InSEXts T1 : Chrysalis, de Marguerite Bennett et Ariela Kristantina

InSEXts T1 : Chrysalis, de Marguerite Bennet (scénario) et Ariela Kristantina (dessin), Aftershock, 2016, 145 pages.

L’histoire

Au début de l’ère victorienne, une paire de diablesses vengeresse découvre un pouvoir terrifiant qui les transforme en créatures étranges. Armées de ces sombres apparences en pleine évolution, elles se retrouvent dans un monde baigné de forces occultes, avec de nouveaux sens et une nouvelle sensualité, où elles tentent de se faire une place, pour elles-mêmes et l’enfant issu de leur amour.

Note : 5/5 ♥ Coup de cœur

Mon humble avis

La période victorienne semble tout à fait propice aux récits fantasy, à l’imaginaire, à des mondes parallèles… Je ne sais pas trop pourquoi mais nul doute que l’ambiance brumeuse, mystérieuse et assez glauque de cette époque fait travailler notre imagination. InSEXts est donc un récit situé à Londres au dix-neuvième siècle, avec des éléments de fantasy puisque les personnages principaux ont un certain lien avec des insectes… mais c’est aussi un comics d’horreur et de « gore ». Les anglo-saxons utilisent le terme de body horror que je ne saurais comment traduire (horreur corporelle ?) mais qui correspond à des changements horrifiques des corps et des choses peu ragoutantes. Il y a aussi du sexe. Et du sang. Bref, mettez pas ça entre toutes les mains (même si je vous encourage à propager ce comics à tous les potentiels amateurs parce que… damn!).

Lady et Mariah, au départ la servante de la première, sont le couple protagoniste de l’histoire, qui vont tout faire pour protéger leur famille d’autres créatures ou mêmes d’humains – tout commence d’ailleurs avec le mari de Lady. Évidemment que je suis sacrément ravie de voir un couple lesbien, d’autant que les scènes de sexe ne sont pas cachées ou stéréotypées et qu’on voit à quel point les deux femmes s’aiment.

Sous couvert de scènes de sexe et de gore bien dégueulasse, InSEXts en profite pour faire passer des messages très importants, d’abord sur la place des femmes à l’époque victorienne : dans le premier chapitre, Lady explique qu’elle a dû se taire et faire bonne figure à travers chacune de ses fausses couches, puis ne rien dire tandis qu’on enterrait ses morts-nés. En revanche, son mari n’hésitait pas à hurler et s’épouvanter si son cheval arrivait troisième dans une course. C’est donc aussi l’histoire de l’émancipation de Lady, qui prend (littéralement) son envol.

On trouve aussi un commentaire sur le racisme de l’époque (enfin, nul doute que ça s’applique toujours aujourd’hui malheureusement) puisque Lady semble avoir des origines étrangères (romni ?) et que d’autres personnages en profitent pour la décrédibiliser ou l’humilier.

Si jamais le féminisme de l’œuvre et du propos n’était pas assez explicite, une préface de l’autrice répond à la question qui lui a beaucoup été posée : « pourquoi écrire un comics aussi gore, sur des femmes, quand on est une femme ? » Au contraire dit-elle, s’il y a bien des personnes qui sont au courant des aspects les plus crus, sanglants, et transformateurs du corps… c’est probablement les femmes. Elle précise aussi qu’il est important de lutter contre l’image complètement erronée des femmes douces, fragiles, calmes, alors qu’elles peuvent être bien plus.

J’ai aussi beaucoup apprécié les éléments occultes et de fantasy présents dans l’œuvre ; il n’y a vraiment rien à jeter dans ce comics que je recommande très chaudement. D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus avant de vous lancer dans l’aventure, vous pouvez retrouver des chroniques Katchoo et Julien Lordinator sur The Lesbian Geek et sur Women Write About Comics, celle de Elizabeth Brei (en anglais donc).

Aucune traduction en français pour le moment… mais gardez les yeux ouverts 😉

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