Décembre 2020 : lectures et revue du web

Le Roc de Castellane, Des livres et les mots, CC BY-NC-ND 4.0

Bilan 2020

Je ne pense pas faire de bilan de l’année 2020 à part, alors je vais le faire ici, en tous cas à propos du blog – je ne suis pas sûre qu’il soit nécessaire de rappeler à quel point l’année a été globalement mauvaise. Pour Des livres et les mots ce fut 43 nouveaux articles, bien plus que 2019 (27) puisque je l’avais un peu laissé de côté cette année-là. Et l’une des choses que j’ai apprises en 2020, c’est à quel point m’occuper du blog et chroniquer mes lectures – surtout celles qui m’ont particulièrement marquées – est important pour moi, surtout parce que c’est l’occasion d’interagir avec toutes les merveilleuses personnes qui atterrissent sur le blog ou sur une chronique en particulier. C’était une des premières raisons pour lesquelles j’avais commencé, pouvoir partager mes lectures et découvrir celles d’autres personnes. Si je ne passe pas assez de temps à parcourir les autres blogs et à laisser des commentaires, c’est purement par manque de temps, mais l’envie est là. Merci à toutes les personnes qui visitent le blog, aiment ou commentent des chroniques, c’est cliché mais c’est grâce à vous que je prends autant de plaisir à m’occuper de ce blog. 2020, c’était aussi un changement de thème et l’arrivée d’une superbe bannière et iconographie grâce à la merveilleuse Layla Benabid.

Au niveau des lectures, je ne me suis pas attelée à les compter une à une comme je pouvais le faire avant mais parmi la soixante-dizaine, il y en a eu beaucoup de très bonnes et plusieurs coups de cœurs, mais je ne parlerai ici que des livres que j’ai déjà chroniqués (je commence l’année avec un petit « retard » de chroniques…). Il y a eu Descender de Dustin Nguyen et Jeff Lemire : avant de lire le dernier tome, j’en ai profité pour relire toute la série et c’est un réel bonheur. The Expanse de James S. A. Corey est une autre série de science-fiction, mais de romans cette fois, que j’aime toujours autant et le cinquième tome, Les Jeux de Némésis, était mon tome préféré de l’année (et de la série jusqu’ici). Le webcomic Here U Are de Djun a été une splendide découverte et c’était très émouvant de le suivre jusqu’à sa fin – je suis par ailleurs très frustrée que l’édition papier soit prévue seulement en mandarin et pas en anglais parce que j’aurai adoré avoir des volumes papier à feuilleter et relire à volonté. Dans un tout autre style, Wolcano : La sorcière du cul, de Shyle Zalewski était aussi drôle que pertinent et intéressant. Côté non-fiction, Décarcérer de Sylvain Lhuissier a été très marquant. Et ma découverte du magazine Tempura sur le Japon, dont j’ai chroniqué le premier et deuxième volume jusqu’ici, était merveilleuse : j’ai l’impression de retourner explorer un bout du Japon quand je le lis et en tous cas, je suis impatiente de pouvoir y aller à nouveau à chaque fois que je lis ces articles.

J’espère qu’au moins 2020 vous a apporté de chouettes lectures, et que 2021 nous fera découvrir d’autres merveilles.

Bilan des lectures de décembre

Comme dit précédemment, j’ai un gros retard dans mes chroniques mais j’ai fait de merveilleuses lecture en décembre. Parmi celles-ci, Dix questions sur l’anarchisme, de Guillaume Davranche était une très bonne découverte, mais j’ai aussi pris énormément de plaisir à lire le deuxième tome de la saga jeunesse « Allô Sorcières », Sous le Soleil exactement d’Anne-Fleur Multon et Diglee. J’ai adoré découvrir les nouvelles derrière The Witcher avec le premier recueil, Le Dernier Vœu, de Andrzej Sapkowski. Enfin, j’ai dévoré des magazines dont Tempura #3, Women Who Do Stuff #2 et le premier volume de Sœurs : revue de poésie. Je vous parle de tout ça (plus ou moins) bientôt !

Florilège de chroniques lues

Si j’ai enfin réussi à prendre du temps pour lire des livres, j’ai en revanche peu lu d’articles et j’en ai pas mal en retard, donc les rubriques qui suivent vont être assez pauvres ce mois-ci (et je ne vais pas promettre de faire quelque chose de plus équilibré pour les prochaines, je n’y crois pas moi-même). Planète Diversité a chroniqué Summer of Everything de Julian Winters qui a immédiatement rejoint ma wishlist. Et sinon je recommande la liste parue sur Les Ourses à plumes, « Sélection de livres de littérature jeunesse inclusive » faite par Oursemallechee, c’est parfait pour y piocher ou à partager à notre entourage !

Revue du web

Dans le monde de la véganie

Un article très intéressant sur BALLAST : « Élisée Reclus : les animaux, ces autres exploités », c’est un extrait du livre Le Bestiaire libertaire d’Élisée Reclus de Roméo Bondon. Ça fait un petit moment que je vois le nom d’Élisée Reclus partout, il était temps que je me penche un peu plus sur qui il était et comment il voyait la société.

J’ai écouté beaucoup de podcasts en décembre, dont La Série Documentaire « Pourquoi le zoo ? » de France Culture. Clairement, ce n’est pas d’antispécisme dont il s’agit principalement mais ça donne une bonne idée de comment la société envisage le zoo et comment les propriétaires de zoo voient (pour la très grande majorité) leur parc comme une entreprise et donc les animaux comme des produits (certains passages donnent la nausée).

Recettes

J’ai profité des vacances pour cuisiner, principalement mes recettes favorites comme ce « Cake au citron vegan » de Déliacious ou cette « Tourte végétale de Noël {potimarron et châtaignes} » de La cuisine d’Anna et Olivia (qu’il ne faut absolument pas circonscrire à Noël, il est encore temps, foncez).

J’ai aussi testé de nouvelles recettes que j’ai beaucoup apprécié comme les « Nuggets de chou-fleur » de La Fée Stéphanie et un « One-Pot Red Curry Peanut Ramen » de Sweet Simple Vegan.

Côté genre et féminisme

À propos des colleur⋅euses, j’ai écouté ce très chouette documentaire audio de La Poudre, « Notre colère sur vos murs » et l’épisode du podcast Émotions intitulé « Collages féministes : investir l’espace public pour se sentir puissante·s ». Je me suis beaucoup retrouvée dans les personnes qui disaient se sentir renforcées, validées et rassurées en voyant les collages sur les murs et je trouve la démarche tout à fait pertinente et nécessaire.

Autre podcast : La Série Documentaire « Violé•es : une histoire de dominations » en quatre épisodes sur France Culture, gros trigger warning donc, mais j’ai trouvé que c’était très bien fait, entres autres ça redonne la parole aux femmes en espérant qu’elles soient entendues…

Je suis retombée sur cet article d’Ovidie, « Le féminisme pro-sexe est-il mort ? – Épisode 2 : « La pute heureuse » » sur Brain, à propos du porno et de la vision manichéenne qu’on peut en avoir.

Dans mon tiroir a fait une planche à propos de « L’effet « Marie Curie » ou « Qui va se mettre aux échecs après avoir vu Le Jeu de la Dame ? » », où elle explique pourquoi c’est à double tranchant de représenter les femmes (sur)douées dans leur domaine : ça peut impliquer que les femmes peuvent faire ce qu’elles veulent… à condition d’être des génies.

Enfin, à propos de genre, je recommande l’épisode de l’émission Les pieds sur Terre de France Culture « Rencontres intersexes (R) » avec un gros warning sur le texte de présentation qui parle d’« hermaphrodite » (wtf).

Convergence des luttes

À propos de militantisme, je recommande cet article de Laurence Meyer « Aucune lutte ne réussit dans l’humiliation » publié sur Bondy Blog, qui parle notamment de la diffusion des vidéos de violences envers des personnes opprimées, notamment les personnes racisées.

Concernant les scandales sanitaires d’empoisonnement au chlordécone aux Antilles, Jessica Oublié a été interviewée dans un épisode du podcast Kiffe ta race « Antilles empoisonnées : le scandale du chlordécone » et par la newsletter Women Who Do Stuff : je recommande les deux et nul doute qu’à l’occasion, je me procurerai la bande dessinée de Jessica Oublié, Kathrine Avraam, Nicola Gobbi et Vinciane Lebrun sur le sujet, Tropiques Toxiques.

Un autre épisode de Kiffe ta race que je recommande : « Super-Macron contre l’Anti-France » avec pour sujet la perception de Macron et de la France à l’étranger et pourquoi notre président continue à penser que personne ne peut comprendre ce que fait la France et donc tout le monde devrait se taire (je caricature, mais en même temps, on a un président qui joue à Caliméro donc c’est compliqué de se retenir).

Au cas où vous seriez passé à côté de la dernière BD d’Emma, à propos d’éducation d’enfants, de neuro-atypie et sa perception dans notre société : « Lucine et Enzo ».

Je continue dans les recommandations de podcast avec l’épisode « 2020, année lesbienne ? » de Camille (et diantre j’espère que le lesbianisme et sa représentation ne vont pas se limiter à 2020 !) et « Pourquoi l’info va mâle » un épisode croisé de Camille et Les couilles sur la table. Les deux donnent encore plus envie de lire l’ouvrage d’Alice Coffin, Le génie lesbien.

Le podcast Parler comme jamais s’est penché sur le classicisme, la classe politique et ses façons de parler en deux épisodes, avec Philippe Poutou et c’était à la fois délicieux et enrageant : « Paroles ouvrières : classe à part » et « Ouvrier et candidat dans un débat présidentiel ».

Toute occasion est bonne de recommander le podcast YESSS et cet épisode sur la sérophobie en fait partie : « Warriors contre la sérophobie ».

Je ne sais pas si ça rentre réellement dans la convergence des luttes, mais on va dire que le self-care en fait partie et connaître ses émotions fait définitivement partie de la première étape pour prendre soin de soi (et des autres) du coup je rajoute l’épisode du podcast Émotions « D’où vient notre besoin de plaire aux autres ? ».

Pop culture, tu l’aimes, tu l’analyses

Concernant la représentation de diversité dans les médias, le rapport « Where We Are on TV 2019 » est sorti et en voici une synthèse, mais aussi le lien vers le rapport complet.

Sur le carnet de recherche Picturing It!, un article très intéressant de Nicolas Labarre revient sur l’adaptation du Seigneur des Anneaux et les analyses qui en avaient été faites : « The Frodo Franchise and reflecting back on The Lord of the Rings ».

Le podcast Mana et plasma a consacré un épisode au « Cyberpunk » et c’était superbe.

Sujets divers

Je recommande très vivement l’écoute de « Sommes-nous vraiment en train de fabriquer des “crétins digitaux”? », qui m’a fait découvrir le podcast Le Code a changé de France Inter. Cet épisode apporte une vision nuancée de l’utilisation des écrans et technologies par les « jeunes » et c’est très précieux.

Encore des podcasts avec « La grande aventure de la science » en quatre épisodes sur France Culture, qui explique comment fonctionne la science et ses publications, comment s’organise la recherche et ça peut être très éclairant au vu de l’année qu’on vient de passer et de la crise sanitaire qui se poursuit.

Toujours de la science mais de l’anthropologie cette fois-ci avec cette superbe vidéo de Les Revues du Monde : « L’époque où les femmes n’avaient pas de seins ».

Ce que j’ai fait en décembre

J’ai beaucoup lu et écouté de podcasts, autrement j’ai profité des week-ends et congés ensoleillés pour aller lire au soleil au parc. Toujours en télétravail, j’ai profité de quelques jours en co-working avec un ami et profité de chouettes moments avec les personnes que je continues à voir de temps en temps. J’ai aussi pu voir ma famille pour les fêtes et c’était très chouette de pouvoir les revoir, faire des jeux de société et manger des plats véganes à tomber de sa chaise. Je suis repassée sous les aiguilles d’une tatoueuse. Et j’ai surtout passé des journées à lire et à passer du temps avec ma chatte et me dire que ce serait bien que la vie ce soit ça tout le temps.

Bon okay, j’ai aussi passé pas mal de temps devant mon écran à regarder des séries et quelques films. Je commence par les séries avec Ratched qui a ancré mon admiration pour Sarah Paulson et qui m’a globalement bien plu (même si je n’ai aucun souvenir de Vol au dessus d’un nid de coucou dont est issu le personnage, ça vaudra le coup que je regarde à nouveau). J’ai regardé la web-série Couple-ish disponible sur YouTube et c’était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-là : quelque chose de court mais pertinent, avec des personnages queer (et merveilleux) dans tous les sens et des moments tous doux (même s’il y aussi des passages un peu plus dramatiques avec du conflit). Mais surtout, j’ai regardé les quatre saisons de Crazy Ex-Girlfriend. Et j’ai terminé en sanglots. C’est une merveilleuse série que je recommande à toutes les personnes qui n’ont rien contre les comédies musicales. J’ai eu un peu du mal au bout d’un moment avec les intrigues amoureuses du personnage principal dans les deux premières saisons, mais bougre que ça se rattrape après. La série aborde un tas de sujets très sérieux et très durs mais reste une comédie, les personnages sont hyper attachants et on voit une réelle évolution de ces derniers au cours des saisons.

Crazy Ex-Girlfriend m’a tellement ruiné émotionnellement (dans le bon sens du terme) que je ne me sentais pas prête à enchaîner sur une autre série donc j’ai surtout regardé des films. Deux dessins animés DC Comics : Justice League Dark : Apokolips War qui était bien et Superman : Man of Tomorrow dont j’ai bien aimé l’animation. Dans les super-héros j’ai découvert Bloodshot dont j’avais lu le comics et c’est un bon film d’action qui essaie de renverser le genre du super-héros j’ai l’impression, sans trop y arriver. J’ai regardé Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E et me suis rendue compte au milieu du film que je l’avais déjà vu (mais clairement pas dans les meilleures conditions) ; comme il me plaisait beaucoup j’ai continué et je n’ai pas regretté ! La Favorite était sur ma liste depuis sa sortie mais finalement je n’ai pas été emballée par le film, je pense que je n’étais pas dans les meilleures dispositions pour le regarder, je ne sais pas trop.

En revanche j’ai adoré le film japonais Dans un jardin qu’on dirait éternel, sur la cérémonie du thé, c’est très contemplatif et absolument ce qu’il me fallait. La Communion est un film polonais qu’une amie m’avait recommandé et effectivement, c’est surprenant mais un très beau film. Enfin j’ai regardé le film d’horreur His House qui m’a beaucoup plu puisqu’il utilise l’horreur pour questionner notre société et dénoncer ses travers.

Je vous souhaite une bonne année 2021, en espérant qu’elle soit pleine de bons moments, de belles lectures et de sérénité !

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