Délivrances, de Toni Morrison

God Help the Child, de Toni Morrison, lu par Toni Morrison, Random House Audio, 2015, 192 pages.
Édition française : Délivrances, de Toni Morrison, traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Laferriere, 10-18, 2016, 192 pages.

L’histoire

Dans son onzième roman, qui se déroule à l’époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.
Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge – à autrui ou à elle-même – et du fardeau de l’humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l’avenir avec sérénité.

Note : 4/5

Mon humble avis

Toujours dans l’idée de suivre les auteures qui me plaisent, j’ai regardé par curiosité ce qu’on trouvait en livre audio des œuvres de Toni Morrison et quand j’ai vu que God Help the Child était lu par elle-même, je n’ai pas hésité. Comme vous le savez probablement déjà, j’aime tout particulièrement les livres audios, et la voix du narrateur est primordiale : un bon livre lu de façon ennuyeuse devient un vrai calvaire, et à l’inverse un très bon narrateur peut rendre la lecture d’un livre passable bien plus entraînante (j’en avais fait l’expérience pour Le Cirque des Rêves d’Erin Morgenstern par exemple). Mais l’écoute de livres audios prend une toute autre dimension lorsque c’est l’auteur·e elle·lui-même qui lit son œuvre. J’avais déjà eu l’occasion d’écouter Neil Gaiman et Amy Poehler, dans des genres tout à fait différents d’ailleurs, et c’était un plaisir. De même pour God Help the Child, même si Toni Morrison n’a pas la voix la plus entraînante et qu’il faut parfois s’accrocher un peu pour ne pas perdre le fil. Ses intonations, ses pauses et son rythme de lecture en revanche sont un réel ajout au livre lui-même.

On retrouve des sujets chers au cœur de l’auteure : la famille, les relations plus ou moins saines que les personnages entretiennent, que ce soit une mère avec sa fille, des ami·e·s ou des amants. Le colorisme est un des thèmes abordés extensivement dans le livre : la peau de Bride est si noire qu’elle provoque des réactions très fortes chez les autres, qu’ils soient noirs ou non. Si elle en souffre dans sa jeunesse, notamment parce que sa mère la rejette à cause de cela, elle parvient à en faire une force et à se servir de sa beauté.

Tout au long de l’histoire, l’accent est mis sur les personnages, en particulier Bride, mais l’auteure nous présente également d’autres points de vue, les narrateurs changent pour qu’on puisse avoir une idée plus complète de la situation et des sentiments des personnages. La mère de Bride, que cette dernière doit appeler « Sweetness » et non « maman », s’exprime à plusieurs reprises dans le roman et ses propos envers sa fille, dont elle veut se distancier à cause de la noirceur de sa peau, sont assez terrifiants. Bien sûr, la force du roman vient du fait que la fiction reflète bel et bien un phénomène réel, et c’est cela qui amène à réfléchir.

Une très belle lecture donc !

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