Larmes de pierre, d’Alexandra Fuller

Don’t Let’s Go to the Dogs Tonight: An African Childhood, de Alexandra Fuller, Random House, 2003 (édition originale : 2001), 315 pages.
Édition française : Larmes de pierre : Une enfance africaine, traduit par Anne Rabinovitch, Calmann-Lévy, 2002, 333 pages.

L’histoire

Petite fille, Alexandra a appris à tirer au fusil, à cuisiner un impala, à conduire un tracteur, à se garder des morsures de serpents quand elle se lève la nuit. Son père, anglais de naissance, est venu au Kenya pour voir des girafes et échapper à des parents alcooliques, et sa mère y a vécu la vie d’une beauté coloniale au crépuscule de l’empire.
Divertis par les grognements des hippopotames du voisinage, totalement démunis mais d’un optimisme déconcertant, ils boivent du brandy sous le ciel d’encre de Zambie, s’enivrent de la suprématie de la race blanche et se félicitent de leur victoire prochaine sur « l’Afrique noire »…
Alexandra Fuller fait ici le récit de son enfance africaine, placée sous le signe d’une double tragédie : tragédie familiale, avec l’alcoolisme puis la folie d’une mère brisée par la mort de trois enfants, le racisme du père, et la souffrance muette d’une sœur traumatisée par un viol ; tragédie politique, celle d’une Afrique australe déchirée par les guerres.
À la fois chronique familiale et témoignage historique, Larmes de pierre restitue avec sensibilité et humour la magie particulière d’un paradis perdu, violent mais magnifique, dont l’auteur a su capturer les couleurs, les odeurs et les sons.

Note : 1/5

Mon humble avis

J’avais trouvé ce livre d’occasion et il me semblait parfait pour étendre mes lectures vers plus de diversité, je me suis dit, quoi de mieux que d’avoir le point de vue d’une personne ayant vécu en Afrique ? En fait, c’est plutôt l’histoire d’une famille de colons qui s’installe en Rhodésie (l’actuel Zimbabwe) et agit en roi du monde, supérieurs bien sûr aux natifs qu’ils exploitent joyeusement. J’ai trouvé ce livre affreusement raciste : les parents (et pas seulement le père) d’Alexandra sont racistes, dans leur exploitation des noirs, dans la violence de leur propos à l’égard des noirs, dans leur sentiment de supériorité… Bref, comme l’autrice raconte son enfance, j’ai pensé qu’elle reportait tel quel ce qui s’était passé, mais j’attendais avec impatience un commentaire qui rende compte de ce racisme, qui le condamne. Rien ne vient.

Du coup pour moi, peu importe la plume de l’autrice, je ne vois pas l’intérêt d’un tel livre. Des histoires de colons blancs qui exercent leur suprématie, il y en a dans tous les coins, rien de nouveau à ça. Alors malgré les pertes affreuses que la mère d’Alexandra a subies avec la mort de trois de ses enfants, malgré l’évocation étrangement rapide du viol de Vanessa, sa sœur, et des attouchements qu’Alexandra a elle-même subit enfant, il m’est impossible de m’attacher à cette famille. Tout au long du livre, Alexandra insiste sur les différences entre noirs et blancs, par exemple il ne faut pas manger plusieurs aliments en même temps parce que les noirs le font. L’idée est de toujours se distinguer des noirs qu’ils pensent inférieurs, et qu’ils comptent bien vaincre dans la guerre qui a alors lieu en Rhodésie. Les parents d’Alexandra vont jusqu’à se plaindre de leur défaite, puisque les blancs ne sont plus à la tête du pays qu’ils ont colonisé. Il y a aussi beaucoup de confusion sur le terme « Africain » puisque parfois cela se réfère à l’ensemble des personnes vivants en Afrique, la famille Fuller comprise, et parfois il se réfère seulement aux Africains noirs, natifs donc.

Bref, je suis déçue d’avoir perdu mon temps sur ce livre, qui outre l’énorme problème de racisme, n’était pas si intéressant que ça.

Pour en savoir plus : Une brève analyse de Don’t Let’s Go to the Dogs Tonight comme écriture de blanc privilégié, en anglais, sur le blog de A Canadian Bibliophile.

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