Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, d’Emil Ferris

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres T1, d’Emil Ferris, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Charles Khalifa, Monsieur Toussaint Louverture, 2018 (VO : 2017), 416 pages.

L’histoire

Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou : plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d’une balle dans le cœur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider ce mystère. Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les secrets tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants. Journal intime d’une artiste prodige, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un kaléidoscope brillant d’énergie et d’émotions, l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant. Dans cette œuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionnisme féroce, les hachures d’un Crumb et l’univers de Maurice Sendak.

Note : 5/5 ♥ Coup de cœur

Mon humble avis

Comme beaucoup de monde, j’entendais parler de cette fantastique bande dessinée depuis fort longtemps ; j’en avais parlé dans un « Je balance tout » et Femmes de lettres m’a proposé d’en faire une lecture commune, ce que j’ai accepté avec grand plaisir ! Bon je n’ai pas trop assuré de ce côté là puisque la période a été compliquée et que j’ai fait la morte très longtemps mais c’était une fantastique idée.

La prouesse graphique que représente cet ouvrage de plus de quatre cent pages, avec un niveau de détail impressionnant et des pages bien remplies, est à couper de souffle. Et je suis incapable de dessiner, donc je n’y connais pas grand chose mais ce que ce livre représente en terme de travail saute aux yeux. Clairement, si les bic ont été inventés c’était pour pouvoir écrire en gravité zéro, pas pour faire des dessins aussi splendides. Mais heureusement qu’Emil Ferris l’a tout de même fait, pour notre plus grand plaisir !

Au delà de l’aspect graphique, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est fascinant puisque l’Histoire, la grande, s’entremêle avec la petite histoire des personnages tout du long. Notamment quand on plonge dans les souvenirs d’Anka et de sa vie en pleine Allemagne nazie. Les personnages sont d’ailleurs tous fouillés, intéressants et terriblement humains.

Les sujets abordés sont aussi variés que bien maîtrisés, d’autant que l’autrice parvient à parler de sujets assez lourd tout en douceur, sans minimiser mais en les évoquant avec légèreté, pour laisser toute la place aux personnages, qui le méritent amplement. Par exemple, il y a toute une réflexion sur la représentation de soi avec le personnage de Karen qui se voit comme un monstre parce que les autres la traitent comme telle. Au point qu’elle finisse par vouloir se transformer en monstre pour être tranquille et pouvoir se venger de celleux qui lui font du mal ou qui font du mal à sa famille. Karen est également amoureuse de sa meilleure amie et n’ose l’avouer à personne, ce qui est l’occasion parfaite de montrer le traitement de la différence.

La famille qui nous est présentée dans ces pages est plus ou moins fonctionnelle mais on voit qu’il y a beaucoup d’amour et de tendresse entre elleux. L’imagination de Karen (et donc de l’autrice) foisonne pour notre plus grand plaisir.

Une merveille qui mérite d’être lue en prenant son temps. Foncez dans votre bibliothèque pour découvrir cette pépite !

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