est déjà écœurant en soi, mais quand je vois maintenant sur Internet tous les témoignages qui montrent à quel point il est presque impossible pour certaines personnes de voter, et qu’il est fait en sorte de leur mettre des bâtons dans les roues jusqu’à ce qu’elles n’aient plus d’autres choix que d’abandonner… Tout cela montre bien que rien n’a évolué. Qu’il est facile de se prétendre être une démocratie – dont le système américain vient en fait des Natifs Américains, comme nous le rappelle Gloria Steinem, et non de la Grèce Antique comme certains aiment à le penser – en surface et d’écraser soigneusement une partie toute choisie de la population.

Gloria Steinem, et son récit, sont infiniment inspirant parce qu’ils montrent qu’il est possible d’agir, même à petite échelle, pour aider certaines personnes et pour amener un peu de changement. J’ai tendance à être affreusement pessimiste vis-à-vis de ce genre de combat, mais Gloria Steinem apporte un peu de lumière et de confiance, et c’est toujours bon à prendre.

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