Trois femmes puissantes, de Marie NDiaye

Trois femmes puissantes, de Marie NDiaye, Gallimard, « Folio », 2009, 333 pages.

L’histoire

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s’appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.
L’art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d’une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d’une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

Note : 4/5

Mon humble avis

Marie NDiaye a remporté le prix Goncourt en 2009 avec Trois femmes puissantes, mais je ne connaissais pas du tout l’autrice (oui j’ai un peu honte) et c’est un peu le hasard qui m’a mené vers ce livre, que j’ai acheté d’occasion à Emmaüs. Le titre m’a intriguée, puis la quatrième, et je suis repartie avec. J’ai beaucoup apprécié ma lecture !

Dans les trois nouvelles qui composent le livre, on retrouve trois personnages qui ont des histoires et des vies bien différentes les unes des autres, mais qui sont toutes liées par leur volonté, leur force et leur courage. Certains liens sont encore plus évidents, avec les mêmes personnages qui sont mentionnés dans les nouvelles par exemple.

Les trois nouvelles sont toutes écrites avec une voix différente, puisque nous rentrons dans la tête de trois personnages, pas tous féminins d’ailleurs, et Marie NDiaye arrive parfaitement à changer de ton pour incarner ses personnages. C’est pourquoi certaines nouvelles m’ont plus plu que d’autres, j’ai été finalement assez confuse par la seconde, d’abord parce que je ne m’attendais pas à avoir le point de vue d’un homme, et ensuite parce qu’il me semble impossible de sympathiser avec un tel personnage. Je ne pense pas que ce soit le but, il me semble qu’il s’agit de montrer à quel point sa femme est forte, alors que lui se cherche des excuses, larmoie sur son sort, sans grande considération ni pour sa femme, ni pour son fils. Mais du coup, j’ai trouvée cette nouvelle moins intéressante que les deux autres.

Elle aurait aimé lui dire maintenant : Tu te rends compte, tu nous parlais comme à des femmes et comme si nous avions un devoir de séduction, alors que nous étions des gamines et que nous étions tes filles.

Ma préférée reste la première histoire, où le personnage principal se débat un peu avec son père, qui lui a fait tant de mal et pourtant, elle se sent obligée de l’aider quand il lui demande service. Un personnage à la fois fort, mais pleins de faiblesses qu’elle tente de surmonter.

Mais elle avait ignoré que le mal pouvait avoir un regard gentil, qu’il pouvait être accompagné d’une fillette exquise et prodiguer de l’amour – oh, c’est que l’amour de Jakob, impersonnel, inépuisable et vague, ne lui coûtait rien, elle le savait maintenant.

Apparemment, les romans de Marie NDiaye ont souvent des éléments de fantastiques, ici c’est très minimes et seulement sous la forme d’oiseaux qui semblent être des annonciateurs de mauvaises nouvelles. Mais du coup, je suis curieuse de lire d’autres de ses romans qui jouent plus sur le genre du fantastique !

Pour en savoir plus : l’autrice parle de Trois femmes puissantes.

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4 commentaires sur “Trois femmes puissantes, de Marie NDiaye

  1. Merci de faire la promotion de ce roman qui pour moi est clairement l’un des meilleurs romans francophones du XXIème siècle!!
    Les oiseaux y sont effectivement annonciateurs de mauvaises nouvelles, mais pas seulement ; ils sont l’image même des trois femmes dont la vie est contée. C’est courant chez Marie N’Diaye, par exemple dans La Sorcière, les enfants s’envolent littéralement de la maison familiale à leur adolescence, en se changeant en corneilles.
    J’adore cette autrice! Ma dernière chronique parle de son recueil de poèmes illustrés par Dominique Zehrfuss!

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai effectivement vu votre dernière chronique et beaucoup aimé ! Je pense que je me pencherai donc vers La Sorcière, en étant attentive aux oiseaux 🙂 D’ailleurs, je me suis posée la question de l’orthographe du prénom de l’autrice, justement avec votre chronique, mais j’ai trouvé aussi l’écriture sans l’apostrophe, est-ce que vous avez plus d’informations là-dessus, que je corrige le cas échéant ? 🙂 En tous cas, merci d’être venu commenter, je suis votre blog avec grand intérêt !

      Aimé par 1 personne

      1. Je me pose la même question : NDiaye ou N’Diaye? Il semble que toutes ses publications récentes aient effacé l’apostrophe alors que ses anciennes l’affichaient. Quoiqu’il en soit, c’est un vieux nom sénégalais matrilinéaire (matronyme) et non patrilinéaire, puisqu’aussi bien la plupart des sociétés africaines étaient matriarcales avant la colonisation.

        Aimé par 1 personne

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