La Ligne verte, de Stephen King

The Green Mile de Paula Hawkins, Pocket Books, 1996, 544 pages.
Édition française chez Livre de Poche, traduit de l’anglais américain par Philippe Rouard, 2008, 512 pages.

L’histoire

Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d’un pénitencier dans les années 1930, entreprend d’écrire ses mémoires. Il revient sur l’affaire John Caffey – ce grand Noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes – qui défraya la chronique en 1932.
La Ligne verte décrit un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisée par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore, et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l’innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.

Note : 5/5

Mon humble avis

Je me rappelle avoir vu l’adaptation cinématographique quand j’étais très jeune. Trop jeune en fait, pour ce genre de film (mais on l’avait loué à Vidéo Futur et mes parents étaient pas là, et comme j’avais pas le droit de le regarder… ben j’étais curieuse). Je suis certaine de ne pas avoir tout compris mais une chose est sûre, il m’a laissé une très forte impression. Mais même si je connaissais le dénouement de l’intrigue principale (quasiment la seule chose dont je me souvenais en fait), j’étais très intéressée à l’idée de lire le roman. D’autant que le seul Stephen King que j’avais lu jusque là était Carrie et je compte bien continuer à lire cet auteur !

La préface du roman permet de remettre en contexte la publication, ce qui est intéressant, voire nécessaire dans ce cas précis. En effet, l’auteur explique qu’on lui avait proposé de publier un roman sérialisé, par épisode donc, qui seraient écrits et publiés de façon différée, à la manière des grands romans de l’époque Victorienne au Royaume-Uni, et notamment ceux de Charles Dickens. Stephen King était séduit par l’idée de tenter ce qu’un de ses auteurs préférés avait vécu toute sa vie d’écrivain. En postface, Stephen King précise qu’il a apprécié l’expérience, qui l’a fait travailler de façon différente de ses habitudes, mais qu’il ne le referait pas. D’ailleurs, il ajoute au moment de la publication du sixième et dernier épisode, que si le roman devait être rassemblé en un volume, il ferait certaines corrections auparavant. Je serai curieuse de voir de plus près quel genre de corrections ont pu être faites !

Le roman est raconté du point de vue de Paul Edgecombe, qui était gardien-chef dans un centre pénitencier des années auparavant et qui raconte ce qui s’est passé alors. Si j’ai trouvé, au début, que les moments où le narrateur parlait de son expérience présente en maison de repos / retraite étaient loin d’être excitants, au fur et à mesure je m’y suis intéressée. En effet, l’auteur arrive à insérer du mystère même dans le « présent » du roman, et c’est d’ailleurs dans cette temporalité que le lecteur obtient des réponses à certaines de ses questions…

La prison étant le lieu principal de l’histoire, plusieurs sujets sont abordés tels que les dangers du travail en prison, les conditions de la peine de mort et du passage sur la chaise électrique et bien sûr, le racisme ambiant dans les années 1930 aux États-Unis. Je ne suis pas certaine qu’il faille prendre cette représentation comme argent comptant, puisque Stephen King admet ne pas avoir fait de réelles recherches et avoir préféré se lancer dans l’écriture. Mais quoi qu’il en soit, le roman amène le lecteur à réfléchir et à se poser des questions.

Le suspens est bien sûr un élément clé de tout thriller, et quelque chose que Stephen King maîtrise particulièrement. Même en me souvenant du dénouement, j’ai tout de même eu des surprises tout au long de la lecture. D’ailleurs, l’auteur fait en sorte de laisser des pistes, des indices, pour que les lecteurs puissent rassembler les pièces du puzzle eux-mêmes… mais s’ils y parviennent, Stephen King sort toujours une résolution ou un élément de surprise supplémentaire. Il joue énormément sur les attentes que les lecteurs peuvent avoir, ne serait-ce qu’avec le personnage de John Caffey, grand comme une montagne et fort comme un ours, on s’attendrait à ce qu’il soit impressionnant et dangereux.

Enfin, j’apprécie beaucoup la plume de Stephen King. Il arrive à montrer plutôt que dire simplement. J’ai été happée par l’histoire et par ce qui arrive aux personnages. Paul souffre d’une infection urinaire et j’ai beau ne pas avoir de pénis, je peux vous assurer que j’avais mal pour lui…

Pour terminer, une petite liste d’avertissements, parce que le roman regroupe pas mal de sujets qui peuvent être des déclencheurs, donc attention [spoilers] : mentions de viol, de meurtre, certains personnages ont des propos affreusement racistes ou homophobes, description d’une mort particulièrement graphique et horrible, et de la cruauté gratuite.

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