Avec, sans ou contre. Critiques queers/féministes de l’État, dirigé par Cornelia Möser et Marion Tillous

Avec, sans ou contre. Critiques queers/féministes de l’État, dirigé par Cornelia Möser et Marion Tillous, Éditions iXe, « Racine de iXe », 2020, 296 pages.

L’histoire

L’État, après avoir pourtant pris soin de bien séparer espace privé et espace public, s’immisce dans nos intimités avec la plus parfaite indiscrétion.

De quoi l’État se mêle-t-il ? Comment et pourquoi va-t-il fourrer tantôt la main droite de la répression, tantôt la main gauche de l’action sociale dans nos identités de genre et nos sexualités ? Existe-t-il seulement un grand corps qui relie ces deux mains ? Il pourrait s’agir d’une fiction montée de toutes pièces, d’un discours de pouvoir ou encore d’une relation sociale et politique matérialisée. Car cette figure change dans le temps et dans l’espace, et, selon les circonstances, elle s’avère soit utile pour la critique, soit au contraire elle devient intimidante et bloquante pour l’action collective.

Ce recueil invite à la discussion sur les compréhensions queers/féministes de l’État et les stratégies à en déduire pour s’émanciper.

Avec des contributions de Cornelia Möser, Davina Cooper, Rada Iveković, Perrine Lachenal, Birgit Sauer, Marion Tillous, Jana Tschurenev.

Note : 5 sur 5.

Mon humble avis

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Enjamber la flaque où se reflète l’enfer, de Souad Labbize

Enjamber la flaque où se reflète l’enfer : Dire le viol, de Souad Labbize, édition bilingue français – arabe, Éditions iXe, « La petite iXe », 2019, 108 pages.

L’histoire

Souad Labbize est descendue “dans les caves de l’enfance”, pour écrire ce témoignage en soutien à toutes les femmes et filles victimes d’agressions sexuelles. Rédigé en français, traduit en arabe, il pose dans ces deux langues des mots sur la douleur et la honte, sur la rudesse de la mère et l’indolence du père. Des cris horrifiés, sans compassion ni tendresse pour l’enfant violée, la projettent sur le chemin au bout duquel elle gagnera sa liberté et son indépendance.

Note : 5/5

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Le langage inclusif : pourquoi, comment, d’Éliane Viennot

Le langage inclusif : pourquoi, comment. Petit précis historique et pratique, d’Éliane Viennot, avec une postface de Raphaël Haddad et Chloé Sebagh, Éditions iXe, « Collection xx – y -z », 2018, 143 pages.

L’histoire

La violente polémique ayant surgie en France à l’automne 2017 autour de l’écriture inclusive a conduit Eliane Viennot à élargir la question au « langage inclusif ». L’autrice de Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! expose dans ce petit guide les bonnes raisons de débarrasser la langue des normes et des règles masculinistes pour dire et écrire un monde où chacun·e aurait sa place, à égalité. Les outils existent : l’accord de proximité, les féminins des noms de fonctions, le point milieu, la création de néologismes opportuns, etc., sont autant de moyens détaillés dans ces pages, à la portée de tous·tes.

Note : 5/5

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Pour le droit de vote des femmes, de John Stuart Mill

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Pour le droit de vote des femmes, discours (1867-1871), de John Stuart Mill, traduit de l’anglais (Grande Bretagne) et préfacé par Benoît Basse, Éditions iXe, « Collection la petite iXe », 2018, 124 pages.

L’histoire

Le 20 mai 1867, le Britannique John Stuart Mill prononçait à la Chambre des Communes un discours resté dans les annales, car, chose jusqu’alors inouïe, il réclamait l’extension du droit de vote aux femmes.
Traduits pour la première fois en français, les trois autres discours de ce recueil attestent la constance de son engagement féministe. Mill pourfend les arguments conservateurs sur la prétendue incapacité des femmes à exercer d’autres fonctions que domestiques ou leur manque d’intérêt pour les affaires publiques. Partisan de l’égalité des sexes, il plaide pour un partage des responsabilités civiles et politiques, soutient que les différences observables entre les deux sexes sont le produit de l’histoire et de la domination masculine.
Homme de son temps, Mill croyait en la dynamique du progrès moral et pensait sincèrement que la victoire était à portée de main. Il aurait été consterné d’apprendre que son pays n’accorderait le droit de vote aux femmes qu’en 1928, plus de soixante ans après son discours historique au Parlement.

Note : 5/5

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Eleni Varikas : pour une théorie féministe du politique

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Eleni Varikas : pour une théorie féministe du politique, coordonné par Isabelle Clair et Elsa Dorlin, Éditions iXe, 2017, 272 pages.

L’histoire

Philosophe et polyglotte, Eleni Varikas explore la dimension politique de la domination – la sujétion des femmes et des esclaves, leur exclusion de la démocratie, la naturalisation des inégalités et des oppressions. Faisant du genre un « concept voyageur », elle travaille sur la modernité avec Locke et Adorno, Virginia Woolf et Hannah Arendt, Donna Haraway et Angela Davis. Ce recueil invite à repenser le concept d’universalisme à la lumière de l’infériorisation des femmes, et celui de la liberté moderne à la lumière de l’esclavage et de la colonialité. Les textes sont tour à tour présentés par Michelle Perrot, Toni Negri, Catherine Achin, Elsa Dorlin, Martine Leibovici, Michaël Löwy, Keith McLelland et Sonya Dayan-Herzbrun.

Note : 5/5

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Femmes et esclaves : L’expérience brésilienne 1850-1888

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Femmes et esclaves : L’expérience brésilienne 1850-1888, de Sonia Maria Giacomini, traduit du portugais (Brésil) par Clara Domingues, préfacé par Arlette Gautier et Mariana Oliveira dos Santos, Éditions iXe, 2016 (VO : 1988 puis réédition en 2013), 160 pages.

L’histoire

Femmes et esclaves reste à l’heure actuelle encore un ouvrage pionnier. Publié pour la première fois en 1988, réédité depuis à deux reprises, il porte sur une période qui va de la fin de la traite négrière (1850) à l’abolition tardive de l’esclavage (1888). L’analyse de matériaux bruts – textes et propositions de loi, articles de presse et petites annonces de vente ou de location d’esclaves –, étayée par la lecture d’ouvrages plus récents sur l’histoire de l’esclavage, livre en creux un tableau cruel de la vie des femmes esclaves.
Sonia Maria Giacomini examine les tensions inhérentes à leurs rôles sociaux et s’attelle à déconstruire les mythes entretenus par l’historiographie nationale sur la mansuétude propre à l’esclavage brésilien. Elle donne aussi à voir certaines des racines historiques de la situation actuelle des femmes au Brésil, en particulier des femmes noires appartenant aux classes pauvres. Son travail est une contribution importante à l’histoire des femmes exploitées. Ainsi qu’elle l’explique dans l’Introduction à l’ouvrage : « D’une manière générale, les historiens ont fait disparaître, consciemment ou non, le rapport de classe, et présenté l’esclave, et surtout la femme esclave, comme un membre supplémentaire de la grande famille patriarcale. En réalité, c’est un “double silence” qui se joue là. Au silence sur les femmes en général (“l’histoire est masculine”), s’ajoute le silence sur les classes exploitées (“l’histoire est l’histoire des classes dominantes”). »

Note : 5/5

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