Gabriel, de Céline Guffroy

Gabriel de Céline Guffroy chez MxM Bookmark, mars 2016, 312 pages.

Je tiens à remercier Babelio et l’éditeur MxM Bookmark, qui m’ont envoyé un exemplaire en échange d’une chronique honnête.

L’histoire

gabriel« Ce n’est que lorsque l’Ange vous tournera le dos que vous verrez ses ailes… mais il sera trop tard pour lui demander de rester. »
De son passé, Gabriel n’a aucun souvenir depuis qu’il s’est réveillé sur les marches de la cathédrale Saint-Patrick. Le Père José Morgan, prenant son apparition comme un signe divin dans un New York dévasté, prend le jeune homme sous son aile et s’en occupe comme s’il s’agissait de son propre fils. À la mort du religieux, Gabriel commence à faire d’étranges cauchemars où anges et démons se livrent une bataille sans merci.
Et s’il avait son propre rôle à jouer dans cette lutte du Bien contre le Mal ?

Note : 2/5

Mon humble avis

L’objet livre est assez magnifique : une couverture douce (même si je ne suis pas fan de cette mode qui consiste à utiliser des photos et les trafiquer pour faire des couvertures), des pages très agréables au toucher avec une identité visuelle sympathique, notamment la police utilisée pour les titres de chapitres, les séparateurs sont chouettes, etc.

Malheureusement, le contenu m’a beaucoup moins séduit. J’espérais trouver une vision un peu « fraîche » de l’opposition anges et démons que l’on peut voir partout ailleurs mais ce roman reprend tous les clichés que l’on peut imaginer : les démons n’ont aucun problème avec l’inceste, ils portent des vêtements en cuir moulant ou sont plutôt dévêtus, ils passent leur temps à se chamailler, la plupart sont bruns ou ont les cheveux noirs là où une majorité d’anges ont des cheveux blonds…

Je n’ai pas été sensible non plus à la plume de l’auteure : elle passe beaucoup de temps à nous dire, voire à nous répéter, ce qui se passe plutôt que simplement le montrer et faire confiance à ses lecteurs pour comprendre et ressentir ce qui se passe. Du coup, l’histoire n’a pas réussi à m’impliquer émotionnellement. La caractérisation des personnages, particulièrement de Gabriel, n’aide pas non plus : il a tout du trope, ou lieu commun, de la demoiselle (ou du damoiseau en l’occurrence) en détresse, qui enchaîne les mauvais choix, est incapable de se défendre et heureusement que son démon servant débarque à chaque fois pour le secourir. Au final, c’est un personnage très plat et passif, qui se laisse porter et qui n’a guère de consistance. Léviathan est un peu plus fouillé comme personnage.

Certains détails semblent être mentionnés en passant, sans qu’ils aient aucune importance pour l’histoire, ce qui est surprenant : on apprend qu’en 2025 une catastrophe a plongé la Terre dans le chaos, des villes ont été détruites et… des loups-garous et des vampires ont pointé leurs nez, visiblement sortis des Enfers. Jusque là, tout va bien, les personnages principaux seront confrontés à plusieurs reprises à ces créatures. Mais en une phrase on apprend que des licornes, dinosaures et dragons ont aussi précipitamment fait leur apparition sur Terre ! Aucune explication n’est donnée et ils ne seront plus mentionnés pour toute la durée du livre.

Le roman reprend bien entendu la mythologie des anges et des démons, en prenant certaines libertés qui sont bienvenues je trouve, par exemple Lucyfer est une femme. Tout cela reste vigoureusement ancré dans les mythes judéo-chrétiens mais j’ai beaucoup apprécié qu’on ait également la présence d’un Djinn, qui représente plus ou moins l’Islam.

Un dernier point qui m’a clairement déplu, et non des moindres : les personnages ne semblent pas trop concernés par le consentement de leurs partenaires. Je n’ai pas compté le nombre de baisers pris de force, mais je me rappelle avoir grimacé à de trop nombreuses reprises. Pour des êtres censés être asexués (ils ne les ont pas ici), les anges tombent amoureux dans tous les sens. Et la relation entre les deux protagonistes n’a rien de sexy, vu que Léviathan part du principe que Gabriel lui appartient (gros gros problème de possessivité par là) et il n’hésite pas à le manipuler et le mettre très mal à l’aise pour son propre plaisir. Vous allez me dire, c’est un démon, tout cela fait sens. Certes, mais essayer de nous faire croire que c’est romantique, c’est dangereux et dégoûtant.

L’idée de départ pouvait être intéressante mais il me semble qu’elle est mal traitée et que le roman tourne un peu en rond, avec des événements qui s’enchaînent sans surprise.

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4 commentaires sur “Gabriel, de Céline Guffroy

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