Tempura n°4 : Croyances japonaises

Tempura n°4 : Croyances japonaises, Hiver 2020, 162 pages.

Résumé

Mobiliser le Japon et son imaginaire est devenu un poncif. Kaizen, mais aussi ikigai, kintsugi, wabi-sabi, kintsukuroi, shinrin-yoku… Loin d’évoquer une quelconque « spiritualité » japonaise ou encore un « art de vivre », ces mots prêts-à-penser ne révèlent-ils pas plutôt notre rapport particulier au Japon ? Un rapport utilitariste – et forcément vertical – plutôt qu’un véritable désir de compréhension ? Mais alors, si tous les Japonais ne vivent pas selon ces préceptes d’harmonie et de résilience, en quoi croient-ils ?

Les croyances japonaises sont aussi diverses que l’histoire du Japon est complexe, et elles irriguent toutes les sphères sociales. Ce numéro, qui ne prétend aucunement à l’exhaustivité, se présente comme une invitation à reconsidérer l’autre sans le réduire à un concept, aussi séduisant soit-il. Car interroger les croyances, c’est aussi entrevoir ce qui nous lie.

Note : 5 sur 5.

Mon humble avis

J’ai énormément tardé à chroniquer ce numéro mais il n’était pas moins passionnant que les trois premiers Tempura. Le sujet n’était pourtant pas des plus simples, les croyances, la spiritualité et les religions au Japon étant un gros sujet, mais une fois ma lecture terminée j’avais l’impression d’avoir eu un horizon assez complet. Bien sûr, ce n’est pas forcément exhaustif mais la diversité est indéniable : Yuta Yagishita est parti à la rencontre avec les itakos, ces dernières chamanes du nord du Japon, plusieurs articles font le point sur les kami, les yokai et les créatures qui peuplent le pays tandis que d’autres rappellent la place du shintoïsme, du christianisme et du bouddhisme au Japon et comment ces religions n’ont aucun mal à y exister ensemble. Sans parler des différentes sectes qui existent dans le pays, dont certaines ont un passé bien sinistre.

L’article de Johann Fleuri sur les Aïnous, ce peuple premier du Hokkaido qui a été persécuté depuis des siècles avec des tentatives incessantes d’assimilation par le gouvernement japonais, est une vraie perle. Il est tout autant alarmant de voir à quel point le Japon est un énième pays où les peuples premiers ont été sciemment attaqués, mais voir que certaines personnes continuent à vivre ces traditions et à se battre pour qu’elles persistent donne de l’espoir.

J’ai beaucoup apprécié l’entretien avec Shiori Ito, porte-étendard du mouvement MeToo japonais, recueilli par Emil Pacha Valencia, qui présente le retentissement que cela a pu avoir au Japon et l’état d’avancée du féminisme au Japon, ainsi que les prochaines luttes à mener.

Encore un très chouette numéro qui permet de se plonger dans le pays du soleil levant sans y être (malheureusement) !

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