SCUM Manifesto, de Valerie Solanas

SCUM Manifesto, de Valerie Solanas, traduit de l’anglais (États-Unis) par Emmanuèle de Lesseps, 1001 nuits, 2021 (VO : 1967), 116 pages.

L’histoire

En renversant l’image de la femme comme être inférieur par nature pour l’appliquer à l’homme, l’autrice démonte la mécanique de la domination masculine.
Un pamphlet littéraire et politique, où l’humour et la provocation révèlent les rapports de force entre les sexes. Depuis sa diffusion dans les rues de New York par Valerie Solanas en 1967, SCUM Manifesto est devenu un texte culte du féminisme.

Note : 4 sur 5.

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Une histoire de genres : Guide pour comprendre et défendre les transidentités, de Lexie

Une histoire de genres : Guide pour comprendre et défendre les transidentités, de Lexie, Marabout, 2021, 286 pages.

L’histoire

À l’heure où les questions de genre et d’identité sont de plus en plus présentes dans l’espace public, voici un guide qui déconstruit tous les préjugés, les abus de langage, les non-sens liés aux transidentités, afin de mieux les comprendre et de donner les armes pour s’en émanciper . Car si être trans est une histoire de rapport de soi à soi, de prise de conscience individuelle, c’est aussi un rapport à des normes et constructions sociales, culturelles et historiques.

Véritable prolongement du compte Instagram sur lequel Lexie s’emploie avec patience et grande rigueur à éduquer sur les questions de genre, ce livre est une vraie boussole et un outil d’empowerment pour les personnes trans qui sont souvent isolées, moquées, stigmatisées et font l’objet de violences extrêmes ; mais aussi pour les non trans, concernés ou non, car au-delà des transidentités, c’est sa propre place dans la société et le traitement des différences qu’il s’agit de questionner.

Note : 5 sur 5.

♥ Coup de cœur ♥

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Les Couilles sur la table, de Victoire Tuaillon

Les Couilles sur la table, de Victoire Tuaillon, Binge Audio Éditions, 2019, 256 pages.

Résumé

Qu’est-ce que ça veut dire d’être un homme, en France, au XXIe siècle ? Qu’est-ce que ça implique ? Pour dépasser les querelles d’opinion et ne pas laisser la réponse aux masculinistes qui prétendent que « le masculin est en crise », Victoire Tuaillon s’est emparée frontalement de la question, en s’appuyant sur les travaux les plus récents de chercheuses et de chercheurs en sciences sociales. Ensemble, au fil des épisodes de son podcast au titre percutant, elles et ils ont interrogé la masculinité et ses effets : pourquoi, dans une immense majorité des cas, les harceleurs, les violeurs, les casseurs, sont-ils des hommes ? Pourquoi les petits garçons disent-ils tous que « l’amour c’est nul » ou encore que « l’amour c’est pour les filles » ? Comment la domination masculine affecte-t-elle aussi les hommes ? Réunissant les réponses à ces questions et à bien d’autres, ce livre démontre sans dogmatisme que la masculinité n’a rien de naturel, que c’est une construction sociale et qu’il faut la remettre en question si on veut atteindre une véritable égalité entre les femmes et les hommes.

Note : 5 sur 5.

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Avec, sans ou contre. Critiques queers/féministes de l’État, dirigé par Cornelia Möser et Marion Tillous

Avec, sans ou contre. Critiques queers/féministes de l’État, dirigé par Cornelia Möser et Marion Tillous, Éditions iXe, « Racine de iXe », 2020, 296 pages.

L’histoire

L’État, après avoir pourtant pris soin de bien séparer espace privé et espace public, s’immisce dans nos intimités avec la plus parfaite indiscrétion.

De quoi l’État se mêle-t-il ? Comment et pourquoi va-t-il fourrer tantôt la main droite de la répression, tantôt la main gauche de l’action sociale dans nos identités de genre et nos sexualités ? Existe-t-il seulement un grand corps qui relie ces deux mains ? Il pourrait s’agir d’une fiction montée de toutes pièces, d’un discours de pouvoir ou encore d’une relation sociale et politique matérialisée. Car cette figure change dans le temps et dans l’espace, et, selon les circonstances, elle s’avère soit utile pour la critique, soit au contraire elle devient intimidante et bloquante pour l’action collective.

Ce recueil invite à la discussion sur les compréhensions queers/féministes de l’État et les stratégies à en déduire pour s’émanciper.

Avec des contributions de Cornelia Möser, Davina Cooper, Rada Iveković, Perrine Lachenal, Birgit Sauer, Marion Tillous, Jana Tschurenev.

Note : 5 sur 5.

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Dix questions sur l’anarchisme, de Guillaume Davranche

Dix questions sur l’anarchisme, de Guillaume Davranche, Libertalia, 2020, 115 pages.

L’histoire

Qu’est-ce que l’anarchisme ?
Ses adversaires expédient volontiers la question en le réduisant à un milieu contre-culturel, à un état d’esprit anticonformiste, à une posture esthétique… Autant de façons de lui rogner les griffes, de le dépolitiser, de le sortir de l’histoire.
Ce petit livre montre en quoi il est, au contraire, un courant très politique, structuré, porteur d’une alternative au capitalisme et d’une vision globale de transformation de la société.
En s’appuyant tant sur les « grands auteurs » du passé que sur les orientations actuelles du mouvement libertaire, l’auteur s’efforce de répondre succinctement à dix questions que peuvent se poser celles et ceux qui veulent en savoir plus : d’où vient l’anarchisme et quel est son projet économique et démocratique ? Quelle est son approche écologiste, son implication féministe ? Quelle est sa politique vis-à-vis des nationalités et des religions ? Quelles sont ses stratégies d’action et ses modes d’organisation ? Comment a-t-il agi dans les révolutions passées ?

Note : 5 sur 5.

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Humanité : Une histoire optimiste, de Rutger Bregman

Humanité : Une histoire optimiste, de Rutger Bregman, traduit du néerlandais par Caroline Sordia et Pieter Boeykens, Points, 2020 (VO : 2019), 425 pages.

L’histoire

Ce livre expose une idée radicale. C’est une idée qui angoisse les puissants depuis des siècles. Une idée que les religions et les idéologies ont combattue. Une idée dont les médias parlent rarement et que l’histoire semble sans cesse réfuter.

En même temps, c’est une idée qui trouve ses fondements dans quasiment tous les domaines de la science. Une idée démontrée par l’évolution et confirmée par la vie quotidienne. Une idée si intimement liée à la nature humaine qu’on n’y fait souvent même plus attention.

Si nous avions le courage de la prendre au sérieux, cela nous sauterait aux yeux : cette idée peut déclencher une révolution. Elle peut mettre la société sens dessus dessous. Si elle s’inscrit véritablement dans notre cerveau, elle peut même devenir un remède qui change la vie, qui fait qu’on ne regardera plus jamais le monde de la même façon.

L’idée en question ?

La plupart des gens sont bons.

Note : 5 sur 5.

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« Gros » n’est pas un gros mot, de Daria Marx et Eva Perez-Bello

« Gros » n’est pas un gros mot : Chroniques d’une discrimination ordinaire, de Daria Marx et Eva Perez-Bello, Librio, 2018, 122 pages.

L’histoire

Ce mot ne figure pas dans le dictionnaire, mais il désigne un phénomène réel et ordinaire. Chaque jour, les gros sont victimes de discriminations : si vous pesez 150 kilos, vous aurez du mal à trouver un travail (vous êtes présumé fainéant), à vous habiller (les magasins ne vendent pas de vêtements en taille 60), à vous soigner (il faudra dénicher un cabinet équipé pour vous prendre en charge, et la bienveillance n’est pas toujours au rendez-vous), à prendre l’avion (peut-être devrez-vous réserver un second siège), à vous faire prescrire une contraception, mais aussi à avoir un bébé si l’envie vous en prend… Vous aurez du mal à vivre normalement.
Nos préjugés sur les personnes grosses et les comportements qu’ils entraînent ont des conséquences parfois dramatiques. La grossophobie pollue toutes les sphères de la vie.

Note : 5 sur 5.

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Décarcérer, de Sylvain Lhuissier

Décarcérer : Cachez cette prison que je ne saurais voir, de Sylvain Lhuissier, Rue de l’échiquier, « Les Incisives », 2020, 90 pages.

L’histoire

La prison est un endroit dont on parle peu et que l’on connaît très mal. Mais quand on critique l’emprisonnement systématique, on se voit souvent rétorquer : « Que proposez-vous de mieux ? »
L’objectif de Sylvain Lhuissier n’est pas de désigner un coupable, mais de comprendre pourquoi, gouvernement après gouvernement, rien ne change ; d’identifier comment chaque acteur, d’un bout à l’autre de la chaîne, participe à maintenir le système en place ; mais surtout de montrer comment nous tous, citoyens, représentons à la fois une part de la responsabilité et un levier possible du changement.
L’auteur propose de vider les prisons au lieu d’en construire de nouvelles, de réinventer les peines plutôt que de repeindre des cellules vétustes. On sait depuis longtemps que la prison est une solution inefficace contre le crime, mais quand, de surcroît, elle s’applique majoritairement à des personnes qui n’entrent pas dans la catégorie des criminels, ne faut-il pas revoir collectivement notre copie ?

Note : 5 sur 5.

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Transmédialité, Bande dessinée & Adaptation, dirigé par Évelyne Deprêtre et German A. Duarte

Transmédialité, Bande dessinée & Adaptation, dirigé par Évelyne Deprêtre et German A. Duarte, Presses universitaires Blaise Pascal, « Graphèmes », 2019, 305 pages.

Le résumé

Les processus transmédiaux et adaptatifs dans la condition médiatique actuelle constituent le noyau de cet ouvrage. D’un côté, il s’agit de situer les processus adaptatifs dans un contexte technologique, qui, par sa nature, opère quotidiennement des formes d’adaptation, et cela même de façon involontaire. D’un autre côté, il s’agit de mettre en lumière non seulement le phénomène de la transmédialité mais également la collectivisation de l’acte narratif qu’il induit de plus en plus souvent. Or, il semble que ce phénomène soit demeuré en arrière-plan dans le contexte médiatique de cette dernière décennie. Entre ces deux intérêts, comme pivot de cette collaboration, se trouve l’analyse des relations entre le médium bédéique et le vaste univers médiatique. En effet, la bande dessinée représente, de l’avis de l’équipe directrice, un moyen de construire des espaces narratifs très particuliers, et son étude, contextualisée dans l’ère numérique, ouvre des voies indispensables pour mieux comprendre et cerner la manière dont les espaces narratifs numériques seront construits dans un futur proche.

Note : 4/5

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Réparer les femmes, des Dr. Denis Mukwege et Guy-Bernard Cadière

Réparer les femmes : Un combat contre la barbarie, des Dr. Denis Mukwege et Guy-Bernard Cadière, avec la collaboration de Julien Oeuillet, Mardaga, 2019, 144 pages.

L’histoire

Dans un hôpital au cœur de l’Afrique, deux hommes reconstruisent les femmes. La région du Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, est ravagée par des bandes armées depuis une vingtaine d’années. Pour asservir la population et exploiter les richesses minières, ces hommes cruels ont trouvé une arme monstrueuse : le viol et la mutilation des femmes. Détruites, elles errent dans les ruines de villages éclatés où tout espoir meurt en même temps que leur dignité. Dans son hôpital, le Dr Mukwege s’applique depuis des années à reconstruire le corps de ces femmes. Son ami, le Dr Cadière, vient d’Europe pour lui prêter main forte et nouvelles technologies. Les deux hommes, au-delà des continents, se serrent les coudes pour faire renaître les femmes d’un peuple abandonné à son sort par un monde qui ferme les yeux sur les atrocités qui y sont commises.

Note : 5/5

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