On the Graphic Novel

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On the Graphic Novel, de Santiago García, traduit de l’espagnol (Espagne) par Bruce Campbell, University Press of Mississippi, 2015, 375 pages.

L’histoire

Santiago García, lui-même artiste comics reconnu, reprend l’histoire du roman graphique depuis l’art séquentiel du xixe siècle, en passant par le développement des comic strips des journaux aux États-Unis, jusqu’au développement du comic book au xxie siècle et sa crise subséquente. Il s’attarde sur l’esthétique et les innovations entrepreneuriales qui ont permis au comics de s’étendre dans le monde entier.
García ne parle pas seulement des aspects formels de l’art, il examine également les positions culturelles des comics à travers différents formats, en tant que medium populaire. Typiquement vu comme lectures pour les enfants, souvent vu comme dégradant, voire comme une menace envers la morale, l’art du comics a fait un long chemin. Avec des exemples venant du monde entier, comme l’Espagne, la France, l’Allemagne et le Japon, García montre à quel point le comics représente un nouveau modèle pour les narrations graphiques, qui valorise ses auteurs et met au défi les préjudices sociaux d’antan.

Note : 4/5

Mon humble avis

Merci à NetGalley et à la University Press of Mississippi pour ce service presse numérique.

Pour quelqu’un qui aime les comics et essai d’en apprendre plus afin de mieux comprendre le medium, cette lecture est merveilleuse. Santiago García débute son analyse de façon chronologique, avec notamment les ancêtres du comics comme les tableaux séquentiels de William Hogarth, puis les éditions illustrées de romans – classiques ou destinés à la jeunesse. Petit à petit, l’auteur avance dans le temps pour nous rappeler l’influence qu’ont pu avoir les pulps sur la création du comics, puis l’apparition de comic strips et enfin, la production des premiers comics et leur réception. L’auteur nous offre également une analyse sur ce que représente le comics de nos jours en tant que médium, et ses évolutions possibles.

J’ai beaucoup apprécié que l’auteur ne se contente pas de parler des États-Unis : il explore également la bande dessinée franco-belge, les mangas du Japon, les historietas d’Espagne et bien d’autres encore. Le fait que Santiago García ne soit pas originaire des États-Unis a probablement aidé dans la construction de cette analyse étendue et j’adore le fait qu’il s’attarde également sur la réception des comics américains en Europe, en ponctuant tout cela par des anecdotes personnelles sur sa découverte du médium dans sa jeunesse.

Bien sûr, puisque « comics » est un terme bien vaste, et puisque d’autres mots semblent désigner quelque chose qui s’en approche beaucoup, Santiago García revient sur la définition de chacun de ces mots, leurs origines et ce qu’ils sont devenus. Par exemple, il nous rappelle que le « roman graphique » était simplement un moyen pour les auteurs et éditeurs de présenter leurs comics (puisque c’est de ça dont il s’agit) comme plus érudits que ceux de leurs prédécesseurs, notamment avec les genres de super-héros, les romances et les histoires de monstres. Puisqu’il s’agissait également d’un moyen de faire accepter le médium à une audience plus large, c’est fantastique qu’on ait parlé de romans graphiques, mais finalement cela semble obsolète de continuer à utiliser le terme.

Enfin, l’auteur ne s’arrête pas à l’histoire des éditeurs de comics les plus importants et les plus connus tels que DC Comics, Marvel ou Image Comics. Deux chapitres sont dédiés aux « comix » underground et aux comics alternatifs, ce qui montre encore une fois à quel point le médium a évolué et toutes les histoires différentes qui peuvent être racontées, et de manières diverses, derrière le mot « comics ».

Je pense qu’une personne ayant lu un grand nombre de comics, de tous genres et de toutes périodes, appréciera cette lecture encore plus que moi, puisque le livre présente des analyses pertinentes sur des comics bien précis. C’était fantastique de pouvoir lire en quoi un titre précis correspondait aux comics de l’époque ou au contraire, en quoi il s’en éloignait et ce que l’auteur avait bien pu initier comme genre, surtout quand je connaissais le comics dont Santiago García parlait ! J’ai encore pleins de lectures à faire et j’adorerais retrouver ce livre plus tard, quand je pourrais mieux comprendre toutes les analyses. Pas d’inquiétudes si vous n’avez lu aucun des « classiques » du médium, les illustrations et extraits vous donnerons une idée de la chose !

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