Le langage inclusif : pourquoi, comment, d’Éliane Viennot

Le langage inclusif : pourquoi, comment. Petit précis historique et pratique, d’Éliane Viennot, avec une postface de Raphaël Haddad et Chloé Sebagh, Éditions iXe, « Collection xx – y -z », 2018, 143 pages.

L’histoire

La violente polémique ayant surgie en France à l’automne 2017 autour de l’écriture inclusive a conduit Eliane Viennot à élargir la question au « langage inclusif ». L’autrice de Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! expose dans ce petit guide les bonnes raisons de débarrasser la langue des normes et des règles masculinistes pour dire et écrire un monde où chacun·e aurait sa place, à égalité. Les outils existent : l’accord de proximité, les féminins des noms de fonctions, le point milieu, la création de néologismes opportuns, etc., sont autant de moyens détaillés dans ces pages, à la portée de tous·tes.

Note : 5/5

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Présentation de La culture du viol à la française, de Valérie Rey-Robert

Photographie en CC BY-SA 2.0 par nefasth
Street art de « Starchild Stela », une jeune fille aux cheveux blonds encapuchonnée dans un sweat violet avec des cœurs verts et des inscriptions autour « finissons-en avec la culture du viol » et « end rape culture ».

Samedi dernier, Valérie Rey-Robert, alias Crêpe Georgette, était à la librairie marseillaise L’Hydre aux milles têtes pour présenter son livre sur les spécificités françaises de la culture du viol. C’était très chouette de voir l’espace rencontre de la librairie plein à craquer et ça valait définitivement le coup de rester deux heures debout pour l’entendre. Je vous propose donc une petite restitution de sa présentation !

L’autrice a commencé par une recontextualisation de son expérience d’Internet : en 1998 notamment il y avait très peu de place pour les femmes sur Internet et encore moins pour les féministes.

Tous les témoignages de femmes violées qu’elle a pu entendre montrent la culpabilisation subie par les victimes : que ce soit par elles-mêmes ou bien par l’entourage, la police ou la justice.

En 2013 l’expression « culture du viol » rentre dans le langage courant, malgré une origine qui remonte jusqu’aux années 1970.

Pourquoi est-ce qu’un viol et une escroquerie, par exemple, ne sont pas défendus pareil ? Le viol découle du sexisme : on attribue des qualités essentielles spécifiques aux hommes, d’autres aux femmes, et on considère celles des hommes meilleures. Les femmes sont considérées comme menteuse, perverse, faisant usage de la ruse, elles veulent le malheur de l’humanité. Dans l’histoire et la mythologie on retrouve de nombreux exemples de cet archétype : Pandore, Eve, Judith… [À noter qu’à ce moment là, un homme a profité du moment des questions, non pas pour en poser une, mais pour faire un merveilleux exemple de mansplaining, à l’exaspération de toutes les personnes présentes].

Ainsi, pour lutter contre la culture du viol, il faut lutter contre le sexisme. Là où les hommes sont éduqués à socialiser entre eux pour faire preuve de solidarité, ce n’est pas du tout le cas des femmes.

Les premières luttes du féminisme ne portaient pas sur les viols, ce n’est venu qu’après le droit de vote et celui de la contraception. Dans ce contexte des années 1970, le terme de « culture du viol » apparaît aux États-Unis. Mais plus récemment, certaines affaires ont particulièrement choqué et fait avancer la reconnaissance de cette culture du viol. En 2012, deux viols aux États-Unis ont eu un traitement assez similaires où les victimes ont été traînées dans la boue (pour l’un des deux viols, la victime avait été photographiée pendant l’acte et des photos circulaient sur les réseaux sociaux). En Inde, un couple est entré dans un bus privé par inadavertance : le jeune homme s’est fait tabassé tandis que la jeune femme a été violée puis est décédée des conséquences une semaine plus tard. Cette dernière affaire a suscité des réactions particulièrement racistes (selon lesquelles ce genre de chose ne pourrait pas arriver en Europe…) et essentialistes, avec une culpabilisation de la victime sur le fait qu’elle utilisait un portable – à noter donc que la culpabilisation se retrouve dans tous les pays mais pour des motifs différents.

La chanson « The blurred lines » de Robin Thicke, sortie en mars 2013, est très symptomatique de la culture du viol avec des paroles telles que « I know you want it », qui laisse peu de place au consentement, mais surtout qui est l’une des phrases les plus prononcées par les violeurs pendant l’acte.

Couverture de Une culture du viol à la française, de Valérie Rey-Robert aux éditions Libertalia

La culture du viol présente donc de nombreuses idées reçues, dont voici les principales :

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Les règles… Quelle aventure !

Les règles… Quelle aventure !, de Élise Thiébaut et Mirion Malle, La ville brûle, 2017, 70 pages.

L’histoire

Les règles, les ragnagnas, les affaires ou les machins… Une fois par mois environ, les filles et les femmes entre 12 et 52 ans saignent pendant quelques jours mais on n’en parle jamais, alors même que cela concerne la moitié de l’humanité.
Les règles ont longtemps été un instrument qui a permis d’opprimer les femmes et de leur donner l’impression qu’elles étaient impures et capables de moins de choses que les hommes. Les règles sont donc un véritable enjeu féministe auquel il n’est jamais trop tôt pour s’intéresser…
Parler des règles, c’est aussi parler du patriarcat, de sexualité, de religion… Les autrices abordent le sujet avec humour, de façon décomplexée et décalé, avec de solides références culturelles, mythologiques, médicales et féministes pour piquer la curiosité et enrichir la connaissance des préados et ados, filles et garçons.

Note : 5/5

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Le Problème avec les femmes, de Jacky Fleming

Le Problème avec les femmes, de Jacky Fleming, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Nora Bouazzouni, Dargaud, 2017 (VO : 2016), 128 pages.

L’histoire

« Autrefois, les femmes n’existaient pas, et c’est pour cette raison qu’elles sont absentes des livres d’histoire. Il y avait des hommes et parmi eux, un certain nombre de génies. » À travers une succession de dessins hilarants, Jacky Fleming retrace avec ironie l’évolution de la femme dans notre société. Second degré garanti !

Note : 5/5

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Féministes : Récits militants sur la cause des femmes

feministes

Féministes : Récits militants sur la cause des femmes, de Annaïg, Sarah Ayadi, Aurélie Bévière, Ingrid Chabbert, Claudia les mains rouges, Anne-Perrine Couët, Elvire de Cock, Marie Gloris Bardiaux-Vaïente, Julie Gore, Laurier the Fox, Valérie Lawson, Louison, Morgane Parisi, Christelle Pécout, Jeanne Puchol et Théa Rojzman, Vide Cocagne, 2018, 135 pages.

L’histoire

Il a été proposé à Marie Gloris Bardiaux Vaïente, autrice et membre du « Collectif des Créatrices de BD contre le sexisme », d’être rédactrice en chef d’une BD qui réunirait un certain nombre de témoignages, parlant des femmes aujourd’hui. Elle a réuni autour d’elle une équipe d’autrices avec le souci d’aborder des sujets variés, graves, inconnus, autour de leurs vies de femme, d’autrices BD ou de questions plus larges autour de la condition féminine : harcèlement de rue, clichés sexistes, intersectionnalité, langage inclusif, transidentité, prostitution…

Note : 4/5

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Soror Volume 1, de Vanina Denizot

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Soror Volume 1, dirigé par Vanina Denizot, auto-édité, 2018, 97 pages.

L’histoire

Extrait de l’édito de Vanina Denizot :
À travers huit rencontres, neuf femmes toutes plus inspirées et inspirantes, de celle qui montrent la voie, leur voie, ont accepté de nous raconter leur histoire. Avec émotion et reconnaissance, je les en remercie. Parce que chaque femme doit se montrer plus convaincante, plus méritante et plus polyvalente qu’un homme, elle est forcément un modèle qui s’ignore pour d’autres. C’est donc une chaîne vertueuse, celle de la solidarité féminine, celle de l’empathie. Celle de la sororité. Ce mot qui galvanise, à la consonance si douce et forte à la fois.

Note : 5/5

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Pour le droit de vote des femmes, de John Stuart Mill

pour le droit de vote des femmes john stuart mill

Pour le droit de vote des femmes, discours (1867-1871), de John Stuart Mill, traduit de l’anglais (Grande Bretagne) et préfacé par Benoît Basse, Éditions iXe, « Collection la petite iXe », 2018, 124 pages.

L’histoire

Le 20 mai 1867, le Britannique John Stuart Mill prononçait à la Chambre des Communes un discours resté dans les annales, car, chose jusqu’alors inouïe, il réclamait l’extension du droit de vote aux femmes.
Traduits pour la première fois en français, les trois autres discours de ce recueil attestent la constance de son engagement féministe. Mill pourfend les arguments conservateurs sur la prétendue incapacité des femmes à exercer d’autres fonctions que domestiques ou leur manque d’intérêt pour les affaires publiques. Partisan de l’égalité des sexes, il plaide pour un partage des responsabilités civiles et politiques, soutient que les différences observables entre les deux sexes sont le produit de l’histoire et de la domination masculine.
Homme de son temps, Mill croyait en la dynamique du progrès moral et pensait sincèrement que la victoire était à portée de main. Il aurait été consterné d’apprendre que son pays n’accorderait le droit de vote aux femmes qu’en 1928, plus de soixante ans après son discours historique au Parlement.

Note : 5/5

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Porno Manifesto, d’Ovidie

Porno Manifesto, dOvidie, Flammarion, 2002, 223 pages.

L’histoire

« Je suis une « travailleuse du sexe », comme diraient mes consœurs américaines. Et cela, beaucoup de journalistes qui ont écrit des articles sur moi ou m’ont invitée sur des plateaux de télévision semblent l’avoir oublié. Les médias ont beaucoup parlé de mon « discours intellectuel », de ma démarche, parfois de mon féminisme, et trop souvent de mes études de philosophie. Comme s’ils s’étaient raccrochés à des choses rassurantes qui leur permettaient d’oublier ce qui les gênait vraiment et ce qu’ils ne parvenaient pas à comprendre : j’étais, je suis, une femme qui fait des films porno devant et derrière la caméra. »

Note : 4/5

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Eleni Varikas : pour une théorie féministe du politique

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Eleni Varikas : pour une théorie féministe du politique, coordonné par Isabelle Clair et Elsa Dorlin, Éditions iXe, 2017, 272 pages.

L’histoire

Philosophe et polyglotte, Eleni Varikas explore la dimension politique de la domination – la sujétion des femmes et des esclaves, leur exclusion de la démocratie, la naturalisation des inégalités et des oppressions. Faisant du genre un « concept voyageur », elle travaille sur la modernité avec Locke et Adorno, Virginia Woolf et Hannah Arendt, Donna Haraway et Angela Davis. Ce recueil invite à repenser le concept d’universalisme à la lumière de l’infériorisation des femmes, et celui de la liberté moderne à la lumière de l’esclavage et de la colonialité. Les textes sont tour à tour présentés par Michelle Perrot, Toni Negri, Catherine Achin, Elsa Dorlin, Martine Leibovici, Michaël Löwy, Keith McLelland et Sonya Dayan-Herzbrun.

Note : 5/5

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Ne suis-je pas une femme ? de bell hooks

Ne suis-je pas une femme ?, de bell hooks, traduit de l’anglais (États-Unis) par Olga Potot, Cambourakis, 2015 (originale : 1981)224 pages.

L’histoire

« Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des États-Unis, posa en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées. Un livre majeur du « black feminism » enfin traduit plus de trente ans après sa parution ; un outil nécessaire pour tou·te·s à l’heure où, en France, une nouvelle génération d’afro-féministes prend la parole.

Note : 5/5 ♥ Coup de cœur

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