Loup, de Nicolas Vanier

Loup Nicolas VanierJ’aime énormément les loups, il était donc difficile pour moi de résister quand j’ai vu ce livre, d’autant que contrairement à de nombreux autres, les loups n’y sont pas décrits comme des tueurs sanguinaires. Le livre a été adapté en film en 2009 sous le même titre, Loup. Si je ne me trompe pas, on ne retrouve pas tout le roman dans le film, seulement la première, éventuellement la deuxième partie sur les quatre du livre. Mais il s’agit, selon moi, du meilleur du livre.

Nous suivons donc les aventures de Serguei, fils du chef d’un clan qui vit dans le désert de Sibérie de l’élevage de rennes. Les loups sont donc un danger à éliminer quand ils s’approchent des troupeaux puisque chaque renne perdu représente moins de nourriture et moins de matière première pour les vêtements et les outils. Le jeune Serguei, en revanche, ne peut s’empêcher de s’attacher à la meute qu’il rencontre et de jouer avec les louveteaux jusqu’à ce qu’il fasse, plus ou moins, partie de la meute à son tour. Ce secret n’est pas des plus simples à conserver mais si son clan savait, nul doute qu’il serait renié et banni.

Le livre montre donc, avec beaucoup d’aptitude, le comportement des loups face à l’homme qu’il n’a jamais rencontré, mais aussi le quotidien des Évènes, qui vivent avec un grand respect de la nature et avec des coutumes toutes plus intéressantes les unes que les autres. Je n’en sais que peu sur ce peuple, j’espère donc pouvoir croire ce que Nicolas Vanier dépeint. J’ai particulièrement apprécié les quelques mots évènes placés dans le texte. Enfin, le roman montre également le danger auquel ce peuple fait face : l’arrivée des occidentaux qui n’ont aucun respect pour leur Sibérie orientale et qui sont prêts à tout pour faire du profit ou simplement s’amuser. Détruire des forêts, chasser les mouflons ou les loups pour des trophées… rien ne semble pouvoir les arrêter.

Le roman se lit très facilement, mon seul reproche serait que la fin semble un peu bâclée : elle est beaucoup moins travaillée que le reste du roman et tout se passe beaucoup plus rapidement qu’au début. Un changement de rythme qui surprend et qu’on regrette un peu.

Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier

Couverture Où on va papa ?

Où on va papa ? est le récit personnel de l’auteur, Jean-Louis Fournier, sur son expérience de père de deux garçons handicapés. Il raconte son sentiment de malchance initial à la naissance de son premier garçon, puis son espoir grandissant à la naissance du second qui paraît, selon ses propres mots « normal ». Après tout, quelles seraient les chances pour qu’il ait deux enfants handicapés ? Malheureusement, plus tard, le constat du médecin est sans appel, le deuxième garçon n’aura pas non plus une vie « normale ».

On pourrait s’attendre à ce que l’auteur donne dans le pathos – à juste titre me semble-t-il – et pourtant, son écriture n’a rien d’artificiel. Le livre est court, dans son nombre de pages mais également dans sa forme : les phrases sont courtes, le récit est espacé comme s’il s’agissait d’entrées dans un journal, ou de simples notes sur sa vie et celle de ses enfants. Tout sonne vrai, parfois avec une certaine brutalité, notamment quand il imagine que la nounou a jeté les garçons par la fenêtre, ou quand il se fantasme lui-même mettre fin à leurs jours aphasiques. Ces passages sont assez horrifiants, mais il semble difficile de juger un homme qui traverse tant de douleurs et de déceptions, et qui aime toujours ses enfants malgré tout.

Comme dans tous les récits autobiographiques ou personnels, on se sent voyeur, comme si on entrait dans un monde où nous n’avons pas notre place, la sphère privée de quelqu’un. En même temps, cet auteur se confie, donne à lire son expérience et son vécu comme un témoignage.

Tendres Dragons

Couverture du livre Tendres Dragons
Tendres Dragons, Sylvie Chausse et Philippe-Henri Turin, Belin, 2007. ISBN: 978-2-7011-4511-2

J’ai rencontré ce livre pour la première fois lors du salon du livre jeunesse « Grains de sel » d’Aubagne en novembre dernier. Dans le cadre de mon master, je devais travailler comme libraire tout au long du salon, ce qui comprenait donc l’installation des stands, tenir un stand pendant les quatre jours et enfin faire les palettes de livres pour les retours, à la fin du salon. Je m’occupais du stand de l’éditeur Belin, et j’ai eu donc l’occasion de lire quelques ouvrages de leur catalogue, et tout particulièrement, de tomber amoureuse de Tendres Dragons. Le livre était sous cellophane au début, mais j’ai fini par en ouvrir un pour pouvoir montrer aux visiteurs la beauté de la chose, et à partir de là, les exemplaires sont partis comme des petits pains. J’étais en même temps contente d’avoir pu donner envie aux gens de l’acheter, et déçue qu’il n’en reste plus que je puisse acheter (et ainsi profiter des réductions qui nous étaient offertes puisqu’on travaillait pour le salon).

Finalement, la responsable des éditions Belin qui est passée voir mon stand était satisfaite du travail que j’avais fait, et du coup elle m’a envoyé un exemplaire ! Je m’attendais à ce que ce soit un chef d’œuvre, puisque je trouvais les dessins magnifiques, et je n’ai pas été déçue. Au contraire, le livre a réussi à m’impressionner d’autant plus par ses textes, pleins d’humour et de dérision. Les illustrations sont si détaillées et complexes, qu’on peut passer plusieurs minutes sur chacune d’entre elles à chercher tous les détails cachés.

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