The Expanse T8 : La Colère de Tiamat, de James S.A. Corey

The Expanse T8 : Tiamat’s Wrath, de James S.A. Corey, Orbit, 2019, 560 pages.

L’histoire

À travers la galaxie, treize cents portes menant vers des systèmes solaires se sont ouvertes. Mais tandis que l’humanité bâtit son nouvel empire interstellaire au milieu des vestiges aliens, les mystères s’approfondissent et les menaces s’intensifient.

Et à travers le vaste empire humain, l’équipage disséminé du Rossinante mène un courageux combat d’arrière-garde face au régime autoritaire de Duarte. Les souvenirs de l’ancien ordre s’effacent, et un avenir sous la gouvernance éternelle de Laconia – impliquant une bataille que l’humanité ne peut gagner – paraît de plus en plus certain. Car pour affronter les horreurs qui résident entre les mondes, la bravoure et l’ambition ne seront pas suffisantes…

Note : 5 sur 5.

Mon humble avis

Si vous n’avez pas lu les tomes précédents et que vous souhaitez garder la surprise, n’hésitez pas à jeter un œil aux chroniques des autres tomes.

Je réalise au moment d’écrire cette chronique que je n’ai aucune citation à partager, je n’en ai sauvegardé aucune. Ma lecture date un petit peu mais je pense que c’est dû en partie au fait que j’étais tellement prise dans la lecture que je n’ai pas pris le temps de m’arrêter sur des citations particulières, et… pour être honnête les passages qui m’ont le plus marqués relèvent clairement de spoilers et je ne préfère pas les divulguer ici.

La Colère de Tiamat est le dernier tome de The Expanse sorti au moment où j’écris, et l’avant dernier de la série : cette dernière se clôturera en effet avec Leviathan Falls qui sera disponible en anglais en novembre 2021. Si j’étais infiniment triste à l’idée que cette série s’approche de sa fin il y a quelques tomes, je crois que c’est ce huitième tome (et un peu le septième) qui m’a tout à fait réconcilié avec l’idée que l’histoire se termine. Non pas que l’intrigue s’essouffle ou que j’ai perdu l’intérêt pour les personnages, au contraire, mais on sent qu’on se rapproche de la résolution des mystères, des différentes intrigues. Et puis, le voyage a été tellement beau que je préfère qu’il s’arrête sur une bonne note et avec brio, plutôt que d’étendre la série sans raison.

Pour en revenir à ce tome-ci, on retrouve l’équipage du Rossinante dans une position plus qu’inhabituelle : non seulement iels ne sont pas dans leur vaisseau, resté caché sur Freehold, mais iels ne sont pas ensemble. Tandis que Holden a été fait prisonnier sur Laconia, Alex et Bobbie sont sur le Gathering Storm prêt⋅es à rejoindre le système solaire pour une attaque rebelle, Naomi se cache d’un vaisseau à l’autre pour recueillir des informations et diriger une partie de la résistance et Amos est introuvable. De plus, La Colère de Tiamat est le premier tome pour lequel le point de vue de Holden ne fait pas partie des chapitres : on retrouve son point de vue dans le prologue, une interlude et l’épilogue, mais le reste laisse la part belle aux autres membres de l’équipage, à Elvi qu’on retrouve, à Winston Duarte et sa fille qu’on découvre.

Si dans Le Soulèvement de Persépolis on voyait les réactions immédiates d’un régime autoritaire qui tente de s’installer, ce tome-ci représente l’organisation de la rébellion sur le temps long, la difficulté de rester sous le radar tout en coordonnant des centaines de systèmes et de vaisseaux, mais aussi tout le fonctionnement du régime dictatorial de Laconia. Les mensonges et la propagande pour maintenir les apparences servent avec brio la rhétorique derrière laquelle Winston Duarte se cache, quand il prétend que toutes les horreurs peuvent être justifiées si elles sont faites pour le « bien de l’humanité ».

Avec la mort de Clarissa dans le tome précédent, le deuil est également très présent dans La Colère de Tiamat. En effet, si on savait dès le premier tome que les personnages pouvaient mourir avec les morts notamment de Julie et Miller, la situation est bien différente puisque nous connaissions peu ou pas les personnages. Après huit tomes, nous connaissons certains des personnages encore en vie depuis très longtemps, nous savons à présent à quel point les enjeux sont réels et leur mort envisageable. Et puis, la richesse de The Expanse se retrouve encore une fois dans la diversité des points de vue présentés : Naomi, Bobbie et Alex n’ont pas du tout les mêmes façons de gérer la perte de Clarissa.

Enfin, les auteurs commencent à apporter des réponses quant au fonctionnement de la protomolécule, mais surtout de l’intention de ses créateur⋅rices et du pouvoir – incommensurable semble-t-il – de ce ou celleux qui les ont détruits. Il reste en revanche, une bonne partie du mystère, qui s’éclaircira je l’espère dans le prochain et dernier tome.

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