Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh

 

Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh, Glénat, 2013 (originale : 2010), 160 pages.

L’histoire

La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres. Un récit tendre et sensible.

Note : 4/5

Mon humble avis

Depuis le temps que je connais l’existence de cette bande dessinée, l’impact qu’elle a pu avoir et le fait que ça touche à la représentation LGBTQ*, j’ai mis beaucoup trop longtemps avant de le lire. C’était une très belle lecture, très touchante.

La bande dessinée parcourt tellement de choses : la découverte de la sexualité, de l’amour, du militantisme, être dans le placard, faire son coming-out, l’homophobie, la famille, le travail, l’art, la rupture, la dépression… On aurait pu croire que cela fasse un peu forcé en seulement 160 pages mais pas du tout : Le bleu est une couleur chaude montre des tranches de vies des protagonistes. Le rythme et les ellipses permettent de suivre les personnages sur plusieurs années, sans avoir le temps de s’ennuyer et sans que les lecteur·rice·s aient l’impression d’avoir raté un épisode.

L’histoire parvient ainsi a présenter une idée un peu « complète » de ces personnages, de l’histoire de leur couple. Ce n’est pas seulement un coming-out (même si les histoires qui abordent le sujet sont très bien aussi) ou la découverte du sexe (idem). C’est plus vaste, et ça rend la bande dessinée particulièrement intéressante.

Le trait est particulier et accompagne l’intrigue, notamment le jeu sur les couleurs (oui, c’est pas très original comme commentaire) selon la temporalité, l’ambiance…

Si j’avais quelque chose à reprocher, ce serait peut-être l’invisibilisation de la bisexualité, dans le sens où une fois encore, elle n’est pas nommée. Cela arrive beaucoup, beaucoup trop souvent pour que ce soit anecdotique, donc je l’ai bien sûr remarqué. J’ai aussi un peu tiqué sur la différence d’âge et d’expériences entre Emma et Clémentine. Cette dernière a tout juste 16 ans, elle n’a visiblement pas eu l’occasion d’avoir de relations ou de se questionner sur sa sexualité. Dès sa rencontre  avec Emma, qui en plus d’être adulte est déjà en couple, tout va très vite.

Enfin, si elle n’est pas parfaite, Le bleu est une couleur chaude est une très belle histoire, qui m’a accrochée du début à la fin, m’a attachée aux personnages et m’a même fait verser pleins de quelques larmes tant j’étais prise dans les émotions présentées par Julie Maroh à travers ses dessins et ses textes.

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2 commentaires sur “Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh

  1. Bien vu sur l’invisibilisation de la bisexualité, c’est vrai que c’est présent dans beaucoup trop d’œuvres, qu’elles soient littéraires ou non.
    Je garde un attachement particulier à cette BD, mais elle n’est pas exempte de défauts, loin de là.

    Aimé par 1 personne

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