Bandes dessinées à Perpignan

Le week-end dernier, ma passion pour la BD m’a amenée à Perpignan, avec plus ou moins de succès. J’ai d’abord assisté à une journée professionnelle sur les « Mutations de la BD », puis j’ai fait un tour au Festival International du Disque et de la Bande Dessinée. Ou le Festival International del Disc et de la BD. Bref, c’est pas très clair, mais c’est raccourci en FID & BD de toutes façons. Histoire de faire les choses dans le désordre, je vais commencer par le festival.

FID & BD

Ce fut une plaie pour trouver des informations en amont sur le festival. Vraiment. J’ai d’abord été au courant de la journée pro, par un article d’Orianne Vialo sur Actualitté qui mentionnait également le festival. J’adore Actualitté, mais l’un de leurs plus grand défaut, c’est qu’ils mettent rarement des liens vers ce dont ils parlent. Vraiment. À quoi ça sert d’écrire sur Internet, si finalement je dois utiliser un moteur de recherche pour trouver les sites dont il est question ? Ça peut sembler anodin (même si je trouve que ça l’est pas du tout), mais les choses deviennent vite compliquées quand les sites qu’on cherche son mal référencés. Si vous cherchez sur Google, la première page ne référence ni le site du festival, ni sa page Facebook, ni même l’annonce de l’édition 2016 sur le site du Languedoc-Roussilon Livre et Lecture. Par contre, on trouve parmi les résultats les pages pour les éditions 2014, 2015 et même le site du Festival International de la Bande Dessinée. Oui, celui d’Angoulême. En plus de tout cela, quand on finit par trouver un article (sur le site de la Mairie de Perpignan il me semble ? Je ne sais plus…) qui en parle, ce sont de mauvaises dates qui sont annoncées (et qui vous font immédiatement paniquer, parce que vous avez déjà pris vos billets de train. Mais ouf, c’est une erreur de leur part…).

Je ne vais pas trop m’attarder et pour faire court, j’ai vite compris que je n’étais pas du tout la cible de ce festival. Malgré la mention « BD » et l’annonce « d’une dizaine de stands de BD », d’un espace d’échanges autour des métiers de la BD, des dédicaces et expositions… le festival est destiné à des fans de disques vinyles. Payer 3 € pour accéder à une foire aux disques (il y avait effectivement un nombre impressionnant d’exposants !) avec trois stands BD (si, si, trois), c’est un peu frustrant. Alors oui, il y avait des dédicaces, mais elles commençaient à 15h30 – le fondateur du festival Jean Casagran expliquait cette volonté de laisser la matinée et le début d’après-midi aux auteurs pour visiter, se reposer, faire leur vie quoi. Ce qui est honorable, mais du coup le billet d’entrée de 3 € perd un peu de son sens le matin, si c’est pour rentrer dans un disquaire (avec un petit côté librairie BD) d’occasion.

J’ai visité l’une des expos, celle qui est à la médiathèque (encore jusqu’au 29 octobre si vous voulez y jeter un œil) avec des planches originales d’Elric Dufau qui était fort sympathique. L’exposition qui m’intéressait vraiment réunissait plusieurs artistes (Marie Meier, Alexandre Clérisse, Siné et Frédéric Bézian), et quand je m’y suis pointée pour la visiter, c’était fermé alors que ça correspondait aux heures d’ouverture renseignées. Découragée et parce que j’avais un train à prendre, je n’ai pas insisté. Il y avait aussi des concerts dessinés, qui étaient certainement très bien (le concept est chouette en tous cas) mais je n’y suis pas allée.

En bref, il y avait des choses à faire, des expos à visiter (peut-être, je saurai jamais) et des BD à acheter… mais globalement, si vous n’êtes pas un grand fan de disque vinyle, vous risquez de vite tourner en rond. Le FID & BD présentait sur certains sites une forte présence BD qui ne suit pas vraiment…

Journée professionnelle « Les mutations de la bande dessinée »

Je connais finalement de loin le monde de la bande dessinée, surtout dès qu’on sort du comics, mais ça m’intéresse beaucoup et cette journée me semblait l’occasion d’avoir un meilleur regard, plus professionnel, sur ce médium (oui, parce que « genre » est un peu trop réducteur à mon goût). Je passe sur les discours d’ouverture, dont l’un qui nous souhaitait de bons débats « dans ce lieu propice à l’ouverture ». Oui, enfin, on était dans un couvent. Certes, le bâtiment était très beau, mais pour le symbole de l’ouverture, on repassera. Pour l’acoustique aussi : très difficile de se faire entendre entre public et intervenants, qui étaient d’ailleurs sur une estrade, en hauteur et assez éloignés, ce qui n’aide pas au sentiment de proximité favorable aux échanges. Les personnes qui organisaient la journée ont assuré tout au long des tables rondes et interventions, pour réduire les retards et pour que tout le monde puisse intervenir comme prévu. Ah et surtout, il y avait toujours un moment pour que le public pose des questions, ce qui est parfois mal géré, c’était donc très appréciable.

Je ne vais pas faire un compte rendu détaillé de la journée, d’abord parce que ça serait long et peut-être pas toujours intéressant… Je n’ai qu’une journée professionnelle pour comparer, mais celle-ci me semblait quand même très « anecdotique » en quelque sorte. Globalement, il s’agissait pour les intervenants de parler de leur vie rapport à la BD et de débattre vaguement de certains sujets. Je suis un peu déçue qu’il n’y ait pas vraiment eu de réflexion sur les réelles « mutations » de la BD. Je pensais webcomics, éventuellement la publication d’une BD en Creative Commons par Glénat (Pepper et Carrot de David Revoy), Turbomédia, plateformes de lecture de BD en ligne, formats de lecture numérique… et en fait non. Les débats se résumaient aux sempiternelles (mais vraies hein) surproductions de titres qui ne permettent pas de valoriser les BD correctement et auteurs de BD sous-payés (qui ne semblaient pas être présents pour en parler)… Le fait que les intervenants étaient tous plus ou moins des mêmes générations joue en plus sur le fait que les influences et les premières découvertes BD étaient souvent les mêmes donc répétitives. Certaines tables rondes étaient déséquilibrées, avec des intervenants qui parlaient beaucoup et d’autres qu’on entendait peu (ce qui était fort dommage !).

Je retiens tout de même l’intervention très intéressante de Benoît Berthou, maître de conférence à Paris XIII et qui a apporté de réels éléments : des chiffres d’enquêtes, des études de tendance, etc. Dommage que les autres intervenants n’étaient pas tous là pour écouter tout ça, cela leur aurait permis de dire moins de bêtises (ou de se rendre compte qu’ils avaient tort). Si ça vous intéresse, je vous conseille son livre, disponible en accès ouvert sur le site de la BPI d’OpenEdition Books : La Bande dessinée : quelle lecture, quelle culture ? (2015) et le site de la revue Comicalités dont Benoît Berthou est directeur de publication. Surtout, on sentait qu’il savait de quoi il parlait : bande dessinée franco-belge, manga, comics, il parlait de tout et avec des exemples (qui m’ont semblé) pertinents et parlants.

Un autre moment fort, qui n’était pas annoncé dans le programme mais qui était tout à fait bienvenu, était la démonstration de l’atelier Duo Désordre, qui présentait différentes méthodes de gravure, animé par Liliome et Marie Meier (une illustratrice que je vais suivre dès à présent, elle fait des choses fantastiques).

Voilà ! La journée professionnelle et le festival n’étaient pas ce que j’attendais, mais quoi qu’il en soit j’ai pu profiter de ce week-end pour me reposer et surtout lire, ce qui n’est jamais perdu 😉

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2 commentaires sur “Bandes dessinées à Perpignan

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