Bilan Challenge des Classiques 2015

L’année se termine et avec elle le Challenge des classiques 2015 ! Je suis bien contente d’être arrivée jusqu’au bout et cela m’a permit de continuer à piocher dans ma pile à lire. Tout cela en découvrant des classiques dont j’avais entendu parler depuis bien longtemps en pensant les lire un jour. Bon, je me rends compte que je suis restée un peu dans les mêmes genres, surtout dans la littérature française et britannique d’ailleurs. Pour faire le bilan, j’ai lu ces douze livres dans le cadre du challenge :

Le Challenge continue pour l’année 2016, mais je ne vais pas continuer pour l’instant… Principalement parce qu’il ne me reste plus beaucoup de classiques dans ma pile à lire (qui a sacrément diminué depuis le début de l’année, mais je reviendrai là-dessus bientôt) et que je préfère me concentrer sur le reste pour l’instant. Je continuerai tout de même à lire et chroniquer des classiques en revanche !

Oscar Wilde

J’avais déjà fait une chronique sur L’importance d’être constant à l’occasion du Challenge des classiques pour le mois d’octobre et ça m’a tellement plu, que j’en ai profité pour lire quelques autres pièces de cet auteur, rassemblées dans le recueil que j’ai.

Quand j’ai découvert ce classique : À la lecture de L’importance d’être constant, puisque je l’ai lu dans un recueil de plusieurs pièces, j’ai appris l’existence des autres ! En l’occurrence, L’Éventail de Lady Windermere, Une femme sans importance et Un mari idéal.

Pourquoi j’ai décidé de le lire : J’avais le livre en main, j’avais déjà beaucoup apprécié ce que j’avais pu lire d’Oscar Wilde, c’était donc l’occasion de continuer sur ma lancée.

Qu’est ce qui en fait un classique : Je ne suis pas sûre que toutes ces pièces soient au même « rang » en ce qui concerne les classiques, peut-être certaines sont plus connues ou ont eu plus de succès que d’autres. Leur auteur est probablement la cause de ce statut, en plus d’être des critiques tout à fait justes sur la société victorienne de l’époque.

Ce que j’en ai pensé : Je m’attendais à ce que ça me plaise, étant donné ce que j’avais pensé de L’importance d’être constant et ce fut définitivement le cas. Les trois pièces ont toutes des sujets différents mais qui se recoupent : la corruption de la politique pour Un mari idéal, avec des personnes qui font autant de chantage qu’ils peuvent afin d’obtenir plus d’argent, plus de pouvoir. Dans Une femme sans importance, l’irresponsabilité de certains « gentlemen » (bien vus de la société par ailleurs), qui n’assument pas leurs actions – voire leurs enfants – est la critique principale. Enfin, L’Éventail de Lady Windermere s’attache plus précieusement à la honte que peuvent ressentir les femmes dans une telle société, pour des raisons qui ne sont pas toujours de leur fait. Dans les trois pièces, on retrouve le même ton sarcastique, les mêmes personnages ridicules qui pensent tout savoir et surtout, le même regard éclairé sur la position des femmes dans la société de l’époque et l’omniprésence de la corruption dans les sphères politiques.

Restera-t-il un classique : Certaines pièces plus que d’autres, probablement.

À qui le recommanderais-je : Si la période victorienne vous intéresse, vous apprécierez certainement ces pièces ! Autrement, les quiproquos et l’humour des pièces restent un plaisir à lire.

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Molière

molierePour ce challenge des classiques, j’ai décidé de (re)lire certaines pièces de Molière, en l’occurrence Les femmes savantes, Le malade imaginaire et Les précieuses ridicules. Des comédies donc qui ont atteint leur but en me faisant bien rire !

Quand j’ai découvert ce classique : Il me semble avoir découvert et commencé à lire Molière au collège, j’ai peut-être continué au lycée mais c’est vrai que cela fait bien longtemps que je n’avais pas touché ses pièces. Cela dit, cela fait un moment que j’ai pour projet d’aller voir une des pièces jouée si j’en ai l’opportunité.

Pourquoi j’ai décidé de le lire : Justement parce que j’ai en tête d’aller voir une des pièces prochainement, mais aussi parce que j’avais trouvé ce recueil des trois pièces dans une brocante et que ça faisait de nombreux mois qu’il trônait dans ma bibliothèque… C’est une raison qui revient souvent mais après tout, j’utilise beaucoup ce challenge pour avancer dans ma pile à lire, particulièrement dans les classiques.

Qu’est ce qui en fait un classique : Molière était l’un des dramaturges français les plus connus il me semble, ses pièces sont donc des classiques. D’autant qu’il a pas mal modifié et influencé le théâtre français, et conséquemment, ce qui a été fait par la suite.

Ce que j’en ai pensé : J’ai beaucoup rit, non seulement des malentendus et quiproquos que Molière nous présente, mais surtout pour sa critique d’une société qui encourage la sauvegarde des apparences sans jamais aller dans la profondeur ou même écouter les autres. C’est simple : pour les trois pièces en question, si les personnages écoutaient et respectaient les choix des autres, les intrigues n’auraient pas lieu d’être.

Restera-t-il un classique : Oui.

À qui le recommanderais-je : Quiconque veut rire un peu : ça se lit vite et c’est suffisamment distrayant pour qu’on n’ait pas le temps de s’ennuyer.

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L’importance d’être Constant, Oscar Wilde

Couverture The Importance of Being EarnestQuand j’ai découvert ce classique : Probablement en licence, mais j’en savais très peu jusqu’à cette année, puisque j’ai regardé le film de 2002 avec Colin Firth et que c’était un régal.

Pourquoi j’ai décidé de le lire : Parce que j’ai beaucoup aimé le film, que je voulais voir de quoi la pièce retournait et puis, j’apprécie la plume d’Oscar Wilde. Jusqu’ici je n’ai lu que Le portrait de Dorian Gray et c’était l’occasion de découvrir un tout autre genre de cet auteur.

Qu’est ce qui en fait un classique : L’auteur joue ici avec beaucoup de lieux communs du théâtre, comme les quiproquos, et les pousse jusqu’à leur extrême pour un faire un pièce hilarante, qui est également très critique de son époque. Certaines critiques sont tout aussi valables de nos jours, ce qui aide probablement la postérité de l’œuvre.

Ce que j’en ai pensé : Un régal. Après le film, j’avais une petite idée de ce dans quoi je me lançais et je me suis d’ailleurs rendu compte que le film est une très bonne mise en scène. De mon point de vue du moins. Pour revenir à la pièce de théâtre, elle est tout bonnement hilarante. C’est court, rafraîchissant et présente un point de vue sarcastique de la société victorienne, que Wilde prenait grand plaisir à remettre face à elle-même.

Les personnages s’emmêlent en essayant d’éviter leurs responsabilités et de continuer leurs tromperies, jusqu’à ce que ces dernières soient découvertes. Il s’agit alors de réparer les pots cassés et de faire des courbettes pour se faire pardonner, en cherchant des solutions toutes plus farfelues les unes que les autres. Enfin, les problèmes se résolvent grâce à un mystère résolu et la pièce se termine en feu d’artifice. On n’a pas le temps de s’ennuyer.

Restera-t-il un classique : Oui.

À qui le recommanderais-je : Tout le monde. Sérieusement, c’est court et un bon moment à passer.

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Dracula, de Bram Stoker

28.09.15 DraculaUn classique que je voulais lire depuis bien longtemps, et qui trône d’ailleurs sur mon étagère depuis deux ou trois ans… Une lecture pleine de surprise, malgré sa légende connue de beaucoup.

Quand j’ai découvert ce classique : Dracula en tant que livre, probablement pendant mes années de collège / lycée mais même avant ça, difficile de passer au travers de la légende des vampires et du plus célèbre d’entre eux, le Comte Dracula.

Pourquoi j’ai décidé de le lire : Ça faisait bien longtemps que je voulais découvrir le livre qui avait – plus ou moins – été à l’origine de tant de légendes et de mythes, de nos jours omniprésents dans la pop-culture. J’en entendais beaucoup de bien aussi et une de mes profs de fac était très enthousiaste à propos de ce livre, il fallait à tout prix que je vois de quoi il en retournait !

Qu’est ce qui en fait un classique : Le vampire, et plus précisément « Dracula » doit être l’une des figures littéraires / légendaires les plus connus, du moins dans le monde occidental – je ne suis pas sûre pour le reste du monde. Bien sûr, l’histoire connue aujourd’hui ne correspond souvent pas exactement à celle du roman, mais le scénario a été assez repris, sous forme de livres, pièces de théâtre, films et séries, pour prouver qu’il a son importance dans la culture littéraire.

Ce que j’en ai pensé : Un vrai plaisir. Je pensais connaître l’histoire de Dracula, parce que j’avais vu certains films et que j’avais entendu parler du personnage historique qui avait inspiré le roman. Mais en fait, je ne connaissais que vaguement le personnage de Dracula, celui de Van Helsing et puis pas grand chose. J’ai été donc agréablement surprise de découvrir beaucoup de personnages dont je n’avais pas – ou peu – entendu parler et j’affectionne particulièrement d’avoir accès aux pensées de ces divers personnages grâce à leurs journaux. J’aime les récits avec différents points de vue et j’ai été gâtée avec Dracula.

L’histoire est aussi bien plus dense et complexe que ce que je ne pensais – mais de façon tout à fait positive. Les personnages ne se connaissent pas dès le début du roman et ils se rencontrent par la force des choses, pour vaincre leur ennemi commun. Bien sûr, aucun suspense lors de la première partie du récit, qui consiste à donner des indices au compte-goûte pour faire savoir au lecteur que le coupable est un vampire. Mais ça permet de justement faire attention à tous les détails : Bram Stoker n’écrit pas seulement un récit fantastique, il s’agit aussi d’une enquête. Pour découvrir quel mal ronge Lucy Westenra tout d’abord, puis pour trouver le Comte. Un récit qui tient en haleine !

Restera-t-il un classique : Je dirais que oui, sans hésitation

À qui le recommanderais-je : Toutes personnes intéressées par le mythe des vampires et les récits qui mêlent fantastique, aventure et policier.

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Anne… la maison aux pignons verts, de Lucy Maud Montgomery

Anne of Green GablesPour le mois d’août, un classique de la littérature canadienne cette fois-ci ! J’ai écouté le livre audio, en anglais et lu par Shelley Frasier : un régal. Je reparlerai certainement à l’occasion de ma passion pour les livres audio, particulièrement lorsque le·la comédien·ne est aussi talentueux·se.

Quand j’ai découvert ce classique : Très récemment, je ne suis pas sûre que ce classique soit si répandu en France de nos jours, j’en ai seulement entendu parler cette année, sur Tumblr où je suis les blogs de pas mal d’anglophones, américains, canadiens et australiens. J’ai vu passer de nombreuses fois ce livre donc je m’y suis intéressée. Et j’ai eu bien raison !

Pourquoi j’ai décidé de le lire : Il était sur ma liste à lire, et je ne faisais qu’en entendre du bien sur les blogs que je lis, donc je n’ai pas pu résister.

Qu’est ce qui en fait un classique : Le livre a beau avoir été écrit il y a un siècle, je pense qu’il peut encore résonner chez beaucoup de personnes. Je ne peux pas en dire plus, je n’en connaissais pas l’existence avant cette année…

Ce que j’en ai pensé : L’histoire se lit (ou s’écoute) très facilement, le langage est simple et on n’a pas le temps de s’ennuyer : l’héroïne, Anne, est toujours prête à faire des bêtises ! Mais involontairement, bien sûr, et jamais la même bêtise deux fois puisqu’elle apprend de ses erreurs. Beaucoup de moments sont très amusants voire hilarants, particulièrement les réactions naïves d’Anne à ses propres bêtises. Anne… la maison aux pignons verts rentre probablement dans la catégorie du Bildungsroman, ou roman d’apprentissage, puisque le lecteur assiste à la croissance d’Anne, que cette dernière soit physique ou mentale. Le roman commence sur une enfant à l’imagination débordante et à la langue bien pendue, puis termine sur une « adulte » (pour l’époque du moins) calme et posée.

Quelques idéologies sont un peu dépassées mais allaient avec leur époque, voire semblent plutôt progressistes pour le début du siècle, notamment concernant la place de la femme. Anne est encouragée à poursuivre ses études, là où certaines dames du village considèrent que cela est bien impropre pour une femme ! L’histoire reflète les idéologies et les façons de vivre de l’époque et cette « immersion » est tout à fait agréable et l’intrigue n’en est que plus intéressante.

Restera-t-il un classique : Probablement pour un moment, oui ! (Du moins dans les pays anglophones, j’imagine ?)

À qui le recommanderais-je : Quiconque veut passer un bon moment et découvrir l’histoire d’une famille pas tout à fait conventionnelle (Anne est adoptée par Marilla et Matthew, qui sont frère et sœur et ont déjà un certain âge) mais qui fonctionne à merveille.

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La lettre écarlate, de Nathaniel Hawthorne

27.07.15 Lettre écarlate

Pourquoi t’attarder, ne fût-ce qu’un jour, dans les tourments qui rongent ta vie, qui t’ont affaibli et t’ont enlevé toute volonté, qui ne te laissent même plus la force de te repentir ? Allons, debout et à l’œuvre !
Chapitre XVII, traduction de Charles Cestre.

Mon classique du mois de juillet !

Quand j’ai découvert ce classique : Que je me souvienne, à l’université, sans surprise, pendant mes cours de littérature américaine.

Pourquoi j’ai décidé de le lire : J’en avais beaucoup entendu parler évidemment donc je voulais savoir de quoi il en retournait, et j’ai trouvé une copie d’occasion d’une traduction française. Même si je préfère largement lire en langue originale quand c’est en anglais (c’est-à-dire quand je peux…), j’étais curieuse de voir comment les références à la lettre A et aux mots auxquels elle correspond avaient été traduites.

Qu’est ce qui en fait un classique : Sa portée universelle probablement, puisque le livre traite de sujets bien connus : la différence, le jugement des autres, la vengeance, le “pêché” et le pardon.

Ce que j’en ai pensé : Du fait d’en avoir étudié le sujet avant de le lire, je connaissais déjà l’intrigue principale et tout ce que la lettre A et les personnages pouvaient symboliser, ce qui a forcément influencé ma lecture. J’ai plutôt apprécié l’intrigue, même si ce n’est pas mon livre ou même mon classique préféré. L’histoire est travaillée, l’auteur nous donne des pistes pour faire sens de ce qui se passe et du “mystère”. J’apprécie beaucoup le fait que l’histoire corresponde à deux époques différentes et auxquelles on peut trouver certaines ressemblances.

Restera-t-il un classique : Je n’en doute pas.

À qui le recommanderais-je : Toutes personnes que ça intéresse bien entendu, mais particulièrement si vous appréciez les histoires faussement vraies (comme Les liaisons dangereuses) où le narrateur / “auteur” prétexte avoir trouvé des documents qui attestent ou contiennent l’histoire qui va suivre.

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Les Métamorphoses, d’Ovide

Europe et Jupiter
Europe et Jupiter, de Nöel-Nicolas Coypel. 1726-1727. Europe est emmenée par Jupiter sous la forme d’un taureau blanc. Crédits : Domaine public.

Mon classique du mois de juin ! J’ai bien cru ne pas réussir à le terminer dans les temps, et sa lecture a empiétée sur par mal d’autres livres que je comptais lire ce mois mais j’ai été particulièrement lente à lire.

Quand j’ai découvert ce classique : Que je me souvienne, au lycée en Terminale – on étudiait Roméo et Juliette de Shakespeare et on l’a comparé avec d’autres amants « maudit », dont l’histoire de Pyrame et Thisbé, contée pour la première fois par Ovide dans ses Métamorphoses.

Pourquoi j’ai décidé de le lire : J’ai toujours adoré les mythologies, particulièrement les mythes greco-romains donc j’avais particulièrement envie d’en lire une des sources principales, la source écrite de plusieurs mythes et de nombreuses histoires contemporaines.

Qu’est ce qui en fait un classique : Comme dit plus haut, ce livre est à la base de nombreux autres et fait partie de la littérature classique donc de toutes façons c’est littéralement un classique.

Ce que j’en ai pensé : C’est dense. Très dense et c’est l’une des raisons pour laquelle j’ai mis autant de temps à le terminer. Le fait que ce soit divisé par histoire (qui correspondent souvent à des personnages particuliers) permet tout de même d’avoir des passages plus clairs et plus faciles à lire que d’autres. Principalement, le texte est composé d’une multitude de références qui font que les choses peuvent être très difficiles à comprendre. Notamment lorsqu’un personnage n’est pas appelé par son nom mais par ses ancêtres / sa descendance / ses exploits et que si on n’est pas au courant de tout ça, on a du mal à savoir de qui on parle (par exemple « la déesse du Triton » ou « le fils de Saturne » – sachant qu’il en a pas mal…).

De même, le livre conte, comme son nom l’indique, des métamorphoses mais il est parfois difficile d’identifier ce qui se passe si on n’est pas ornithologue (parce qu’il y a beaucoup de transformations en oiseaux et que les descriptions m’ont été plutôt inutiles ; heureusement que les notes étaient plus explicites). Par contre, il s’agissait de notes de fin et autant je comprends qu’elles aient l’avantage de ne pas perturber la lecture de quelqu’un qui ne souhaiterait pas les lire, autant leur lecture est tout sauf pratique ! La narration est un peu floue à certains moments puisque le narrateur utilise à la fois la troisième personne pour parler des personnages, mais aussi des adresses directes avec la deuxième personne, du singulier ou du pluriel. Bref, encore quelque chose qui ne facilite pas la lecture. Pour rendre la confusion plus grande encore, parfois les noms grecs sont utilisés dans le texte courant mais dans les notes, il s’agit des noms latins… Quelque chose qui se justifie difficilement selon moi, j’espère que c’est la seule édition à faire un tel méli-mélo sans même proposer une annexe avec les équivalents des noms.

Enfin, malgré tout ça, le livre offre ce que le titre promet : de nombreuses métamorphoses, avec une insistance toute particulière pour la nature, animaux, arbres, fleurs… Avec ceci, les femmes passent leur temps à se frapper la poitrine d’une main ou des deux, s’arrachent également les cheveux, se sacrifient et sont souvent punies pour les crimes d’autres personnes / Dieux, et particulièrement pour les méfaits des hommes. Bref, c’était pas un bon moment pour les dames.

Restera-t-il un classique : Absolument.

À qui le recommanderais-je : Toute personne intéressée pour connaître l’origine de nombreuses histoires (notamment la Bible), de la mythologie greco-romaine et qui souhaite remonter aux sources.

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De Grandes Espérances, de Charles Dickens

15.05.21 Great ExpectationsJ’ai décidé de participer au challenge 2015 de Pretty Books, qui consiste à lire un classique de la littérature par mois. En effet, j’ai l’impression d’être passé à côté de pas mal de classiques dans ma scolarité et mes études et il me semble intéressant de s’attarder sur ces livres pour comprendre bon nombre de références, ainsi que les influences qu’ont pu avoir ces histoires classiques sur les auteurs suivants, voire contemporains. Jusqu’ici, j’ai participé au challenge de manière officieuse, en lisant un classique dans mon coin mais il est temps de sortir de sa bulle et de participer plus activement !

Pour le mois de mai donc, j’ai lu Great Expectations (De Grandes Espérances) de Charles Dickens. Pour en parler, je vais suivre le « questionnaire » donné par Pretty Books, traduit en français :

Quand j’ai découvert ce classique : Il y a quatre ans il me semble, quand je l’ai acheté puisqu’il était au programme de ma troisième année de licence d’anglais, mais au final je n’en ai pas su plus puisque cette année là je suis partie en Erasmus et j’ai lu tout autre chose. Pendant ma dernière année de master, j’ai découvert d’autres œuvres de Dickens en revanche.

Pourquoi j’ai décidé de le lire : Premièrement, parce qu’il fait partie des nombreux livres qui s’empilent sur mes étagères depuis quelques années, sans que je les lise. Et je l’ai tiré au sort ce mois-ci. En plus, j’ai eu l’occasion de beaucoup travailler une œuvre particulière de Dickens (A Holiday Romance, qui pour une raison qui m’échappe, n’est pas traduite en France) pour mon mémoire et j’avais très envie de voir cet auteur à l’œuvre dans un genre tout à fait différent.

Qu’est ce qui en fait un classique : Je ne suis pas certaine de pouvoir donner une réponse scientifique à cette question, mais l’auteur est l’un des écrivains les plus connus et les plus talentueux de l’époque victorienne, et il parvient merveilleusement bien à retranscrire l’ambiance de l’époque, ses difficultés, ses différentes classes et les motivations de ses personnages. Great Expectations fait bien partie de ces romans là.

Ce que j’en ai pensé : J’ai beaucoup aimé. Avant de commencer à lire Dickens, je pensais ne jamais aimer puisque, dans ma tête, il s’agissait du Balzac britannique (et j’avais détesté Balzac). Quand j’ai commencé à travailler sur certains de ses textes, je me suis rendu compte qu’en fait il parvient à créer tout un monde et une pléthore de personnages, que tout semble séparer mais dont les chemins se croisent finalement. En plus, tout se passe à l’époque victorienne et étant très intéressée par cette période, ça fait un point en plus. Après, je ne pense pas que Great Expectations soit le meilleur roman de Dickens, mais il m’a plu quand même. Le personnage principal, Pip, est tout de même beaucoup trop fade à mon goût.

Restera-t-il un classique : Probablement ?

À qui le recommanderais-je : Quiconque ne craint pas les livres un peu épais, et apprécie un monde victorien bien construit et une intrigue bien menée qui relie plusieurs personnages.

Petit bonus, mes classiques mensuels depuis début 2015 (de janvier à avril donc) :

  • Of Mice and Men (Des souris et des hommes) de John Steinbeck ;
  • Œuvres choisies I de Diderot ;
  • Rhinocéros de Ionesco ;
  • Le Château des Carpathes de Jules Vernes.

Des souris et des hommes, de John Steinbeck

Couverture Of Mice and MenDans un genre tout à fait différent des deux livres précédents, Of Mice and Men (Des souris et des hommes) de John Steinbeck est un classique de la littérature américaine. Cela fait plusieurs années qu’il attend dans ma bibliothèque, puisqu’il était question de l’étudier en deuxième année de licence si je ne me trompe pas, mais finalement ça ne s’est pas fait. C’est le premier livre de Steinbeck que je lis et je dois avouer que j’avais quelques réticences à le faire, particulièrement après avoir appris qu’il avait tout bonnement volé l’idée de The Grapes of Wrath (Les raisins de la colère) à Sanora Babb (source). Pour faire court, cette journaliste faisait des recherches pour écrire un livre et envoya certains de ses rapports à son patron, Tom Collins, qui montra ces derniers à Steinbeck – sans la moindre autorisation de Babb. Steinbeck utilisa les rapports pour écrire son livre, publié en 1939 et pour lequel il reçu le prix Nobel. Sanora Babb ne put publier son livre puisqu’une fois terminé, on lui annonça que le marché ne pouvait pas recevoir un autre livre sur le même sujet. Son livre, Whose Names are Unkown, ne fut publié qu’en 2004 et n’est pas, à ma connaissance, traduit en français.

Bref, je n’étais pas trop emballée, mais j’avais le livre sous la main et c’était un classique, donc pourquoi pas. Je ne regrette pas du tout. Je ne connaissais rien à l’histoire (ou j’avais oublié le peu qu’on m’en avait dit, peu importe) mais c’était évident dès le début que quelque chose de malsain se tramait. Le genre de pressentiment (tout contrôlé par Steinbeck avec les allusions tout au long du livre qui ne présagent rien de bon) qui vous accroche au livre, tout en redoutant la suite. Un peu comme un enfant qui regarderait un film d’horreur avec les mains devant les yeux, mais les doigts écartés.

Les personnages principaux sont attachants, dans leur témoignage de la rudesse de la vie à l’époque pour ces jeunes gens qui allaient de ferme en ferme pour gagner quelques sous. Bien sûr, ils persistent et se créent leur propre rêve américain : économiser assez pour avoir leur propre terre et ne travailler que pour eux. Avec des lapins, que Lennie pourra caresser du matin au soir. Au fur et à mesure de la lecture, on se rend compte que ce rêve n’est probablement que cela, une fantaisie, un songe intouchable. Naïvement, on espère qu’ils y parviennent. La fin tombe comme un couperet. En même temps, aucune autre n’aurait été possible et elle fonctionne parfaitement (ce qui fonctionne beaucoup moins, c’est d’avoir la larme facile comme moi et de lire la fin du livre dans le bus…).