Lumberjanes Volume 1

Lumberjanes Volume 1, de Noelle Stevenson, Grace Ellis et Shannon Watters (scénario), Brooke Allen et Carey Pietsch (dessin), Maarta Laiho (couleur), traduit par Irène Brive, Urban « Kids », 2017 (originale : 2014-2015), 279 pages.

L’histoire

Cinq copines, très différentes mais unies comme les doigts de la main, sont bien déterminées à passer le meilleur été de leur vie. Peu importe les attaques de loups à trois yeux, de yétis et autres manifestations surnaturelles qui semblent se manifester dans leur camp de vacances.

Note : 5/5 ♥ Coup de cœur

Mon humble avis

Depuis le temps que Lumberjanes était sur ma liste de souhait… Des jeunes femmes indépendantes qui partent à l’aventure afin de déjouer des mystères et combattre des créatures toutes droit issues de la fantasy, voire de l’horreur, j’étais conquise. Après lecture, je le suis plus encore.

Urban avait édité en France le premier tome en 2016 dans la collection « indies » où la série avait toute sa place mais l’année suivante, c’est une réédition, cette fois en volume (avec plus de chapitres), avec une couverture souple et dans la collection « Kids ». Je suis un peu inquiète de cette réédition, je crains que ça ne signifie que la série n’a pas eu le succès qu’espérait Urban… mais surtout je doute de la pertinence d’étiqueter Lumberjanes comme uniquement pour les enfants ou adolescents.

Certes, l’intrigue tourne autour de jeunes filles scouts, mais si vous n’êtes pas du tout intéressé pas le principe des scouts, nulle inquiétude. Déjà, ces scouts sont spéciales et ensuite, tout le principe des badges, de l’apprentissage et de l’entraide est retranscrit dans un lieu où partir en canoë peut devenir une lutte terrifiante contre un monstre des rivières. En plus, les personnages n’aiment que moyennement suivre les règles, et ne rechignent pas à enfreindre ces dernières si c’est pour une cause qui leur semble juste. Les personnages sont merveilleux, d’abord parce que c’est enfin un groupe exclusivement de filles qui part à l’aventure, mais surtout parce qu’elles ne sont pas stéréotypées. Chacune a son caractère bien particulier, des relations avec les autres personnages qui sont personnelles et qui évoluent au cours de l’histoire. Elles ne sont pas parfaites non plus, mais justement, c’est grâce à leur complémentarité et sororité qu’elles se sortent de toutes les mauvaises situations.

Le tout saupoudré généreusement d’humour, de magie, de créatures loufoques et de dieux et déesses olympien·ne·s. J’aime énormément les dessins, les couvertures de Noelle Stevenson sont aussi de toute beauté et les couleurs… époustouflantes. Je pense qu’elles font beaucoup à l’histoire, elles sont pétillantes, flamboyantes et donnent un aspect cartoony au comics qui est bienvenue.

D’ailleurs, je trouve l’édition magnifique. Je suis habituellement une bonne partisane des couvertures cartonnées mais je trouve qu’elle ne manque pas du tout sur cette édition, qui serait certainement moins pratiques à lire avec (et plus chère). Le comics est précédé de textes aussi drôles qu’engageants, dont un « Message du grand conseil des Lumberjanes » qui présente l’esprit de ces scouts toutes particulières et un « Manuel de terrain des Lumberjanes » par Raina Telgemeier, autrice (et non « auteur » Urban hein, va falloir sérieusement se mettre à jour) de En scène ! et Fantômes. Enfin, chaque chapitre est sous le signe d’un badge à obtenir, avec une petite explication des enjeux du badge. Pour finir, on trouve à la fin une postface de Shannon Watters, d’autres badges, une description du camp des Lumberjanes, des personnages, un carnet de croquis, des scènes commentées, des playlists, des couvertures et une description des « auteures » (ah ben en fait, faut juste harmoniser votre édition, je retire ce que j’ai dit).

Cette lecture a été un plaisir du début à la fin et j’attends très impatiemment la sortie du prochain volume !

Pour aller plus loin : « ‘Girl’ is Not a Personality Type: An Interview with the Creators of Lumberjanes » par Juliet Kahn sur Comics Alliance, 2014.

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Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh

Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh, Glénat, 2013 (originale : 2010), 160 pages.

L’histoire

La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres. Un récit tendre et sensible.

Note : 4/5

Mon humble avis

Depuis le temps que je connais l’existence de cette bande dessinée, l’impact qu’elle a pu avoir et le fait que ça touche à la représentation LGBTQ*, j’ai mis beaucoup trop longtemps avant de le lire. C’était une très belle lecture, très touchante.

La bande dessinée parcourt tellement de choses : la découverte de la sexualité, de l’amour, du militantisme, être dans le placard, faire son coming-out, l’homophobie, la famille, le travail, l’art, la rupture, la dépression… On aurait pu croire que cela fasse un peu forcé en seulement 160 pages mais pas du tout : Le bleu est une couleur chaude montre des tranches de vies des protagonistes. Le rythme et les ellipses permettent de suivre les personnages sur plusieurs années, sans avoir le temps de s’ennuyer et sans que les lecteur·rice·s aient l’impression d’avoir raté un épisode.

L’histoire parvient ainsi a présenter une idée un peu « complète » de ces personnages, de l’histoire de leur couple. Ce n’est pas seulement un coming-out (même si les histoires qui abordent le sujet sont très bien aussi) ou la découverte du sexe (idem). C’est plus vaste, et ça rend la bande dessinée particulièrement intéressante.

Le trait est particulier et accompagne l’intrigue, notamment le jeu sur les couleurs (oui, c’est pas très original comme commentaire) selon la temporalité, l’ambiance…

Si j’avais quelque chose à reprocher, ce serait peut-être l’invisibilisation de la bisexualité, dans le sens où une fois encore, elle n’est pas nommée. Cela arrive beaucoup, beaucoup trop souvent pour que ce soit anecdotique, donc je l’ai bien sûr remarqué. J’ai aussi un peu tiqué sur la différence d’âge et d’expériences entre Emma et Clémentine. Cette dernière a tout juste 16 ans, elle n’a visiblement pas eu l’occasion d’avoir de relations ou de se questionner sur sa sexualité. Dès sa rencontre  avec Emma, qui en plus d’être adulte est déjà en couple, tout va très vite.

Enfin, si elle n’est pas parfaite, Le bleu est une couleur chaude est une très belle histoire, qui m’a accrochée du début à la fin, m’a attachée aux personnages et m’a même fait verser pleins de quelques larmes tant j’étais prise dans les émotions présentées par Julie Maroh à travers ses dessins et ses textes.

La Tour de Babylone, de Ted Chiang

La Tour de Babylone, de Ted Chiang, traduit par Pierre-Paul Durastanti et Jean-Pierre Pugùi, Folio SF, 2016 (originale : 2002), 407 pages.

L’histoire

À Babylone, la construction de la tour touche à sa fin. On va bientôt atteindre la voûte du ciel et découvrir les secrets de Jéhovah. Une mathématicienne aurait trouvé une démonstration capable de mettre à mal les mathématiques, sa vie de couple… et sa vie, tout court. Le premier contact avec les extraterrestres aura également des répercussions inattendues sur le quotidien d’une linguiste réputée. Le destin de Neil Fisk bascule le jour où sa femme est tuée par la visitation d’un ange…
Huit nouvelles qui constituent l’intégrale des œuvres de l’auteur entre 1990 et 2002. Huit textes d’une puissance inégalée, lauréats pour la plupart des principaux prix du genre : Hugo, Nebula, Theodore Sturgeon, Sidewise… Huit occasions de découvrir le talent d’un nouveau grand de la science-fiction mondiale.

Note : 5/5

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C’est le 1er février, je balance tout !

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Ce rendez-vous a été créé par Lupiot du blog Allez vous faire lire.

Les règles du RDV

  • Le Top & Flop des lectures du mois précédent.
  • Au moins une chronique découverte sur un autre blog le mois dernier.
  • Au moins un article lu et aimé le mois dernier (hors chronique littéraire).
  • Et enfin : le truc trop cool que vous ayez fait ou qui vous est arrivé pendant le mois.

J’ai complètement raté le rendez-vous du mois de décembre, donc ce billet regroupe des lectures, découvertes et autres des mois de novembre et décembre.

Le Top et Flop de mes lectures

J’ai découvert la saga d’urban fantasy « Le Dernier apprenti-sorcier », avec le premier tome Les Rivières de Londres de Ben Aaronovitch et je le met direct dans mes Top ! J’y met aussi Viser la lune d’Anne-Fleur Multon, dans un tout autre genre, et j’ajoute mes nouvelles préférées du recueil de Ted Chiang, La Tour de Babylone, dont je vous parle bientôt.

Comme j’ai décidé d’arrêter de chroniquer systématiquement mes lectures, et de le faire seulement quand j’en avais envie, voire quand j’avais des choses pertinentes à dire dessus, je risque d’utiliser cette section à l’avenir pour parler de ces livres que je n’ai pas chroniqués (et pour lesquels ce n’est pas prévu). J’ai terminé Le Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas, que j’avais écouté en livre audio, puisque une amie l’avait recommandé et que le narrateur était super (Éric Herson-Macarel, dont je compte bien écouter d’autres livres). Je ne connaissais pas du tout ce classique et j’ai vraiment beaucoup aimé, du coup je prévois de découvrir Les Trois mousquetaires dans le futur.

Et sinon, j’ai enfin terminé le livre que je lisais en espagnol (mon premier !) : Eva Luna d’Isabel Allende. Pour un livre pris plus ou moins au hasard sur l’étagère (la quatrième avait l’air intéressante), j’ai tout de même tapé dans des thématiques qui m’intéressent, dont le féminisme avec des personnages de femmes qui ne sont pas plats ou fades, et même un personnage de femme trans, travailleuse du sexe, adepte du BDSM et végétarienne (dont la transidentité semble bien traitée, du moins, avec ma compréhension de l’espagnol). Une chouette lecture mais je confirme que ce n’était pas du tout un choix approprié à cause du niveau de difficulté de lecture (j’ai un niveau B1 je crois) : entre le fait que l’autrice soit argentine et qu’elle ait une prose fouillée voire poétique, avec beaucoup de descriptions qui impliquent du vocabulaire que je n’avais pas du tout, j’ai seulement compris l’idée très générale du roman. Si vous avez des conseils de romans en espagnol dont la lecture est facile et sympa, je suis preneuse !

Pas de flop ! Si ça c’est pas un bon début d’année…

Florilège de chroniques lues

J’ai eu l’occasion de lire tant de belles chroniques ce mois-ci ! Je commence avec les livres à tendance « féministe » et les chroniques d’Arcanes Ouvertes sur Tu pourrais me remercier de Maria Stoian et Le Problème avec les femmes de Jacky Flemming, deux livres que j’ai immédiatement ajoutés à mes prochaines lectures. J’ai fait pareil avec Black Magick, un comics de Greg Rucka et Nicola Scott qui a été chroniqué par Sonia sur Comics have the Power et par La petite créature. Femmes de lettres a entamé une série de billets sur Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, que je vous invite à aller lire : Partie 1 « Histoire », Partie 2 « Éducation », Partie 3 « Vie spirituelle » (la quatrième et dernière n’est pas encore publiée donc restez vigilant·e·s 😉 ).

Toujours dans le féminisme, une superbe initiative à encourager et découvrir : Lectures de femmes est un blog sur Tumblr qui a pour ambition de donner un conseil de lecture d’un livre écrit par une femme… tout les jours !

Dans d’autres genres, j’ai beaucoup apprécié la chronique de Thomas Savidan sur le premier tome de Nightwing Rebirth, publiée sur Comics have the power. Neil Jomunsi a sévi plusieurs fois sur Page42 pour recommander beaucoup de livres intéressants, dont Buzz de Frank Rose, qui revient sur les démarches de distributeurs pour créer le buzz, en l’occurrence il parle dans son billet de la promotion du film The Dark Knight et ça paraît tellement fou, que j’ai envie d’en découvrir plus !

Sur Asialyst, Patrick de Jacquelot revient sur les bande dessinées d’expatrié·e·s en France : « BD : Coréennes ou Japonaises expatriées en France, « ni d’ici ni de là-bas » ». Enfin, Jo Writes Stuff parvient à chroniquer tout le Disque-Monde de Pratchett (ou du moins, à en faire une synthèse), et même si cette saga est sur ma liste depuis un moment, c’est une raison supplémentaire de m’y mettre : « Why Everyone Should Read Terry Pratchett ».

Les liens qui m’ont fait dire « Waouh »

Dans le monde de la véganie

Tout d’abord, Ophélie Véron revient sur son blog Antigone XXI sur le véganisme : « Le véganisme est-il un mouvement de justice sociale ? » et j’ai trouvé son article très clair et important, accessible aux personnes qui ne savent pas du tout ce que c’est, puisqu’elle en donne une définition complète. La revue BALLAST a fait un entretien avec Martin Page, l’auteur de Les Animaux ne sont pas comestibles (que je compte bien lire !) et c’était tout à fait intéressant de lire les points de vue de cet auteur (que je rejoins). Sur Harper’s Bazaar, Diana Spechler revient sur les liens entre sexisme et anti-végétarisme, parce qu’il est important de garder la convergence des luttes à l’esprit, « Anti-Vegetarianism Is Sexism in Disguise ». Un article plus scientifique avec « Vegan Killjoys at the Table – Contesting Happiness and Negotiating Relationships with Food Practices » par Richard Twine, publié dans la revue Societies. L’auteur analyse la transition vers le véganisme des personnes qu’il a interviewées, et en quoi elles peuvent se sentir aliénées, particulièrement dans leur rapport à la nourriture.

Cela fait quelques temps que j’ai découvert le podcast The Chickpeeps, qui parle de véganisme, mais il m’a quand même fallu écouter jusqu’au neuvième épisode pour comprendre qu’une des intervenantes est Evanna Lynch elle-même. Ce qui est chouette en soi, mais ce qui est encore plus chouette, ce sont les deux épisodes qui traitent de Harry Potter, vraiment, je suis tombée encore plus amoureuse du podcast : « Ep 9 ¾ (Part 1): Animal Rights in the Wizarding World » et « Ep 9 ¾ (Part 2): Animal Rights in the Wizarding World Continued ».

Pour finir, un billet incongru : « Tree-dwelling gray foxes decorate with skeletons » de Melissa Breyer sur Treehugger. Même si vous ne comprenez pas l’anglais, la photo dit tout : il existe des renards qui vivent dans les arbres et qui « décorent » ces derniers avec les cadavres d’autres animaux qu’ils trouvent (bon en vrai, c’est pour marquer leur territoire).

Côté féminisme

Comme d’habitude, la catégorie où j’ai le plus de liens à partager… Avec les suites de l’affaire Weinstein, beaucoup d’articles sont apparus qu’il me semble important de lire (et de partager). Par exemple, le Time a nommé personnes de l’année 2017 les briseur·euse·s de silence sur les agressions et violences qu’iels ont subies « The Silence Breakers », par Stephanie Zacharek, Eliana Dockterman et Haley Sweetland Edwards. Évidemment, les sujets abordés sont difficiles donc gros trigger warning. Sur Libération, Paul B. Preciado répond à la « fameuse » tribune du Monde sur le sujet dans un article qui sonne tout à fait juste « Lettre d’un homme trans à l’ancien régime sexuel ». Sur le même sujet, Emma a fait une BD, comme toujours, des plus pertinentes : « Un rôle à remplir ». Sur Acide et Paillettes, Marêva fait un bilan des dernières affaires du genre : « Weinstein, #metoo, #balancetonport ; qu’est ce que ça change ? ».

Toujours sur le féminisme, Sara Panata s’attarde longuement (pour notre plus grand bonheur) sur l’autrice Chimamanda Ngozi Adichie et les idées qu’elle véhicule : « Chère Ijeawele : le féminisme de Chimamanda Adichie », le tout sur les Carnets de Terrain. C’est sur un autre carnet, Atelier doctoral – Histoire du genre cette fois-ci, que Juliette Eyméoud revient sur la nouvelle version du mouvement de la Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell (W.I.T.C.H) : « Féminisme et militantisme intersectionnel – Rencontre avec le Witch Block Paname ». Si vous connaissez le principe de la charge mentale, saviez vous qu’il existe aussi celui de la charge émotionnelle ? Grâce à Alice Maruani et son article « « Les femmes sont bonnes » : parlons maintenant de la charge émotionnelle » sur L’Obs maintenant je sais et c’est terrifiant à quel point ça résonne.

Voici un article sur le langage utilisé pour parler de violences sexuelles : « Être ou se faire (violer) », de Romy Têtue que de nombreux·ses journalistes devraient lire… Feminazgul en colère a débunké de façon très éloquente et pertinente « Le mythe du sexisme anti-hommes », qui revient beaucoup trop je trouve, mais au moins maintenant j’ai un bon article à envoyer en réponse. Si vous lisez le blog, vous n’êtes pas sans savoir que je tiens à l’écriture inclusive, et Romy Duhem-Verdière y a consacré un chouette récapitulatif sur 24 jours de Web : « Écriture inclusive : faisons le point autour de la cheminée ». Titiou Lecoq a publié sur Slate un article qui revient sur les autrices oubliées dont les œuvres ont été attribuées à des hommes : « Littérature : des auteures oubliées, parce qu’effacées ».

Un petit tour vers l’accouchement, avec des vignettes sur le sujet par Lucile Gomez sur Temesira : « L’accouchement physiologique en BD », comme quoi, nos pratiques contemporaines ne font pas toujours sens… Un lien plus léger, plein d’humour, mais non moins pertinent avec une vidéo qui explique pourquoi dans Blanche-Neige, la méchante reine est elle aussi victime de sexisme : « Why The Queen Isn’t the Real Villain in Snow White ».

Pour finir, je vous présente deux liens qui abordent la communauté et la représentation LGBTQ*, ce qui entre pour moins dans un féminisme inclusif et a donc sa place ici. Le titre du billet de biblioqueer parle de lui-même : « Pourquoi la représentation est (toujours) importante, et pourquoi il y a encore du chemin à faire ». Katchoo nous présente, sur son blog The Lesbian Geek, l’arrivée dans les comics Supergirl d’un personnage non-binaire, et ça fait du bien : « Binaire ou non-binaire, là n’est pas la question ».

Pop culture, tu l’aimes, tu l’analyses

Pour faire le lien avec le sujet précédent (oui, encore !), tout d’abord les vidéos d’une journée d’étude « Sexisme, jeux vidéos et culture geek », puis d’une table ronde sur le sujet « Les stéréotypes de genres dans la littérature et les médias pour la jeunesse ».

S.I.Lex a frappé fort ces derniers temps avec deux billets très très intéressants : « Star Wars VIII : l’impasse d’une industrialisation de la mythologie » et « La nouvelle fin de Carmen et les libertés du domaine public ».

J’sais pas où l’mettre mais j’ai kiffé et c’est important

Un peu de fiction encore avec une autre nouvelle de Neil Jomunsi dans le cadre du Projet Bradbury, « Amis ». Sur Simonæ, Paprika nous parle du « Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil : À la recherche du parfait album », un chouette compte rendu et des recommandations de lectures jeunesse qui ne sont pas problématiques 😉 Toujours dans les livres, j’ai adoré l’article d’Audrey Alwett « Best-seller, long-seller et pourquoi t’as rien compris à la censure » où elle rappelle que les livres qui continuent d’être lus sont souvent ceux qui allaient à l’encontre des codes et des traditions de leur époque, il serait donc temps pour certain·e·s d’évoluer… Pour finir, un (autre) article de Neil Jomunsi (j’y peux rien, il est prolifique et écrit des choses intéressantes !), sur le Shintô, où j’ai appris pleins de choses intéressantes, « Shintô : les dieux qui dorment sous les feuilles mortes ».

Ce que j’ai fait les mois derniers

Sans surprise, rien d’extraordinaire. J’ai regardé pas mal d’épisodes de séries, dont la quatrième saison de Black Mirror qui me laisse globalement perplexe. Si j’étais hyper emballée (et terrifiée) par le premier épisode, je n’ai pas trouvé le reste de la saison foufou (à part le dernier peut-être ? Mes sentiments sur le dernier épisode sont très confus). J’étais beaucoup moins confuse devant la quatrième saison de Peaky Blinders, qui est toujours aussi magnifique pour les yeux et les oreilles. J’ai terminé ma lancée sur la deuxième saison de The Crown que j’aime vraiment, vraiment beaucoup. Les décors, les costumes, tout est somptueux et Claire Foy comme Matt Smith sont géniaux.

J’ai pris une semaine de congés pour me poser un peu, j’en ai profité pour lire, la plupart des articles cités ci-dessus d’ailleurs ! J’en ai aussi profité pour me balader dans les calanques, celles de Sormiou particulièrement, et c’était sympa (et nécessaire) de prendre l’air.

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Les Petites reines, de Clémentine Beauvais

Les Petites reines, de Clémentine Beauvais, Éditions Sarbacane, 2015, 270 pages.

L’histoire

On les a élues « Boudins de l’année » sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes », Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Élysée !

Note : 4/5

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Viser la lune, d’Anne-Fleur Multon

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Allô Sorcières T1 : Viser la lune, dAnne-Fleur Multon, illustrations de Diglee, Poulpes Fictions, 2017, 168 pages.

L’histoire

Aliénor, Itaï, Azza et Maria ont 13 ans et habitent chacune aux quatre coins de la planète, mais de leur rencontre sur Twitter, naissent tout à la fois une grande amitié et une chaîne Youtube à succès !
Des vidéos sur l’astronomie, par Aliénor, aux conseils d’Itaï en jeu vidéo, d’Azza en pâtisserie et de Maria en photo, les filles partagent leurs passions et voient grossir leur confiance et leur communauté.
Quand Itaï se voit écartée d’un championnat d’e-gaming prétendument masculin, elles ont l’outil en main pour médiatiser l’affaire et lutter contre cette injustice !

Note : 5/5

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Walrus

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Walrus est une maison d’édition que j’apprécie particulièrement parce qu’elle s’est lancée il y a déjà un moment dans l’aventure numérique, avec divers formats (romans, nouvelles, séries par chapitres, anthologies, livres dont vous êtes le héros) en utilisant toutes les ressources que le format numérique offre (tester un de leur livre gratuitement, création de Bellow un jeu dont vous êtes le héros, Radius le livre web, etc.). Toutes leurs publications portent sur la culture pop’, geek et en général sur les « mauvais » genres : fantasy, science fiction, pulps, horreur, comédie… Une autre raison de les adorer et de les suivre : ils publient sur leur blog des billets plutôt transparents sur ce qu’est le métier d’éditeur aujourd’hui, leurs difficultés mais aussi leur politique et ce qu’ils tentent de faire.

Enfin, aujourd’hui c’est autre chose dont je souhaite vous parler : leur « Labo » ! Et plutôt que de faire de la mauvaise périphrase, je me permet de les citer :

Bienvenue dans le Labo, le territoire d’expérimentation littéraire des éditions Walrus. Ici nous publions les textes courts d’auteurs et d’autrices en lesquel·le·s nous plaçons tous nos espoirs. Une occasion pour vous de les découvrir, et pour nous de les mettre sur le banc de test et de dénicher nos écrivains de demain…

Cela permet donc aux lecteur·rice·s de découvrir des plumes, et s’iels les apprécient, d’aller suivre le travail de l’auteur ou l’autrice en question vers d’autres aventures ! Toutes les nouvelles sont donc lisibles gratuitement sur leur site (17 au moment où j’écris), dans des styles et des genres assez variés. Je me permet de vous présenter mes préférées !

« Le Ballon » de Céline Saint-Charle

Des fois, mieux vaut écouter ses aîné·e·s et surtout les respecter, on sait jamais, iels pourraient être envoyé·e·s par quelqu’un de puissant.

« Quelque chose » de Camille Eelen

Lovecraft était probablement plus visionnaire qu’on ne le croyait.

« Vous prendrez bien un verre ? » de Machin

À se sentir meilleur que les autres espèces qu’on côtoie, on risque de s’attirer des situations bien malaisantes et des ennuis plus graves.

« Porteuses d’étoile » de Célia Flaux

Les personnes peuvent « porter » une étoile, être affiliée à elle, mais les choses ne sont pas toujours simples, particulièrement quand l’étoile en question a une jumelle…

« Le dernier fossoyeur » de Marie Tinet

Dans un monde dystopique, un homme trouve sa mission en ramassant les cadavres qu’il rencontre pour leur donner un enterrement digne de ce nom.

« Eko » de Xavier Portebois

Où il est question de double astral et comment faire si son corps est encore occupé… par soi-même ?

« Au nom du silence » de Stéphane Arnier

Vous avez probablement déjà été dérangé·e par vos voisin·e·s, et pensé à ce que vous pourriez faire pour qu’iels se taisent. Et si un jour, quelqu’un s’en chargeait pour vous ?

« Les petits enfants » de Camille X. Morgan

Après le décès de sa grand-mère, la protagoniste visite sa maison en attendant sa famille. Elle va faire une découverte terrifiante.

« Crabes » de Magalie Lefebvre

Probablement une des nouvelles qui m’a le plus marquée. Un enfant qui doit faire son deuil, un crabe géant, et une mère qui ne voit que sa propre tristesse.

Les Rivières de Londres, de Ben Aaronovitch

Le Dernier apprenti-sorcier T1 : Les Rivières de Londres, de Ben Aaronovitch, traduction de l’anglais (Royaume Uni) par Benoît Domis, J’ai lu, 2014, 415 pages.

L’histoire

L’agent Peter Grant ne croyait pas aux fantômes, jusqu’au jour où un étrange personnage lui affirme avoir assisté au meurtre sur lequel il enquête. Un témoin providentiel… s’il n’était mort depuis plus d’un siècle ! Et Peter n’est pas au bout de ses surprises : recruté par l’inspecteur Nightingale, il intègre l’unité de la police londonienne chargée des affaires surnaturelles. Au programme, traquer vampires, sorcières et autres créatures de la nuit ; maintenir la paix entre les forces occultes de Londres ; tenir à distance les divinités trop entreprenantes ; et bien sûr apprendre le latin, le grec ancien et une montagne d’incantations bizarres et pour le moins rébarbatives. Peter doit en passer par là, s’il veut un jour devenir à son tour le dernier sorcier de Londres…

Note : 5/5

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Descender T4 : Mise en orbite

 

Descender T4 : Mise en orbite, de Jeff Lemire et Dustin Nguyen, traduction de l’anglais (États-Unis) par Benjamin Rivière, Urban Comics, « indies », 2017, 128 pages.

L’histoire

Peu à peu, les pièces du puzzle s’assemblent. On en sait désormais un peu plus sur la jeunesse du capitaine Telsa, sur les années d’Andy Tavers passées au sein des Liquidateurs et sur le parcours du robot minier Foreur. Tim-21 est quant à lui toujours aux mains du chef de la Résistance Robotique, Psius, et le Dr Quon semble avoir son lot de secrets à révéler. Notamment que son mentor, le Dr Solomon, et « l’ancien robot », seraient toujours en vie…

Note : 5/5

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Générations Marvel : La chronique illustrée

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Générations Marvel : La chronique illustrée, de Tom DeFalco, Peter Sanderson, Tom Brevoort, Matthew K. Manning et Stephen (Wing) Wiacek, traduction de l’anglais (États-Unis) par Philippe Touboul, Hors Collection, 2017, 400 pages.

L’histoire

Générations Marvel invite le lecteur à traverser huit décennies tumultueuses de l’éditeur Marvel Comics. De la première apparition d’Apache Kid aux événements dramatiques dans Civil War II, ce livre spectaculaire retrace l’histoire de l’univers de Marvel Comics, mois après mois, année par année. Aux commentaires d’experts s’ajoutent les magnifiques illustrations de Jack Kirby, Steve Ditko, Jim Steranko, Todd McFarlane, John Romita Jr., Alex Ross, Adi Granov et bien d’autres encore.
Cette chronique de l’histoire de Marvel offre tous les précieux repères chronologiques non seulement sur les super-héros de Marvel (les Avengers, Iron Man, Spiderman, Volverine…), mais aussi sur les super-vilains, sur les génies qui les ont inventés et sur les événements de la vie réelle qui se sont déroulés en parallèle. Enfin,Générations Marvel revient également sur les débuts et les dates clés de Marvel dans l’édition, le cinéma et la télévision.

Note : 3/5

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