Et ma langue se mit à danser, d’Ysiaka Anam

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Et ma langue se mit à danser, dYsiaka Anam, La Cheminante, 2017, 120 pages.

L’histoire

Récit à la première personne, Et ma langue se mit à danser est un carnet de voyage intérieur explorant des questions fondamentales : l’enfance et l’exil , la honte et le silence, ce qui empêche de grandir mais aussi ce qui permet de croître.
La perte d’une langue et la réinvention d’une autre offrent un voyage qui glisse du pays natal, au pays(age) intérieur, en passant par plusieurs non-lieux imaginaires. Sur le parcours, Ysiaka Anam exhume les mandats oubliés dans les poches, les chaussons qui réchauffent la mémoire, la vie qui invente toujours.

Note : 5/5

Mon humble avis

Merci à Babelio et aux éditions de La Cheminante de m’avoir envoyé ce livre dans le cadre d’une masse critique, pour en donner une chronique honnête.

Je ne connaissais pas du tout l’autrice et ce premier roman, mais j’avais déjà eu l’occasion de lire – et d’apprécier – des livres de cet éditeur donc j’étais très contente de recevoir Et ma langue se mit à danser. D’autant qu’il s’agit de poésie et que c’est un genre que j’aimerai explorer.

J’ai trouvé la plume de l’autrice à la fois simple, directe et pleine d’émotions. Ici la première personne permet en plus de s’impliquer dans les phrases, les mots et de vivre ce que nous raconte Ysiaka Anam. Comme le titre l’indique, il est question du rapport à la langue ou plutôt à ses langues et comment on perçoit le monde grâce à elles.

Il est aussi question d’oppression et ici plus particulièrement de racisme : l’autrice parle par exemple du temps où elle était enfant, avec des cheveux hirsutes sur lesquels tout le monde donnait son avis (et certainement pas avec bienveillance).

Ma vie d’adulte est censée m’avoir menée loin de cette enfant hirsute. Mais je la retrouve parfois au détour d’un chemin, elle me fait alors bien des violences.
p. 12

Elle évoque sa vie en France, puisque c’est là qu’elle a vécu, mais aussi ses voyages en Afrique de l’Ouest, et le décalage qu’elle peut ressentir. Si en France elle est vue comme « l’autre » (ce qui est à la fois violent et gerbant), là-bas, elle est également considérée comme « occidentale ».

Ce simple déménagement sur la courbe de l’hexagone me permet d’éprouver avec mon corps en otage, ce premier déplacement qui a nourri mon sentiment perpétuel d’être dé-placée.
p. 46

S’ensuit donc une réflexion sur la place que l’on a, ce qui fait notre identité et si nos origines en font partie, et comment se protéger, faire fasse aux (micro-)agressions et discriminations.

Mais cette identité, quand même, il faut la porter comme la vraie, derrière les vêtements mis juste pour faire bonne impression. Cette identité à ne pas oublier pour ne pas les laisser l’écraser en nous, l’assimiler, la génocider encore une fois.
p. 50

Un ouvrage court, qui se lit très bien, et pour lequel il est plaisant d’apprécier chacune des phrases afin de profiter pleinement de Et ma langue se mit à danser.

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