Trees T1 : En pleine ombre

Trees T1 de Warren Ellis (scénario) et Jason Howard (dessin), traduit de l’anglais par Alex Nikolavitch, Urban Comics, 2015, 192 pages.

L’histoire

Cela fait maintenant dix ans qu’ils ont atterri. Ils sont présents sur toute la surface du globe. Depuis, rien. Aucun contact. Ils se tiennent là, profondément enracinés tels des arbres d’une espèce extra-terrestre. Dix ans qu’ils maintiennent cette pression silencieuse sur notre monde, sur notre activité, indifférents à notre présence. Cela fait dix ans que nous avons découvert la présence d’une autre forme de vie dans l’univers, mais cette forme de vie n’a jamais reconnu notre existence en tant qu’espèce intelligente, voire vivante…

Note : 5/5 ♥ Coup de cœur

Mon humble avis

La littérature pullule d’histoires d’extra-terrestres. Les comics aussi. Dans la fiction, quand ces aliens découvrent la Terre et y atterrissent, on trouve deux cas de figure : soit ils sont hostiles, soit ils sont bienveillants. Bien sûr, on trouve entre ces deux idées, un nombre incalculable de nuances, et puis, cela dépend également du regard que les Terriens peuvent poser sur eux.

Dans Trees, Warren Ellis part d’un autre postulat : et si ces extra-terrestres ne remarquaient même pas les pauvres humains que nous sommes ? Si nous n’étions que des microbes pour eux, loin d’être digne de leur intérêt ? C’est original, rafraîchissant, et délicieusement inquiétant… Au final, à la fin de ce premier tome, nous ne savons toujours pas à quoi ressemblent ces extra-terrestres. À moins qu’ils soient les « arbres » même qui se sont plantés dans la Terre ? Ces colonnes qui s’élèvent à des centaines (des milliers ?) de kilomètres de hauteur, sans que l’on puisse savoir ce qui se passe à l’intérieur. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il s’agit d’une matière étrange à laquelle on ne peut s’accrocher, et qu’au bout d’un certain nombre d’années, ces arbres rejettent un liquide qui semble similaire à de l’acide, détruisant tout sur son passage. Les déchets des arbres, de ces extra-terrestres.

trees extrait1

Ce comics ne porte pas seulement sur ces « aliens ». Au contraire, finalement, ce sont des personnages tout à fait Terriens que l’on suit et que l’on voit évoluer dans ce monde perturbé par l’arrivée des arbres. L’on pourrait croire que ces derniers n’aient entraîné aucun changement, puisque les humains ne sont pas vraiment attaqués. Mais Trees nous montre que la menace seule suffit à inquiéter les humains, assez pour qu’ils réagissent drastiquement. Alors certes, à ce stade, on ne sait pas encore vraiment si les arbres agissent sur les alentours. Mais ce qui est sûr, c’est que leur arrivée a empiré les luttes de gangs, la recherche de l’argent facile ou encore les gouvernements totalitaires qui ne cherchent même plus d’excuse pour terroriser leur population.

Comme dit plus haut, on suit la vie de plusieurs personnages, dont les vies sont toutes plus ou moins influencées par ces arbres. Comme ces derniers sont apparu sur toute la surface de la Terre, cela nous permet d’avoir des points de vus différents (voire divergents) sur ces extra-terrestres et sur ce que les arbres sont. D’ailleurs, je trouve l’appellation de ces choses, ces colonnes noires, tout à fait opportunes et quelque peu satirique. Les arbres représentent la vie et invitent cette dernière autour d’eux, ils font la liaison entre la Terre et le ciel, sont verts et pleins de couleurs. Mais ces « arbres » venus de l’espace sont tout autre : ils n’apportent que la mort ou font fuir les vies qui les entourent, leur hauteur est menaçante et ils sont noirs. D’ailleurs, je trouve la première de couverture parfaite, Jason Howard est un dessinateur incroyablement talentueux et il sait utiliser le style minimaliste quand il faut. Heureusement que les couvertures alternatives sont jointes à la fin du volume, ç’aurait été une horrible perte que de les oublier !

Une dernière petite note : en lisant Trees, je m’attendais à beaucoup de choses, mais certainement pas à un message positif et éclairé sur les personnes transgenres et sur les sexualités, avec des personnages intéressants et bien construits. Voilà que vous êtes tranquillement en train de lire une histoire d’extra-terrestre (même si, finalement, les extra-terrestres sont surtout un prétexte) et BAM ! Un sujet auquel je m’intéresse beaucoup, d’habitude ignoré ou au pire, mal traité, ici trouvé au détour d’une page. Quel plaisir. Trees n’avait pas besoin de beaucoup plus pour devenir un coup de cœur, donc là, c’est le jackpot.

(Va falloir arrêter de publier d’aussi bon comics, Urban, je vais pas pouvoir suivre financièrement !!)

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2 commentaires sur “Trees T1 : En pleine ombre

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