La part des flammes, de Gaëlle Nohant

La part des flammes, de Gaëlle Nohant, Le Livre de Poche, 2016 (originale : 2013), 560 pages.

L’histoire

Un roman inspiré d’un fait divers. Paris, 1897. Toutes les femmes de l’aristocratie se pressent au Bazar de la Charité, événement mondain des plus courus. Parmi elles, deux femmes peu habituées à cet univers, Violaine de Raezal, rejetée par ses pairs depuis la mort de son mari, et la jeune Constance d’Estingel, indifférente aux conventions sociales. Quand le bazar prend feu et que le piège des flammes se referme, la tragédie fait basculer leur destin.

Note : 2/5

Mon humble avis

Cette nouvelle session du club de lecture « Une chambre à nous » pour les mois d’août-septembre avait pour thème les fictions historiques, et La part des flammes est l’un des livres choisis. J’avoue que ce thème m’emballait très très peu, je ne sais pas pourquoi mais les romans historiques, dans l’idée, ne m’attirent pas. Alors, je sais qu’il ne faut jamais renier un genre littéraire entier parce qu’il y a tellement de productions différentes que bien sûr, je suis certaine que certains romans historiques me plairaient. Mais jusqu’ici, la grande majorité m’a plutôt ennuyé et je n’arrive pas à savoir pourquoi. Le fait que mes connaissances de l’histoire française soient quasi nulle doit jouer : c’est certains que je ne relèverai ou ne comprendrai aucune référence implicite à un évènement ou des personnes historiques. D’ailleurs, je pense que des romans historiques situés au Royaume-Uni me plairaient plus parce que justement, je suis plus au fait de l’histoire des îles anglo-saxonnes (et encore, que certaines périodes).

Pour en venir à La part des flammes… J’ai tout fait pour entrer dans le livre sans préjugé, j’avais réellement envie de donner une nouvelle chance à ce genre et donc sa chance au livre. Il se lit très vite malgré l’épaisseur du livre, donc le début commençait plutôt bien… et puis je me suis ennuyé. L’intrigue tourne autour de l’incendie du Bazar de la Charité et c’est finalement le seul passage que j’ai trouvé intéressant, où on a envie de connaître la suite, le suspens monte, etc. Je n’ai pas réussi à m’intéresser au reste. Je trouve les personnages pas assez développé, finalement Constance d’Estingel est assez plat comme personnage, son agence est quasi nulle et elle semble juste se laisser porter par les (tragiques) événements. Violaine de Raezal est un peu plus développée… mais finalement elle non plus n’a plus beaucoup d’agence depuis la mort de son mari, elle se retrouve un peu piégée par ses beaux enfants qui n’ont aucune intention de la laisser faire sa place dans la société mondaine.

Du coup, je n’ai rien trouvé de « féministe » dans ce roman, au contraire, qui perpétue même dans sa narration des lieux communs assez hallucinants. Certes, au dix-neuvième c’est probablement ainsi qu’ils pensaient (certains pensent encore comme ça aujourd’hui) mais je vois pas en quoi c’était nécessaire…

Aux yeux de Constance il était homme, donc capable de violence. Il l’était, dur este, bien sûr qu’il l’était. Capable d’envoyer son poing dans la figure de quelqu’un ou de laisser parler sa rage.

Nombre de passages insistent sur l’importance de la virilité et de la violence parce que « c’est normal » chez un homme.

Lui qui se tenait au bord de la forêt où Constance s’était enfuie, le cœur arrêté, là où tant d’autres auraient brûlé la forêt et puni cette enfant rétive en la dévastant.

Notez bien que le personnage dont il est question est honorable parce qu’il se retient de brûler une forêt et de violer une jeune femme pour la « punir » (de quoi ? d’exister ?). Elle n’est ni sa fiancé, ni son épouse, et il la considère déjà comme sa propriété.

Il y a parfois des passages que j’ai trouvé très malaisants mais je pense que c’est tout à fait voulu et que l’autrice parvient très bien à faire ressortir l’ambiance malsaine, notamment concernant le rapport médecin / patiente.

Le médecin arrivait bardé de ses certitudes, la patiente de ses résistances internes. De cet antagonisme originel naîtraient l’échange et la guérison au terme d’une passionnante bataille, le temps que la patiente rendît les armes et s’abandonnât à l’autorité bienveillante du médecin.

Je lis ce passage comme étant du point de vue du médecin et donc une critique de cette domination du docteur sur son patient, qui finalement n’a pas son mot à dire et n’a plus qu’à écouter et obéir (ce qui est d’ailleurs toujours le cas malheureusement, particulièrement quand le patient est une femme).

La fin du roman approchait et j’étais assez impatiente de pouvoir passer à autre chose, quand tout à coup…

Elle aurait pu le haïr pour bien des choses. Pour avoir […] réveillé son désir et l’avoir éteint d’un même mouvement, pour aimer une autre femme quand elle avait tant besoin d’être aimée encore, mordue encore, caressée et pénétrée.

Je peux vous dire que je suis restée très bête et que j’ai dû relire le paragraphe pour être certaine de ne pas l’avoir halluciné. Il n’est question de sexe à aucun moment du roman, ce qui me semble tout à fait correct et justifié. Il est question de regards, d’avoir entraperçu une cheville, un bout de poignet… et après tout ça, cette phrase. Pour être honnête, la seule pensée que j’ai eu c’est « wow, elle était pressée de finir son roman et savait plus quoi écrire » ; une amie a ajouté « ça sent la phrase écrite à deux heures du mat’ » et je suis tout à fait d’accord.

Bref. La part des flammes se lit vite mais il ne m’a pas convaincu du tout, je me suis ennuyé quand j’étais pas agacée. Je ne renie pas le genre du roman historique… mais ça me conforte tout de même dans l’idée que peut-être, c’est pas fait pour moi.

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