Bitch Planet T2 : President Bitch

Bitch Planet T2 : President Bitch, de Kelly Sue DeConnick (scénario) et Valentine De Landro (dessin), Glénat, 2017, 144 pages.

L’histoire

Dans le futur, le monde est gouverné par le diktat des hommes. Les femmes qui ne se plient pas aveuglément à leur volonté sont envoyées manu-militari dans l’établissement auxiliaire de conformité, une prison spatiale tournant en orbite autour de la Terre et répondant au doux nom de… Bitch Planet ! Alors que les « bitches » doivent tout juste se remettre de la mort de Meiko, leur arme secrète lors du match de Mégaton, une enquête est lancée pour élucider son passé. Comment cette jeune ingénieure prometteuse a-t-elle pu basculer et devenir une véritable tueuse ?

Note : 5/5

Mon humble avis

Si vous appréciez les comics, il est presque impossible que vous ayez pu rater l’existence de la série Bitch Planet, qui avait fait grand bruit déjà lors de sa sortie aux États-Unis chez l’éditeur Image Comics. Quand Glénat a annoncé avoir eu les droits de traduction, c’était une très bonne nouvelle. J’avais beaucoup apprécié le premier tome qui parvenait à mettre en place un univers malsain, dérangeant, où la société a tous les droits quant aux corps des femmes et aux décisions qui peuvent être prises pour elles. Mais l’intérêt de Bitch Planet, comme beaucoup d’œuvres de science-fiction, est que cette société futuriste… n’est pas si éloignée de la nôtre. Tous les travers présentés existent déjà dans notre société occidentale contemporaine, ils sont seulement exacerbés dans Bitch Planet, pour montrer la dangerosité de vouloir discriminer les femmes, les personnes transgenres, les corps qui ne correspondent pas à un idéal, etc.

Le premier tome montrait à quel point la vie pouvait être difficile au sein de la prison destinée aux femmes non conformes ou coupables de quelconques crimes. Dans ce nouveau volume, « President Bitch », on voit les personnages s’activer, tenter de trouver des échappatoires et continuer à vouloir se battre malgré les chances maigres de réussir. On suit avec trépidation deux intrigues parallèles qui finissent par se rejoindre, au plus grand déplaisir des autorités et dirigeants de la prison « Bitch Planet ». J’avoue avoir eu envie de lire certaines pages très rapidement pour connaître la suite, mais j’ai malgré tout réussi à me contenir pour pouvoir réellement profiter de l’histoire et des dessins, qui ne déçoivent pas. Je sais que certains ne sont pas conquis par le trait de Valentine De Lantro mais je trouve qu’il colle parfaitement avec l’intrigue développée. Le travail sur les couleurs est aussi impressionnant.

Si j’avais un reproche à faire à cette suite, c’est qu’elle ne s’attarde plus vraiment sur les personnages, comme s’il avait suffit de les présenter pour ne plus avoir à les approfondir et les développer. Mais ce reproche est minime, puisque l’avancée de l’intrigue et de l’action est suffisamment importante pour que tout ne puisse pas rentrer en un seul volume. J’ai par ailleurs énormément apprécié le premier chapitre, qui porte sur Meiko, justement parce qu’il nous permet d’en savoir plus sur ce personnage. À ce propos, j’ai été agréablement surprise par l’avertissement qui précède ce chapitre et qui prévient le lecteur qu’il contient une agression sexuelle et qu’il est possible de commencer la lecture au deuxième chapitre si cela est dérangeant, sans rien perdre de l’intrigue. J’imagine que cet avertissement était déjà présent dans la version originale, et les États-Unis et autres pays anglo-saxons sont en effet plus conscients du besoin d’utiliser ces avertissements pour protéger les lecteurs ; les trigger warnings y sont beaucoup plus répandus. Mais bravo à Glénat pour avoir conservé cet avertissement, et pas décidé de le supprimer.

On retrouve entre les chapitres des publicités du même genre qu’on avait pu lire dans le premier tome, qui essaient principalement de convaincre les femmes de rentrer dans le moule, pour mieux critiquer les conseils et encouragements similaires. Parce que je suis certaine que si vous comparez ces « fausses » publicités à certaines pages de magazine « féminins » actuels, la ressemblance donnerait des frissons dans le dos.

Encore une fois, Bitch Planet ne déçoit pas au niveau de la diversité des personnages, avec des corps de toutes formes, de toutes couleurs, et l’entrée en scène de plusieurs personnages transgenres, qu’il me tarde de connaître mieux dans la suite.

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