Enjamber la flaque où se reflète l’enfer, de Souad Labbize

Enjamber la flaque où se reflète l’enfer : Dire le viol, de Souad Labbize, édition bilingue français – arabe, Éditions iXe, « La petite iXe », 2019, 108 pages.

L’histoire

Souad Labbize est descendue “dans les caves de l’enfance”, pour écrire ce témoignage en soutien à toutes les femmes et filles victimes d’agressions sexuelles. Rédigé en français, traduit en arabe, il pose dans ces deux langues des mots sur la douleur et la honte, sur la rudesse de la mère et l’indolence du père. Des cris horrifiés, sans compassion ni tendresse pour l’enfant violée, la projettent sur le chemin au bout duquel elle gagnera sa liberté et son indépendance.

Note : 5/5

Mon humble avis

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Après le progrès, de Beata Umubyeyi Mairesse

Après le progrès, de Beata Umubyeyi Mairesse, La Cheminante, « Harlem Renaissance », 2019, 85 pages.

L’histoire

Avec ses fragments intimes et universels, l’autrice franco-rwandaise fait danser les mots de trop, les mots pagailles, les mots abandonnés de son imaginaire décolonisé clair-obscur. Ce premier recueil de poésie Après le Progrès se déploie dans une langue savoureuse pour dire avec la même délicatesse le violent ressac de la vie, de sa vie, entre hier et demain, entre les désirs de vie et le coût de la survie, entre là-bas et ici. Ces textes, rires ébréchés ou souvenirs parfumés, portent la voix d’une femme, survivante, militante, mère, amoureuse. Autant de paroles semées, germées, cueillies, qu’elle nous offre pour faire un pied de nez au malheur.

Note : 5/5

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Et ma langue se mit à danser, d’Ysiaka Anam

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Et ma langue se mit à danser, dYsiaka Anam, La Cheminante, 2017, 120 pages.

L’histoire

Récit à la première personne, Et ma langue se mit à danser est un carnet de voyage intérieur explorant des questions fondamentales : l’enfance et l’exil , la honte et le silence, ce qui empêche de grandir mais aussi ce qui permet de croître.
La perte d’une langue et la réinvention d’une autre offrent un voyage qui glisse du pays natal, au pays(age) intérieur, en passant par plusieurs non-lieux imaginaires. Sur le parcours, Ysiaka Anam exhume les mandats oubliés dans les poches, les chaussons qui réchauffent la mémoire, la vie qui invente toujours.

Note : 5/5

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Les Petites reines, de Clémentine Beauvais

Les Petites reines, de Clémentine Beauvais, Éditions Sarbacane, 2015, 270 pages.

L’histoire

On les a élues « Boudins de l’année » sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes », Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Élysée !

Note : 4/5

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Viser la lune, d’Anne-Fleur Multon

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Allô Sorcières T1 : Viser la lune, dAnne-Fleur Multon, illustrations de Diglee, Poulpes Fictions, 2017, 168 pages.

L’histoire

Aliénor, Itaï, Azza et Maria ont 13 ans et habitent chacune aux quatre coins de la planète, mais de leur rencontre sur Twitter, naissent tout à la fois une grande amitié et une chaîne Youtube à succès !
Des vidéos sur l’astronomie, par Aliénor, aux conseils d’Itaï en jeu vidéo, d’Azza en pâtisserie et de Maria en photo, les filles partagent leurs passions et voient grossir leur confiance et leur communauté.
Quand Itaï se voit écartée d’un championnat d’e-gaming prétendument masculin, elles ont l’outil en main pour médiatiser l’affaire et lutter contre cette injustice !

Note : 5/5

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Walrus

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Walrus est une maison d’édition que j’apprécie particulièrement parce qu’elle s’est lancée il y a déjà un moment dans l’aventure numérique, avec divers formats (romans, nouvelles, séries par chapitres, anthologies, livres dont vous êtes le héros) en utilisant toutes les ressources que le format numérique offre (tester un de leur livre gratuitement, création de Bellow un jeu dont vous êtes le héros, Radius le livre web, etc.). Toutes leurs publications portent sur la culture pop’, geek et en général sur les « mauvais » genres : fantasy, science fiction, pulps, horreur, comédie… Une autre raison de les adorer et de les suivre : ils publient sur leur blog des billets plutôt transparents sur ce qu’est le métier d’éditeur aujourd’hui, leurs difficultés mais aussi leur politique et ce qu’ils tentent de faire.

Enfin, aujourd’hui c’est autre chose dont je souhaite vous parler : leur « Labo » ! Et plutôt que de faire de la mauvaise périphrase, je me permet de les citer :

Bienvenue dans le Labo, le territoire d’expérimentation littéraire des éditions Walrus. Ici nous publions les textes courts d’auteurs et d’autrices en lesquel·le·s nous plaçons tous nos espoirs. Une occasion pour vous de les découvrir, et pour nous de les mettre sur le banc de test et de dénicher nos écrivains de demain…

Cela permet donc aux lecteur·rice·s de découvrir des plumes, et s’iels les apprécient, d’aller suivre le travail de l’auteur ou l’autrice en question vers d’autres aventures ! Toutes les nouvelles sont donc lisibles gratuitement sur leur site (17 au moment où j’écris), dans des styles et des genres assez variés. Je me permet de vous présenter mes préférées !

« Le Ballon » de Céline Saint-Charle

Des fois, mieux vaut écouter ses aîné·e·s et surtout les respecter, on sait jamais, iels pourraient être envoyé·e·s par quelqu’un de puissant.

« Quelque chose » de Camille Eelen

Lovecraft était probablement plus visionnaire qu’on ne le croyait.

« Vous prendrez bien un verre ? » de Machin

À se sentir meilleur que les autres espèces qu’on côtoie, on risque de s’attirer des situations bien malaisantes et des ennuis plus graves.

« Porteuses d’étoile » de Célia Flaux

Les personnes peuvent « porter » une étoile, être affiliée à elle, mais les choses ne sont pas toujours simples, particulièrement quand l’étoile en question a une jumelle…

« Le dernier fossoyeur » de Marie Tinet

Dans un monde dystopique, un homme trouve sa mission en ramassant les cadavres qu’il rencontre pour leur donner un enterrement digne de ce nom.

« Eko » de Xavier Portebois

Où il est question de double astral et comment faire si son corps est encore occupé… par soi-même ?

« Au nom du silence » de Stéphane Arnier

Vous avez probablement déjà été dérangé·e par vos voisin·e·s, et pensé à ce que vous pourriez faire pour qu’iels se taisent. Et si un jour, quelqu’un s’en chargeait pour vous ?

« Les petits enfants » de Camille X. Morgan

Après le décès de sa grand-mère, la protagoniste visite sa maison en attendant sa famille. Elle va faire une découverte terrifiante.

« Crabes » de Magalie Lefebvre

Probablement une des nouvelles qui m’a le plus marquée. Un enfant qui doit faire son deuil, un crabe géant, et une mère qui ne voit que sa propre tristesse.

La Horde du Contrevent T1 : Le cosmos est mon campement

 

La Horde du Contrevent T1 : Le cosmos est mon campement, dÉric Henninot et Gaétan Georges (couleur), Delcourt, collection « Néopolis », 2017, 80 pages.

L’histoire

Après une formation impitoyable, et alors qu’ils étaient encore enfants, ils ont quitté Aberlaas, la cité des confins. Leur mission : marcher d’ouest en est jusqu’à atteindre l’Extrême-Amont, source mythique du vent qui balaye leur monde jour et nuit, sans trêve ni répit. Ils sont la 34Horde du Contrevent. Golgoth ouvre la marche ; derrière lui, Sov, le scribe, sur les épaules duquel l’avenir de la Horde tout entière va bientôt reposer…

Note : 5/5

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Paroles d’honneur

Paroles d’honneur, de Leïla Slimani et Laetitia Coryn, Les Arènes BD, 2017, 110 pages.

L’histoire

Leïla Slimani fait la connaissance de Nour, une Marocaine qui lui raconte sans tabou sa sexualité et les tragédies intimes que subissent la plupart des femmes qu’elle connaît.
Ce témoignage poignant, suivi d’autres rencontres à travers le pays, bouleverse la romancière franco-marocaine qui décide de mettre la parole de ces femmes à l’honneur. À travers leurs histoires personnelles, on découvre le drame de la condition sexuelle féminine au Maroc au sein d’une société hypocrite qui condamne le désir et la liberté d’aimer.
Cette BD reportage dépeint sans concession la réalité complexe d’un pays où l’islam est religion d’État et rappelle à chacun de nous l’importance du combat pour les droits fondamentaux de la femme.

Note : 5/5

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La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio

La Horde du Contrevent, dAlain Damasio, Folio SF, 2017 (originale : 2004), 700 pages.

L’histoire

« Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont. Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime. »

Note : 5/5 ♥ Coup de cœur

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La part des flammes, de Gaëlle Nohant

La part des flammes, de Gaëlle Nohant, Le Livre de Poche, 2016 (originale : 2013), 560 pages.

L’histoire

Un roman inspiré d’un fait divers. Paris, 1897. Toutes les femmes de l’aristocratie se pressent au Bazar de la Charité, événement mondain des plus courus. Parmi elles, deux femmes peu habituées à cet univers, Violaine de Raezal, rejetée par ses pairs depuis la mort de son mari, et la jeune Constance d’Estingel, indifférente aux conventions sociales. Quand le bazar prend feu et que le piège des flammes se referme, la tragédie fait basculer leur destin.

Note : 2/5

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