Bernadette a disparu, de Maria Semple

Where'd you go Bernadette

Titre : Bernadette a disparu (Where’d You Go, Bernadette)
Auteur : Maria Semple
Nombre de pages : 292
Date de publication : 2012
Synopsis : La mère de Bee a disparu. Pour la retrouver il faut réunir les pièces du puzzle : lettres, emails, témoignages… En chemin, on découvre combien Bernadette est fantaisiste, névrosée, féroce et fragile, et surtout combien sa fille l’adore et la comprend.

Avis : ★★★★★

Conseillé par ma librairie anglophone préférée, ce livre est avant tout un petit bijou artistique (dans la version originale du moins, aucune idée pour la traduction en français) : la couverture est pleine de couleur et attire le regard de façon, certes un peu excentrique, mais ça fonctionne ! Et je trouve que ça correspond énormément au personnage de Bernadette (j’essaie de pas critiquer ce genre de choses mais vraiment, on perd tellement avec la couverture française… et la traduction du titre. Bref). Je l’ai lu sur Kindle donc j’ai perdu tous les jeux de typographie que j’avais pu voir sur l’imprimé : comme différents médiums sont reportés (lettres, mails, interviews…), différentes polices de caractères et mises en page sont utilisées.

Poursuivre la lecture de « Bernadette a disparu, de Maria Semple »

Cheval de guerre, de Michael Morpurgo

22.06.15 War Horse

Titre : Cheval de guerre (War Horse)
Auteur : Michael Morpurgo
Nombre de pages : 182
Date de publication : 1982
Synopsis : Été 1914. Dans la ferme de son père, en Angleterre, Albert grandit en compagnie de son cheval, Joey.
En France, la petite Emilie joue dans un verger avec ses frères, alors qu’en Allemagne, Friedrich travaille comme à l’accoutumée dans sa boucherie. Pendant ce temps, des armées se préparent à s’affronter dans le cauchemar de la guerre.
Dès lors, le destin de Joey est tracé. Vendu aux soldats anglais, il partagera leur existence et leur lutte pour survivre dans l’enfer des champs de bataille. Albert et Joey se reverront-ils ?

Note : 4 / 5
Avis : Je voulais absolument lire le livre avant de voir l’adaptation cinématographique, et j’ai bien fait puisque beaucoup de choses sont différentes et comme souvent, je préfère le roman. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà lu des livres avec des animaux pour narrateurs donc c’était une première que j’ai beaucoup appréciée. La narration est d’ailleurs très joliment construite pour permettre au lecteur de comprendre l’histoire tout en collant au point de vue de Joey. J’approuve aussi beaucoup de la façon dont est présentée la guerre, sans qu’aucun soldat, quelque soit sa nationalité, soit déshumanisé. Une des scènes qui m’a le plus marquée à ce titre est le moment où Joey se retrouve coincé dans le « No man’s land » et deux soldats, l’un allemand et l’autre britannique, ont un échange humain et plutôt raisonnable pour savoir de quel côté des tranchées Joey ira. Tout en ayant une fin heureuse, qui convient bien au jeune public visé, le roman n’est pas tout rose et présente plusieurs sujets de taille comme la guerre (et donc la mort), la maladie et la cruauté humaine. Un classique qui le restera certainement pendant longtemps.

God Save la France, Stephen Clarke

15.05.23 A Year in the Merde

Titre : God Save la France (original : A Year in the Merde)
Auteur : Stephen Clarke
Nombre de pages : 383
Date de publication : 2004
Synopsis :

Les tribulations d’un Anglais au pays des déjections canines, des suppositoires et des grèves-surprises.
Nom: Paul West Âge: 27 ans. Costume: Paul Smith. Langue française: niveau très moyen. Fonction: jeune cadre dynamique promis à un grand avenir. Occupation: déjouer les pièges potentiellement désastreux du quotidien français. Ambition: qu’un jour un garçon de café vienne le servir quand il le hèle. Hobbie: lingerie féminine. Signe particulier: Paul West serait le fruit d’un croisement génétique entre Hugh Grant et David Beckham. «God save la France», c’est aussi la formidable histoire de Stephen Clarke. Ce journaliste vivant en France depuis dix ans a écrit par charité pour ses compatriotes ce petit guide de survie de l’expatrié en France qu’il imprima à 200 exemplaires et mit en vente sur son site Internet. D’abord remarqué par quelques libraires et quelques journalistes, un éditeur anglais en acquit les droits. Aujourd’hui, God save la France est un best-seller au Royaume-Uni qui a déjà fait rire plus d’un million de lecteurs.

Avis : ★★★★✩
Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu une lecture aussi prenante, mais God Save la France (ou A Year in the Merde en anglais) est un vrai plaisir, plein d’humour et d’auto-dérision. On sent bien que cette histoire ne sort pas de nul part et que l’auteur a vécu la plupart des aventures qu’il imagine ici pour Paul West. Stephen Clarke pointe du doigt de nombreux défauts de la France et peut-être plus particulièrement de Paris pour certaines choses, mais jamais avec méchanceté il me semble. Ce serait d’ailleurs bien hypocrite de la part de l’auteur et du personnage puisque tous deux continuent à vivre en France malgré tout. Je ne sais pas ce qu’il en est de la traduction en français, mais pour la version originale, j’ai trouvé qu’il était d’autant plus intéressant de connaître à la fois l’anglais et le français, puisque le personnage rapporte parfois des paroles “françaises” (avec un accent anglais terrible) qu’il est difficile de déchiffrer en connaissant le français alors je n’imagine même pas sans ! Et puis, ça permet également de comparer un peu les expériences et de voir comment des choses de notre quotidien, qu’on ne questionne même pas, peuvent paraître différentes voire bizarres pour un étranger.

J’avais envie d’une lecture simple et distrayante et c’est exactement ce que j’ai trouvé donc je conseille ce livre à toute personne qui ne prend pas trop les Français au sérieux et peut rire de nos défauts !

Mauvaises surprises…

Parfois, il arrive qu’on ait des mauvaises surprises avec nos lectures… Le plus embêtant, c’est quand on a acheté lesdites lectures au prix fort, mais heureusement cette fois-ci, j’avais eu le premier livre gratuit et le second d’occasion.

Ma première déception a été la série Zoé et Chloé tout d’abord, écrite par Sue Limb avec le premier volume « Cherche garçon sachant danser ». Le titre est plutôt révélateur, on comprend bien que ce sont de jeunes (très jeunes, pas dans le genre Young Adult comme Hunger Games) adolescentes visées par ce genre de lecture. Je vous fais l’honneur de citer la quatrième de couverture :

Zoé craque pour le bel Olivier Wyatt, sauf que la première fois qu’il lui adresse la parole, elle se ridiculise pour l’éternité. Chloé, elle, flashe sur Brutus, malgré sa réputation de dragueur impitoyable. Zoé est horrifiée… mais le vrai problème, c’est le Bal Sismique : comment trouver des garçons assez sexy pour les accompagner ? Et pourquoi pas une petite annonce ? Les entretiens d’embauche promettent d’être inénarrables !

(Première fois que je vois ce dernier mot et je comprends pourquoi, « inénarrables » c’est imprononçable et particulièrement ridicule). J’ai pas pu finir le livre d’ailleurs, j’ai pu lire qu’une vingtaine de pages avant d’arrêter. Je voulais voir un peu à quoi ressemblait la littérature disponible pour les adolescent(e)s de nos jours, et ça fait peur. Après, j’essaie de pas juger les livres lus parce que c’est toujours bien d’intéresser les jeunes à la lecture (sauf quand les bouquins transmettent des idées absolument dangereuses…). Mais bon, présenter les adolescentes de douze ans comme des fofolles qui sont seulement intéressées par les garçons et le « Bal Sismique » (sérieusement ?) reste plutôt limite. Donc visiblement, cette série n’est faite que pour les jeunes filles hétérosexuelles et je trouve ça très réducteur.

Deuxième déception : L’Héritage des signes de Karen Mahoney s’adresse à un public un peu plus âgé mais probablement toujours à des jeunes filles.

Donna n’était encore qu’une enfant quand son père est mort et qu’elle a été blessée lors d’une attaque de créatures fantastiques. Elle a été soignée grâce à la magie, mais ses mains et ses bras sont restés marqués par des tatouages indélébiles. Aujourd’hui, Donna a 17 ans et elle refuse toujours l’héritage magique qui a détruit ses parents. Seule sa relation avec Navin, son meilleur ami, lui donne le goût de vivre. Mais quand des elfes malfaisants s’en prennent à Navin, elle est contrainte de participer à l’affrontement entre les alchimistes et les créatures. Aidée par Xan, un séduisant jeune homme ayant du sang de fée, Donna doit se battre au risque de tout perdre.

Visiblement il doit y avoir un problème de traduction parce que le résumé est une grosse exagération ? En lisant ça, on dirait que Dona est au bord du suicide alors que ce n’est pas le cas (même si elle est absolument mélodramatique comme personnage…). L’Héritage des signes est le premier volume d’une trilogie, et si j’ai réussi à terminer le premier, je ne risque pas de lire la suite. L’histoire est un amas de clichés, de personnages fades et honnêtement de mauvaise narration. Dona passe son temps à dire « Impossible que ce soit aussi simple de faire ceci ou cela » et normalement, c’est à ce moment que les choses se compliquent. Mais ici, non. Elle s’attarde longuement sur ses plans et comment elle compte réussir ses objectifs, puis dire que ce ne sera pas si simple et finalement ça l’est. C’est très naïf et simpliste comme histoire, avec une fin abrupte et des décisions ridicules (du style « et si on s’embrassait pendant que le méchant à côté nous cherche et qu’il risque de nous tuer s’il nous trouve ? »).

En espérant que mes prochaines lectures soient plus satisfaisantes !

De Grandes Espérances, de Charles Dickens

15.05.21 Great ExpectationsJ’ai décidé de participer au challenge 2015 de Pretty Books, qui consiste à lire un classique de la littérature par mois. En effet, j’ai l’impression d’être passé à côté de pas mal de classiques dans ma scolarité et mes études et il me semble intéressant de s’attarder sur ces livres pour comprendre bon nombre de références, ainsi que les influences qu’ont pu avoir ces histoires classiques sur les auteurs suivants, voire contemporains. Jusqu’ici, j’ai participé au challenge de manière officieuse, en lisant un classique dans mon coin mais il est temps de sortir de sa bulle et de participer plus activement !

Pour le mois de mai donc, j’ai lu Great Expectations (De Grandes Espérances) de Charles Dickens. Pour en parler, je vais suivre le « questionnaire » donné par Pretty Books, traduit en français :

Quand j’ai découvert ce classique : Il y a quatre ans il me semble, quand je l’ai acheté puisqu’il était au programme de ma troisième année de licence d’anglais, mais au final je n’en ai pas su plus puisque cette année là je suis partie en Erasmus et j’ai lu tout autre chose. Pendant ma dernière année de master, j’ai découvert d’autres œuvres de Dickens en revanche.

Pourquoi j’ai décidé de le lire : Premièrement, parce qu’il fait partie des nombreux livres qui s’empilent sur mes étagères depuis quelques années, sans que je les lise. Et je l’ai tiré au sort ce mois-ci. En plus, j’ai eu l’occasion de beaucoup travailler une œuvre particulière de Dickens (A Holiday Romance, qui pour une raison qui m’échappe, n’est pas traduite en France) pour mon mémoire et j’avais très envie de voir cet auteur à l’œuvre dans un genre tout à fait différent.

Qu’est ce qui en fait un classique : Je ne suis pas certaine de pouvoir donner une réponse scientifique à cette question, mais l’auteur est l’un des écrivains les plus connus et les plus talentueux de l’époque victorienne, et il parvient merveilleusement bien à retranscrire l’ambiance de l’époque, ses difficultés, ses différentes classes et les motivations de ses personnages. Great Expectations fait bien partie de ces romans là.

Ce que j’en ai pensé : J’ai beaucoup aimé. Avant de commencer à lire Dickens, je pensais ne jamais aimer puisque, dans ma tête, il s’agissait du Balzac britannique (et j’avais détesté Balzac). Quand j’ai commencé à travailler sur certains de ses textes, je me suis rendu compte qu’en fait il parvient à créer tout un monde et une pléthore de personnages, que tout semble séparer mais dont les chemins se croisent finalement. En plus, tout se passe à l’époque victorienne et étant très intéressée par cette période, ça fait un point en plus. Après, je ne pense pas que Great Expectations soit le meilleur roman de Dickens, mais il m’a plu quand même. Le personnage principal, Pip, est tout de même beaucoup trop fade à mon goût.

Restera-t-il un classique : Probablement ?

À qui le recommanderais-je : Quiconque ne craint pas les livres un peu épais, et apprécie un monde victorien bien construit et une intrigue bien menée qui relie plusieurs personnages.

Petit bonus, mes classiques mensuels depuis début 2015 (de janvier à avril donc) :

  • Of Mice and Men (Des souris et des hommes) de John Steinbeck ;
  • Œuvres choisies I de Diderot ;
  • Rhinocéros de Ionesco ;
  • Le Château des Carpathes de Jules Vernes.

Life of Pi, de Yann Martel

DSCN7181Je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de littérature mais ce fut une très bonne expérience et je compte bien la renouveler ! J’avais craqué dessus à une bourse aux livres parce que je trouvais la couverture magnifique et je ne regrette pas.

Comme vous le savez peut-être déjà au vu de la sortie de l’adaptation cinématographique il y a trois ans, Life of Pi (L’histoire de Pi ou L’Odyssée de Pi en Français selon qu’il s’agisse du roman ou du film, parce que la logique c’est pas donné à tout le monde) raconte l’histoire de Pi, un jeune Indien de 16 ans qui se retrouve, après le naufrage de son bateau en route pour le Canada avec de nombreux animaux de zoo, dans un canoë de sauvetage avec certains d’entre eux et notamment un tigre du Bengale.

Un vrai coup de cœur pour moi. Cette histoire est fantastique et aborde plusieurs sujets d’une façon très intéressante : la religion tout d’abord, ou plutôt les religions puisque Pi est hindou, chrétien et musulman. C’est fascinant de lire son point de vue sur ces religions, en quoi elles se ressemblent et finalement la seule chose qui, selon lui, devrait avoir de l’importance : croire en dieu. Puisque le père de Pi s’occupe d’un zoo, l’histoire s’attarde de fait énormément sur les animaux, un autre point qui m’a beaucoup plu. On en apprend beaucoup sur eux, avec quelques petites anecdotes intéressantes d’animaux échappés de zoo ou des amitiés insolites entre certains spécimens (notamment un rhinocéros et des chèvres).

Les descriptions sont un plaisir, puisqu’elles sont très imagées et permettent facilement au lecteur d’imaginer les différentes scènes. Elles ne s’étendent pas pour autant sur des pages : elles vont droit au but et cela fonctionne à merveille. Étant donné qu’il s’agit d’une histoire de naufragé en mer pendant des mois, de nombreuses choses peu ragoutantes surviennent et sont expliquées et décrites de manière graphique mais en même temps, cela rend le récit plus crédible. Donc oui, il y a eu certains passages où j’ai fait la grimace mais ça fait partie de l’histoire et on passe généralement vite à autre chose.

Je m’attendais à la fin mais l’auteur réussi à nous surprendre, en bien il me semble, je l’ai trouvée parfaite pour le roman et j’apprécie comment l’auteur arrive à nous donner une idée de ce qui va se passer, tout en nous surprenant le moment venu.

Une lecture que je recommande donc sans hésitation et pour vous donner l’eau à la bouche, voici quelques citations (en anglais, donc je traduis très maladroitement les passages parce que je n’ai pas la version française – traduite par les parents de l’auteur ! – si jamais vous avez, je suis preneuse des véritables traductions…) :

  • If we, citizens, do not support our artists, then we sacrifice our imagination on the altar of crude reality and we end up believing in nothing and having worthless dreams.
    Si nous, citoyens, ne soutenons pas nos artistes, alors nous sacrifions notre imagination sur l’autel de la grossière réalité et nous finissons par ne croire en rien et par avoir des rêves sans valeur.

  • Nature can put on a thrilling show. The stage is vast, the lighting is dramatic, the extras are innumerable, and the budget for special effects is absolutely unlimited. What I had before me was a spectacle of wind and water, an earthquake of the senses, that even Hollywood couldn’t orchestrate.
    La nature peut offrir un spectacle palpitant. La scène est vaste, la lumière est dramatique, les extras sont innombrables, et le budget des effets spéciaux est absolument illimité. Ce que j’avais devant les yeux était un spectacle de vent et d’eau, une secousse des sens que même Hollywood ne pouvait orchestrer.

Cette citation est d’autant plus forte, et triste, que les effets spéciaux de l’adaptation du film ont été faits par une compagnie qui a dû fermer ses portes depuis, justement parce que les effets spéciaux sont coûteux et que personne ne veut les payer correctement. À la suite de la faillite de l’entreprise, un documentaire a été fait, en anglais, Life after Pi, disponible sur Youtube (avec des sous-titres mais seulement en anglais…).

  • It’s important in life to conclude things properly. Only then can you let go. Otherwise you are left with words you should have said but never did, and your heart is heavy with remorse.
    Il est important dans la vie de conclure les choses correctement. Alors seulement pouvez-vous lâcher prise. Autrement, vous êtes abandonné avec des mots que vous auriez dû dire sans l’avoir jamais fait, et votre cœur est lourd de regrets.

Des souris et des hommes, de John Steinbeck

Couverture Of Mice and MenDans un genre tout à fait différent des deux livres précédents, Of Mice and Men (Des souris et des hommes) de John Steinbeck est un classique de la littérature américaine. Cela fait plusieurs années qu’il attend dans ma bibliothèque, puisqu’il était question de l’étudier en deuxième année de licence si je ne me trompe pas, mais finalement ça ne s’est pas fait. C’est le premier livre de Steinbeck que je lis et je dois avouer que j’avais quelques réticences à le faire, particulièrement après avoir appris qu’il avait tout bonnement volé l’idée de The Grapes of Wrath (Les raisins de la colère) à Sanora Babb (source). Pour faire court, cette journaliste faisait des recherches pour écrire un livre et envoya certains de ses rapports à son patron, Tom Collins, qui montra ces derniers à Steinbeck – sans la moindre autorisation de Babb. Steinbeck utilisa les rapports pour écrire son livre, publié en 1939 et pour lequel il reçu le prix Nobel. Sanora Babb ne put publier son livre puisqu’une fois terminé, on lui annonça que le marché ne pouvait pas recevoir un autre livre sur le même sujet. Son livre, Whose Names are Unkown, ne fut publié qu’en 2004 et n’est pas, à ma connaissance, traduit en français.

Bref, je n’étais pas trop emballée, mais j’avais le livre sous la main et c’était un classique, donc pourquoi pas. Je ne regrette pas du tout. Je ne connaissais rien à l’histoire (ou j’avais oublié le peu qu’on m’en avait dit, peu importe) mais c’était évident dès le début que quelque chose de malsain se tramait. Le genre de pressentiment (tout contrôlé par Steinbeck avec les allusions tout au long du livre qui ne présagent rien de bon) qui vous accroche au livre, tout en redoutant la suite. Un peu comme un enfant qui regarderait un film d’horreur avec les mains devant les yeux, mais les doigts écartés.

Les personnages principaux sont attachants, dans leur témoignage de la rudesse de la vie à l’époque pour ces jeunes gens qui allaient de ferme en ferme pour gagner quelques sous. Bien sûr, ils persistent et se créent leur propre rêve américain : économiser assez pour avoir leur propre terre et ne travailler que pour eux. Avec des lapins, que Lennie pourra caresser du matin au soir. Au fur et à mesure de la lecture, on se rend compte que ce rêve n’est probablement que cela, une fantaisie, un songe intouchable. Naïvement, on espère qu’ils y parviennent. La fin tombe comme un couperet. En même temps, aucune autre n’aurait été possible et elle fonctionne parfaitement (ce qui fonctionne beaucoup moins, c’est d’avoir la larme facile comme moi et de lire la fin du livre dans le bus…).