Les Cahiers de la BD n° 4

Cahiers de la BD 4

Les Cahiers de la BD, n° 4, dirigé par Vincent Bernière, Vagator Productions, juillet à septembre 2018, 195 pages.

L’histoire

« Peut-on encore parler d’amour en BD ? »
Au sommaire : une interview fleuve de Fabcaro par l’éminent Maël Rannou, une autre du regretté Georges Pichard, exhumée par Christian Marmonnier, un cahier monographique consacré à Manuele Fior réalisé par Lucie Servin, une histoire de la couleur jaune par Bruno Lecigne, un décryptage de l’exposition Mangasia, présentée dans Le Lieu unique, à Nantes, un dossier sur les relations de circonstance entre foot & BD et, et des tas d’autres petits papiers… croustillants !

Note : 3/5

Mon humble avis

Je ne connaissais pas du tout cette revue et je l’ai découverte au détour d’Internet pour la sortie du quatrième numéro, avec une couverture qui m’a bien tapée dans l’œil et qui promettait des choses fort intéressantes.

Il y a en effet des articles très intéressants qui m’ont appris beaucoup, notamment le dossier sur Fabcaro dont je n’ai rien lu jusqu’ici (je me suis donc précipitée à la bibliothèque pour en trouver un) et un retour sur l’exposition « Mangasia » qui me fait bien regretter de ne pas pouvoir découvrir ladite exposition de mes propres yeux ! D’autres chroniques de BD m’ont donné l’eau à la bouche (et de quoi ajouter à ma liste d’achats futurs) et un cahier sur la bande dessinée arabe m’a également donné beaucoup envie de découvrir ce pan de la BD que je ne connais pas.

Bon, certains articles ou dossiers m’ont moins intéressée mais pour une histoire de goût : si vous aimez le foot, vous trouverez tout un dossier sur la représentation du foot en bande dessinée et j’avoue que les BD sur le sport n’ont jamais été mon truc.

Un article sur « Dans l’histoire de la BD, le jaune est la couleur de l’infâme » par Bruno Lecigne m’a tellement fait froncer les sourcils que je pense avoir gagné des rides. Tout commençait bien, à base de Françoise Héritier comme référence (Masculin/Féminin) puis petit à petit, je me suis rendue compte que oui, l’auteur entendait bien montrer que tous les personnages dépeints en jaune sont mauvais, immoraux, méchants, tout ça. Toute la partie sur l’histoire du jaune, et pourquoi il était exécré était intéressante, mais j’ai trouvé les analyses de l’utilisation de la couleur jaune dans la bande dessinée contemporaine absurde.

« Le jaune est aussi la marque de l’étranger et de l’animalité, sans doute pas indifférent dans le choix du pelage fauve du Marsupilami. »

Donc le Marsupilami est jaune parce que c’est un animal ? Et pas simplement parce qu’il ressemble à un guépard, alors que c’est pourtant dit sur la page d’à côté, dans la légende ? Je suis confuse. S’ensuit une démonstration selon laquelle dans les comics de super-héros, seuls les méchants arborent le jaune comme couleur dominante. Imaginez ma tête. Mais heureusement l’auteur se rend compte de son erreur !

Et Wolverine alors ? Il n’est pas jaune, son costume ? Bien sûr, mais il suffit de regarder une minute son background pour en comprendre la raison : notre superhéros [sic] […] est le produit d’une félonie, il maîtrise très mal sa sauvagerie et cette fêlure le marque pour la vie.

Ah, en fait non. Parce que bizarrement, tout ce raisonnement ne s’applique pas à l’ensemble des X-Men, sisi, les personnages qui étaient en jaune criards à leur création. L’auteur enchaîne pour montrer que le vert, comme il y a du jaune dedans, ben tout de même c’est pas top :

[…] le vert, facteur d’instabilité. Celui de The Incredible Hulk, lui aussi assez grognon et dont l’impulsivité entraîne également de fâcheuses conséquences pour l’environnement.

Et là, j’ai dû me rendre à l’évidence que clairement, cette personne n’avait pas fait ses recherches (Hulk était gris à l’origine, s’il est devenu vert c’est seulement dû à… une erreur d’impression qui a plu au lectorat de l’époque) et qu’il y va avec un brin de mauvaise fois, en justifiant avec des arguments sortis de son chapeaux les contre-exemples qu’il mentionne (contre-exemples bien choisis bien sûr). Je m’étale un peu sur cet article, mais je suis très agacée par les personnes qui font leur recherche à l’envers : ils ont une idée et tordent les exemples pour la démontrer. Normalement, on étudie les sources et on en tire une hypothèse, une idée, quelque chose qui ressort.

Bon, venons en au dossier qui fait la première de couverture, le cahier sur l’amour et la sexualité. C’était… intéressant. Et très représentatif de l’ordre bien hétéro et patriarcal, avec des chroniques et exemples de BD où les femmes se font tout de même bien violentées et sont clairement là que pour le plaisir de l’homme hétéro. Il y a tout de même des chroniques de BD faites par des femmes qui ont l’air de changer un peu, et bien sûr l’article sur l’homosexualité donc on a cinq pages de respiration. Mais même là, avec une telle couverture, je m’attendais à une réelle exploration des sexualités, donc je suis restée un peu sur ma faim.

Sinon, j’avais un peu oublié ce que c’était de lire une revue avec de la publicité. Et je n’ai pas compris leur façon de placer des articles d’une page en plein milieu d’un autre article plus long, ce qui coupait toute la lecture, alors qu’il suffisait de décaler le tout d’une page pour que les articles se suivent. C’était perturbant de devoir lire deux articles différents en même temps…

Une lecture en demi-teinte, mais guère étonnante puisqu’elle réunit plusieurs contributeur·rice·s.

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