Convoquer l’Histoire. Nelson Mandela : Trois discours commentés

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Titre : Convoquer l’Histoire. Nelson Mandela : Trois discours commentés
Auteur : François-Xavier Fauvelle
Nombre de pages : 85
Date de publication : 2015
Édition : Alma Éditeur
Synopsis : Longtemps reclus et condamné au silence, Nelson Mandela s’est révélé un grand orateur. Son art de la parole ne reposait pas sur l’habileté rhétorique ou une quelconque théorie de la communication. Relisant de près trois grands discours – 1990, 1993, 1994 – François-Xavier Fauvelle montre comment Nelson Mandela ne tombe jamais dans le piège des « paroles verbales » si souvent reprochées aux hommes politiques. Pour lui, dire c’est faire. Chacun de ces discours ouvre un espace, soutient l’action et « fait » l’Histoire. D’abord père (1990), puis prêtre (1993), Mandela devient pour finir l’ancêtre (1994). C’est en historien, familier de la critique des textes et de l’oralité, que François-Xavier Fauvelle montre la parole en œuvre et à l’œuvre.

Avis : ★★★★✩

Avant tout, je tiens à remercier Alma Editeur et Babelio, qui m’ont confié un exemplaire en échange d’une critique honnête. Je ne connaissais rien de Nelson Mandela en dehors de son importance dans la politique de l’Afrique du Sud, mais j’étais fort impatiente d’en découvrir plus sur ce personnage, et quel meilleur moyen que de se plonger dans une sélection de ses discours ? Comme le précise le résumé, les discours correspondent tous à des moments clés de la vie politique de Mandela : sa sortie de prison en 1990, l’assassinat du leader communiste Chris Hani en 1993 et enfin, son investiture en tant que Président d’Afrique du Sud (1994).

« Mandela est ce collage de portraits absolument incompatibles et même conflictuels », p. 10.

Le livre est merveilleusement construit. Un prologue présente le contexte plus général de l’Afrique du Sud et une brève biographie de Mandela. De plus, chaque discours est introduit plus spécifiquement pour comprendre le contexte historique exact et dans quelles circonstances les discours ont été prononcés. La mise en page des discours est particulière et on peut voir qu’elle a réellement été travaillée pour être la plus complète et la plus lisible possible. Sur la gauche, la traduction (faite par François-Xavier Fauvelle) du discours occupe la majorité de la page, mais la version originale du discours est présente à la suite. Cela permet de juger de nous-mêmes des figures de rhétoriques, du rythmes et du son que Mandela a pu donner à ses discours. Enfin, sur la droite sont présentes des notes explicatives de certains mots ou passages du discours traduit.

Ces notes sont utilisées pour expliquer différentes choses, qu’il s’agisse d’expressions particulières, de remises en contexte, de brèves biographies des personnes citées, mais François-Xavier Fauvelle s’attarde également sur les figures de rhétorique employées par Mandela, les différents niveaux de compréhension et il fait des va-et-vient entre le texte original et sa traduction, lorsque la version française ne peut rendre de façon satisfaisante certaines expressions. En parlant de traduction, je trouve ces dernières très bonnes. Elles rendent le sens et les images du texte original au mieux. Une seule petite phrase m’a paru difficilement compréhensible, mais ce n’est qu’un détail sur lequel il ne vaut pas la peine de s’attarder.

« Notre liberté, dit Mandela en faisant de sa libération une allégorie, nous crée l’obligation de vaincre, c’est-à-dire de faire advenir la démocratie y compris pour ceux qui ne la veulent pas », p. 11.

En ce qui concerne les discours de Mandela eux-mêmes, ce fut un plaisir de les découvrir. Au vu de ces trois exemples, il ne fait absolument aucun doute qu’il ait pu convaincre un grand nombre de personnes. Il prend soin, particulièrement dans ses premiers discours, d’interpeller toutes les personnes qui pourraient l’entendre : les noirs, les blancs, les Sud-Africains, le monde entier, les femmes, les hommes… Cela est moins présent dans le dernier discours, à juste titre, puisque Mandela a déjà prouvé vouloir rassembler les Sud-Africains. Il s’adresse principalement à la jeunesse, puisque la génération précédente a vécu, et semble s’être attaché à l’apartheid.

« On peut faire la guerre sans vouer un culte à la guerre, dit-il en somme », p. 57.

François-Xavier Fauvelle précise également où l’ont peut trouver les sources qu’il a utilisées comme originaux des discours, ce qui est des plus utiles. De même, la bibliographie commentée me sera d’une grande aide pour mes prochaines lectures sur le sujet !

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