Les putes voilées n’iront jamais au Paradis ! de Chahdortt Djavann

Les putes voilées n’iront jamais au Paradis !, de Chahdortt Djavann, Grasset, 2016, 205 pages.

L’histoire

Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.

Note : 5/5

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Porno Manifesto, d’Ovidie

Porno Manifesto, dOvidie, Flammarion, 2002, 223 pages.

L’histoire

« Je suis une « travailleuse du sexe », comme diraient mes consœurs américaines. Et cela, beaucoup de journalistes qui ont écrit des articles sur moi ou m’ont invitée sur des plateaux de télévision semblent l’avoir oublié. Les médias ont beaucoup parlé de mon « discours intellectuel », de ma démarche, parfois de mon féminisme, et trop souvent de mes études de philosophie. Comme s’ils s’étaient raccrochés à des choses rassurantes qui leur permettaient d’oublier ce qui les gênait vraiment et ce qu’ils ne parvenaient pas à comprendre : j’étais, je suis, une femme qui fait des films porno devant et derrière la caméra. »

Note : 4/5

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Amatka, de Karin Tidbeck

Amatka, de Karin Tidbeck, traduit de l’anglais et du suédois par Iuvan, La Volte, 2018 (originale : 2017), 218 pages.

L’histoire

Une fable politique, dans la lignée de 1984, sur le contrôle social, la peur du changement et la plus insensée des révolutions.
« Bienvenue à Amatka… où chacun joue un rôle, où le langage possède d’étranges propriétés et où rien – pas même la texture de la réalité – ne peut être garanti. »
Ainsi se présente Amatka, cette austère colonie antarctique aux ambiances post-soviétiques. Amatka, lieu interdit à la dissidence et aux sentiments, espace exigu où la liberté niche dans les recoins obscurs du langage, est une communauté heureuse mais totalement figée. Lorsque Vanja, une « assistante d’information », est envoyée en mission là-bas pour y collecter de l’intelligence à des fins gouvernementales, elle comprend rapidement que son séjour qu’elle prévoyait expéditif sera moins routinier qu’envisagé. Et pour cause, le point de bascule n’est jamais très loin dans cette colonie d’hiver, de sorte que Vanja sera amenée à enquêter parmi les ombres d’Amatka, celles qui revendiquent l’insurrection…

Note : 5/5

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Les disparues de Rushpool, de Ben Aaronovitch

Le Dernier apprenti-sorcier T5 : Les disparues de Rushpool, de Ben Aaronovitch, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Benoît Domis, J’ai lu, 2016 (originale : 2014), 445 pages.
Version audio narrée par Kobna Holdbrook-Smith.

L’histoire

L’agent Peter Grant, dernier apprenti sorcier et brillant enquêteur de la Police Métropolitaine de Londres – la Métro, pour les intimes – quitte cette fois la capitale britannique pour se rendre dans une petite bourgade du Herefordshire où les forces de police locales échouent à enrayer la vague d’enlèvements d’enfants dont leur communauté est victime.
Assisté de Beverley Brook, Peter se retrouve bientôt embourbé jusqu’au cou dans une affaire pour le moins louche. Passe encore le danger omniprésent, la mauvaise humeur des flics du coin, la franche hostilité des dieux locaux… mais des boutiques qui ferment à 4 heures de l’après-midi ?! Quelle horreur !

Note : 5/5

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Exo, de Fonda Lee

Exo, de Fonda Lee, traduit de l’anglais (États-Unis) par Éric Moreau, Bayard, 2018 (originale : 2017), 535 pages.

L’histoire

La terre ne nous appartient plus…
Il y a un siècle, après une guerre meurtrière, la Terre a été colonisée par une civilisation extraterrestre : les Zhrees. Même si la paix a finalement été instaurée entre les deux peuples, les Zhrees dominent à présent la planète.
Donovan, 17 ans, est chargé de faire régner l’ordre. À l’âge de 5 ans, il a été sélectionné pour être un Exo, un soldat d’élite des Zhrees. Il est aussi le fils du chef du gouvernement qui collabore avec les extraterrestres. Tout ceci destine le jeune homme à un brillant avenir. Jusqu’au jour où une intervention tourne mal et que Donovan est enlevé par Sapience, un groupe de résistants qui luttent pour l’indépendance de l’espèce humaine…

Note : 2/5

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D : 1. Lord Faureston

D : T1. Lord Faureston, de Alain Ayroles (scénario), Bruno Maïorana (dessin) et Thierry Leprévost (couleur), Delcourt, 2009, 62 pages.

L’histoire

De retour d’expédition, l’explorateur Richard Drake hante clubs et salles de bals de la haute société victorienne. Il s’éprend de Miss Catherine Lacombe, charmante Lady au caractère bien trempé. Le séduisant Lord Faureston a lui aussi jeté son dévolu sur la jeune femme. Mais une aura de mystère entoure ce ténébreux dandy. Catherine serait-elle en danger ? C’est en tout cas ce que prétend Mister Jones, un obscur employé de banque qui, la nuit venue, devient chasseur de vampires !

Note : 3/5

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C’est le 2 avril, je balance tout !

je-balance-tout

Ce rendez-vous a été créé par Lupiot du blog Allez vous faire lire.

Les règles du RDV

  • Le Top & Flop des lectures du mois précédent.
  • Au moins une chronique découverte sur un autre blog le mois dernier.
  • Au moins un article lu et aimé le mois dernier (hors chronique littéraire).
  • Et enfin : le truc trop cool que vous ayez fait ou qui vous est arrivé pendant le mois.

Le mois de mars a été très chargé en beaucoup de choses et d’émotions avec très peu de place pour du temps libre, et donc des lectures…

Le Top et Flop de mes lectures

J’ai peu lu durant le mois de mars, ou en tous cas terminé de livres, parce qu’il s’agissait tout de même de livres assez denses… et aussi parce que le mois de mars a été très mouvementé et stressant ! Mais j’ai absolument adoré ma lecture et découverte de bell hooks avec son ouvrage Ne suis-je pas une femme ?, un vrai coup de cœur que je recommande absolument. J’ai aussi profité de longues balades et de pas mal de temps dans les transports pour continuer mon écoute des livres audios de la saga du Dernier apprenti-sorcier de Ben Aaronovitch, que j’aime toujours autant.

Florilège de chroniques lues

Sur Comics Have the Power, j’ai adoré deux chroniques, la première de Sonia à propos de Black Eyed Kids, scénarisé par Joe Pruett et dessiné par Szymon Kudranski : j’hésitais un peu à faire l’acquisition de ce comics mais je suis bien tentée maintenant ! Thomas S. s’est attaqué à la lecture et à la chronique des six tomes de Nova, ce qui m’a donné envie de découvrir ce personnage.

Enfin, j’ai beaucoup apprécié la chronique de Sandy sur Je ne sais point lire, à propos de la saga À la croisée des mondes de Philip Pullman. C’est toujours un plaisir de voir qu’une saga aussi chouette peut être découverte encore aujourd’hui et appréciée !

Les liens qui m’ont fait dire « Waouh »

Dans le monde de la véganie

Si vous ne connaissez pas le travail de Maxime Ginolin, avec son personnage de MagiCJacK, je vous invite à découvrir sa dernière vidéo, Cruello – J’adore j’adore ! Cet artiste engagé dénonce, à travers des vidéos de fictions très léchées, le traitement des animaux, ici dans le cadre de la fourrure. Le tout avec beaucoup d’humour absurde, tout ce que j’aime.

On reste sur Youtube pour une autre vidéo, mais dans un genre assez différent, il s’agit de la captation d’une conférence d’Ophélie Véron : « Défendre les animaux : état des lieux et réflexions stratégiques », très utile pour comprendre où on en est, et quels sont les meilleurs outils pour avancer.

Le monde de la véganie a été un peu chamboulé mais surtout agacé par une certaine tribune dans Libération qui nous expliquait que « les végans (sic) ont tout faux », avant de développer à coup d’arguments fallacieux et de mensonges incroyables (le comble avec un titre pareil). Bien sûr, certain·e·s des meilleur·e·s militant·e·s de la cause se sont attelé·e·s à démonter cet article. Tout d’abord, How I Met Your Tofu dans « Battle #4 : le véganisme, ou la pente savonneuse vers un monde terrifiant rempli de chômeurs robots brouteurs d’herbe », mais aussi Florence Dellerie sur Mediapart avec son billet « Véganisme : pourquoi Paul Ariès, Frédéric Denhez et Jocelyne Porcher « ont tout faux » ». Enfin, Insolente Veggie frappe à son tour, avec humour et son bingo « Pratique ! Outil de mesure scientifique des tentatives de justification de l’exploitation des animaux ».

Côté genre et féminisme

Tout d’abord, la création d’un nouveau club de lecture : le Club de Lecture Féministe des Antigones qui promet de proposer des lectures fort intéressantes ! À l’occasion, il proposait Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie, qui était aussi l’un des premiers livres proposés par le club de lecture Une chambre à nous, ce qui se comprend bien puisque c’est parfait pour débuter. Et puis, il est fort possible que les participant·e·s des deux clubs se rejoignent rarement. Je n’ai donc pas participé à ce premier mois, mais je verrai ce que la suite nous réserve !

Le dernier épisode du podcast Un podcast à soi d’Arte Radio fait froid dans le dos « Le gynécologue et la sorcière » revient sur les violences gynécologiques donc soyez certain·e·s que ce ne soit pas un déclencheur pour vous avant d’écouter… Les témoignages sont très durs, mais je pense nécessaire pour se rendre compte d’à quel point ça va vraiment mal.

J’avais assisté l’année dernière à une journée d’étude sur « Comment penser les résistances féminine(s) au(x) féminisme(s) ? » et les captations audios ont été mises en ligne, pour que tout le monde puisse en profiter !

J’ai regardé deux documentaires sur Arte à la fois affligeants (à cause de la réalité qu’ils montrent) et importants : Winnie à propos de Winnie Madikizela-Mandela (d’ailleurs décédée aujourd’hui, triste nouvelle…). Où l’expression « derrière chaque grand homme il y a une grande femme » n’a jamais été aussi vraie, de quoi vous faire bouillir de frustration et d’injustice. Dans un tout autre contexte, Là où les putains n’existent pas est un documentaire d’Ovidie à propos d’une affaire sordide de féminicide, où Eva-Maree a été privée de ses enfants par l’État suédois parce qu’elle se prostituait, puis tuée par le père de ses enfants. C’est dur, mais ça montre que la Suède n’est pas le pays parfait qu’on idéalise parfois… Les deux films sont encore disponibles en replay pour quelques jours, si vous avez le temps, foncez !

La libération des femmes peut passer par la libération des seins… et le retour de Friendly Beauty à propos de son expérience du slow bra (porter le soutien gorge de moins en moins souvent) depuis deux ans est très éclairant !

Toujours dans le but de lutter contre la vision binaire du genre, le Collectif Intersexes et Allié·e·s a mis en ligne son premier podcast, « Le Podcast #1 : Table ronde AJL/CIA sur le traitement médiatique des questions intersexes », une écoute intéressante et importante pour mieux comprendre les enjeux du traitement médiatique des questions intersexes (et queer et LGBTQI* par extension).

 

Pop culture, tu l’aimes, tu l’analyses

Pour faire le lien avec le thème du féminisme, j’ai beaucoup apprécié le billet de Carrie Speaking, « Pourquoi les autrices de On a chopé la puberté ne sont pas des victimes ». Vous avez peut-être entendu parler de ce livre sur la puberté qui présentait des préjugés bien sexistes, genrés, et assez dangereux qui a fait un sacré grabuge sur Internet. Je suis assez d’accord avec ce billet, il ne faudrait peut-être pas s’étonner que les gens en aient ras-le-bol qu’on serve des fausses informations et des idées bien sexistes aux adolescentes.

Enfin, je partage avec grand plaisir la superbe chronique des Carnets de Terrain à propos de Black Panther : « Le Wakanda de Black Panther : une Afrique du futur en miniature ? ». Une merveille d’informations et de perspectives.

J’sais pas où l’mettre mais j’aime et c’est important

La Voix des Bulles a sorti un nouvel épisode de leur Splash Page, où ils parlent cette fois-ci de bande dessinée numérique, avec Sébastien Célimon en invité de choix. On y apprend pleins de choses, foncez : « Splash Page 19 : Des délices des BD numériques courtes à boires ».

Toujours dans le numérique, j’ai enfin pris le temps d’écouter les captations de deux événements, la Journée d’étude sur l’accès du livre et à la lecture tout d’abord, mais aussi la Biennale du Numérique 2017.

Si jamais vous pensez que le soja est cancérigène ou que les protéines animales sont bien supèrieures aux végétales, regardez la conférence de Massimo Nespolo qui fait le point sur ces sujets : « « Mythes et propagande » du Plan National Nutrition Santé (PNNS) ».

Pour terminer, un chouette documentaire (sur Arte toujours) à propos de l’obsolescence programmée et de son impact : Prêt à jeter.

Ce que j’ai fait le mois dernier

Je suis partie voir les copines et copains en Angleterre une semaine et c’était tellement chouette. J’ai pu visiter un peu Bristol, et surtout, Stratford-upon-Avon où est né Shakespeare, c’était mignon comme tout. J’ai aussi beaucoup trop mangé parce que les options véganes sont foison, pareil pour les chocolats chauds.

Côté visionnage, j’ai re-regardé Hellboy avant qu’il ne disparaisse de Netflix. J’ai aussi vu le film très touchant Fatima (quand il était dispo sur Arte, si je me souviens bien). J’ai regardé la seconde saison de Jessica Jones et c’est fou mais je ne sais toujours pas quoi en penser. J’ai beaucoup aimé regarder les épisodes, ça c’est sûr. Et sinon j’ai regardé Annihilation qui m’a laissé très perplexe.

Le rêve de l’architecte, de Ben Aaronovitch

Le Dernier apprenti-sorcier T4 : Le rêve de l’architecte, de Ben Aaronovitch, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Benoît Domis, J’ai lu, 2015 (originale : 2013), 380 pages.
Version audio narrée par Kobna Holdbrook-Smith.

L’histoire

La découverte d’un corps mutilé dans la banlieue de Londres fait monter d’un cran la paranoïa ambiante, d’autant que la méthode rappelle furieusement celle de l’Homme sans visage, ce magicien fou déjà connu des services de police. Enfin, pas de tous les services, juste de celui des affaires surnaturelles, dont le représentant le plus actif, l’agent Peter Grant, est aussi le dernier apprenti sorcier de Londres. A peine débutée, son enquête va s’enrichir de nouveaux éléments à première vue sans rapport avec le crime, mais qui tous mènent au quartier d’Elephant and Castle ; plus précisément à un ensemble d’immeubles conçu par un architecte dérangé et habité par tout ce que la capitale britannique compte de désespérés…

Note : 5/5

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Murmures souterrains, de Ben Aaronovitch

Le Dernier apprenti-sorcier T3 : Murmures souterrains, de Ben Aaronovitch, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Benoît Domis, J’ai lu, 2014 (originale : 2012), 442 pages.
Version audio narrée par Kobna Holdbrook-Smith.

L’histoire

Un cadavre abandonné dans les entrailles de la station Baker Street, voilà tout ce qu’il reste de James Gallagher. Sa famille est bien décidée à aller jusqu’au fond des choses pour comprendre les circonstances du drame. Mais le fond des choses est situé bien plus profond que quiconque pourrait l’imaginer. Quiconque, sauf l’inspecteur Thomas Nightingale, le dernier sorcier de Londres, et son apprenti, Peter Grant. C’est à ce dernier qu’échoit la mission d’arpenter les couloirs hantés du plus vieux métro du monde. Au moins ne sera-t-il pas seul. Le FBI lui a envoyé un agent de choc : jeune, ambitieuse, belle à se damner… Comme quoi, la vie réserve parfois de bonnes surprises !

Note : 5/5

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Eleni Varikas : pour une théorie féministe du politique

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Eleni Varikas : pour une théorie féministe du politique, coordonné par Isabelle Clair et Elsa Dorlin, Éditions iXe, 2017, 272 pages.

L’histoire

Philosophe et polyglotte, Eleni Varikas explore la dimension politique de la domination – la sujétion des femmes et des esclaves, leur exclusion de la démocratie, la naturalisation des inégalités et des oppressions. Faisant du genre un « concept voyageur », elle travaille sur la modernité avec Locke et Adorno, Virginia Woolf et Hannah Arendt, Donna Haraway et Angela Davis. Ce recueil invite à repenser le concept d’universalisme à la lumière de l’infériorisation des femmes, et celui de la liberté moderne à la lumière de l’esclavage et de la colonialité. Les textes sont tour à tour présentés par Michelle Perrot, Toni Negri, Catherine Achin, Elsa Dorlin, Martine Leibovici, Michaël Löwy, Keith McLelland et Sonya Dayan-Herzbrun.

Note : 5/5

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